08 août 2007 - 22:27 |

Le rendez-vous Matières du jeudi

Chute du cacao et du sucre

Bois. Les prix des grumes d’Afrique centrale et de l’Ouest sont demeurés stables en juillet. Pourtant, la demande chinoise s’est bien ralentie. Mais, les systèmes de quotas à l’exportation de grumes mis en place par le Congo Brazzaville et le Gabon ont permis de stabiliser le marché et de réduire l’impact de la faiblesse chinoise. En outre, la demande indienne est demeurée stable. A noter que malgré la hausse des prix du sipo et du sapelli en juin, la demande pour ces deux essences est demeurée stable. Toutes les autres ont vu leur prix soutenus. Et l’optimisme est au rendez-vous parmi les producteurs forestiers quant aux perspectives du troisième trimestre, selon le Tropical Timber Market Report.

Cacao. La fève a chuté au plus bas en huit semaines à New York le 8 août sur des ventes des fonds d’investissement.
Notons dans les pays producteurs africains la belle performance du Cameroun soulignée le 8 août par son ministre du Commerce, Luc Magloire dans Cameroon Tribune : le pays aurait récolté 183 297 tonnes en 2006/07 (août/juillet) contre 173 961 t la campagne précédente. Sur ce total, 154 196 t ont été exportées et 21 281 t broyées localement. Le reste est stocké par les producteurs.
En Côte d’Ivoire, les arrivages aux ports d’Abidjan et de San Pedro ont atteint 1 169 500 t entre le 1er octobre et le 5 août selon les exportateurs sur place, contre 1 316 234 t sur la même période la campagne précédente. Un écart de 145 000 t qui explique la hausse des cours ces derniers mois. Cette baisse, rappelons-le, s’explique par la sécheresse qui a sévit en début d’année mais la campagne prochaine s’annonce bonne.

Café. Entre le 26 juillet et le 6 août, l’Arabica à New York a pris 8% car tout le monde craint une floraison précoce des caféiers au Brésil. Mais le 8 août, la baisse était au rendez-vous, les fonds d’investissements ayant pris leurs bénéfices après des clôtures précédentes à des niveaux clés.
Le Robusta à Londres a fini lui aussi en baisse le 8. Pourtant, les exportations indiennes devraient baisser de 10% en 2007, selon un négociant, en raison de maladie qui affecte les caféiers mais aussi d’une roupie plus forte qui lime la compétitivité des grains idniens.

Caoutchouc. Les pluies ne sont plus aussi intenses en Thaïlande et en Malaisie, les deux principaux pays producteurs et exportateurs, et les cours du caoutchouc naturel sur les marchés mondiaux ont par conséquent baissé à Tokyo le 8 août, à leur plus faible niveau en deux semaines. La volatilité du marché de Tokyo a effrayé les consommateurs du secteur physique où les prix des grades pour pneumatique ont aussi chuté.

Coton. Sur le marché à terme de New York, le contrat coton a continué a fluctué dans une fourchette allant de 62 à 65 cents, soit à un niveau plus ferme que ces dernières mois et années.

Sucre. Le roux est toujours aussi morose. A New York où il est coté, il a terminé en baisse mercredi après avoir touché son plus bas en trois semaines durant trois séances consécutives de marché. Le blanc à Londres a chuté à son plus bas en 21 mois ! Les fonds et les spéculateurs vendent car il y a surabondance de sucre dans le monde.
Le blanc ne parvient pas à se remettre de sa chute lundi à $ 298, son plus faible niveau en 21 mois. Ceci a provoqué d’importantes ventes de la part des fonds. Au-delà, le sucre semble être pris dans un engrenage, souligne le directeur négoce de Sucden Americas : des acheteurs semblent prêts à revenir sur le marché mais si le prix grimpe à 11,50 cents la livre, l’Inde (deuxième producteur mondial) sera tentée de vendre sa marchandise qu’elle a en abondance ce qui tirera les prix vers le bas. De son côté, la récolte au Brésil, numéro un hors pair en matière de sucre, bat son plein actuellement ce qui pèse aussi sur les cours. Face à cela, la Russie (le plus important importateur mondial) n’envisage pas de réduire ses droits à l’importation qui sont depuis 23 mois à $ 140 la tonne, selon le ministre russe de l’Economie.
Selon le consultant Kingsman, l’excédent sucrier mondial atteindra 11,16 Mt en 2007/08, soit bien plus que les 9,48 Mt attendus initialement. Ce qui n’a rien d’étonnant : la hausse des prix du sucre début 2006 à un plus haut en 25 ans, à plus de 19 cents la livre, a incité nombre de producteurs à accroître leurs superficies consacrées au sucre. Sans oublier l’attrait du débouché énergétique.

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