08 juillet 2020 - 17:24 |

Le coût élevé de la Covid-19 sur l’économie africaine

L’Afrique est l’un des continents les moins touchés par la pandémie de la Covid-19 et pourtant le coût humain, social et économique sera important. La Banque africaine de développement (BAD) dans le rapport Perspectives économiques en Afrique 2020 supplément Dans le contexte de la Covid-19 estime que le PIB africain devrait se contracter de 1,7% en 2020 et aller jusqu’à 3,4% si la pandémie se poursuit au-delà du premier semestre 2020. Le coût humain serait élevé avec entre 28,2 et 49,2 millions d’Africains qui pourraient basculer dans l’extrême pauvreté, qui s’ajoutent aux 425,2 millions de personnes vivant déjà dans l’extrême pauvreté. Le Nigeria et la République démocratique du Congo (RDC) deux des pays les plus peuplés du continent enregistreraient les plus fortes augmentations mais l'Afrique de l'Ouest sera l'une des deux régions les plus touchées. En outre, quelque 25 à 30 millions d’emplois pourraient être perdus et ce seront surtout les travailleurs pauvres qui seront touchés.

Un impact économique variable

La perte de croissance économique est toutefois variable selon les pays. Globalement seront les plus touchés par l’impact de la Covid-19 les pays dépendants du tourisme (Ile Maurice, Sao Tome and Principe, Seychelles), mais aussi des flux financiers internationaux les exportateurs de pétrole (Algérie, Angola, Guinée Equatoriale, Libye, Nigeria) et /ou richement doté en ressources naturelles (Afrique du Sud, Botswana, Zambie). En revanche, la croissance devrait être plus résiliente dans les pays à faible intensité de ressources et plus diversifiés, ce serait le cas de la Côte d’Ivoire, de l’Ethiopie, du Kenya ou du Sénégal. Pour la région l’Afrique de l’Ouest, le PIB devrait se contracter de 2% en 2020, contre une croissance de 4% prévue avant la Covid-19. Les pays les plus touchés seront le Nigeria (-4,4%), le Cabo Verde (-4%) et le Liberia (-2,5%). La reprise en 2021 sera aussi variable suivant les économies ( voir graphique ci-dessous) mais globalement le rebond devrait être de 3% mais de 2,4% dans le cas du scénario pessimiste.

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Alourdissement de la charge de la dette

« La Covid-19 renforce la probabilité d’une crise généralisée et profonde de la dette souveraine si celle-ci n’est pas correctement gérée » alerte la BAD soulignant que de nombreux pays africains ont abordé la crise avec des ratio de dette sur le PIB élevés. Or,  les dépenses budgétaires pourraient doubler et atteindre 8 à 9% du PIB dans un contexte de baisse des envois de fonds de la diaspora et des investissements directs étrangers. Certains pays ont lancé d’importants programmes de relance budgétaire, notamment pour l’Afrique de l’Ouest le Niger, le Sénégal, la Guinée et le Togo (voir graphique joint).

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