08 septembre 2009 - 16:26 |

La Zone franc résisterait mieux à la crise que le reste du continent

Une réunion France et pays de la Zone franc en vue de la prochaine réunion du G20

(08/09/09)

Source : Communiqué du Ministère français de l’Economie, de l’Industrie et de l’Emploi

A l’invitation de Christine Lagarde, ministre de l’Economie, de l’Industrie et de l’Emploi, les plus hautes autorités financières et économiques de la Zone franc se sont réunies le lundi 31 août 2009 à Paris. Reprenant le principe et le format de la première réunion de concertation qu’avait conviée la France en amont du sommet des chefs d’Etat et de gouvernement du G20 de Londres, et qui avait contribué à promouvoir les intérêts et préoccupations des pays en développement dans cette enceinte où ils ne sont pas directement représentés, cette réunion visait à échanger sur les principaux points à l’ordre du jour de la prochaine réunion des ministres des finances du G20, préparatoire au sommet des chefs d’Etat et de gouvernement du G20 prévu les 24-25 septembre à Pittsburgh.

Les discussions ont principalement porté sur les réformes en cours au FMI et à la Banque mondiale, ainsi que sur l’évolution de la situation économique de la Zone franc et de ses besoins de financement externe. Les questions relatives au développement de la production agroalimentaire et à l’accès des ménages et des PME aux services financiers ont également été abordées, ainsi que le financement des programmes régionaux de développement.

Les autorités de la Zone Franc étaient représentées par M. Charles Koffi Diby, Président en exercice du Conseil des Ministres de l’UMOA, M. Essimi Menye, Président en exercice du Comité ministériel de l’UMAC, M.Philibert Andzembe, Gouverneur de la BEAC, M. Philippe-Henry Dacoury-Tabley, Gouverneur de la BCEAO, M. Soumaïla Cissé, Président de la Commission de l’UEMOA et M. Antoine Ntsimi, Président de la Commission de la CEMAC.

S’agissant de la situation macroéconomique, les participants ont constaté que depuis leur dernière réunion, en février, la situation économique mondiale s’est stabilisée mais reste fragile et, compte tenu des effets de contagion transitant par le commerce mondial et les flux de capitaux, les prévisions de croissance de la Zone franc pour 2009 ont été revues à la baisse.

En dépit du reflux relatif des cours des produits agricoles, le pouvoir d’achat des ménages reste affecté par un niveau encore élevé des prix. Bien que la Zone franc semble résister au ralentissement mondial relativement mieux que le reste de l’Afrique subsaharienne, la baisse des recettes d’exportation et donc des recettes publiques pose un défi à la conduite des politiques contracyliques nécessaires au soutien de l’activité économique.

Pour les pays dont les finances publiques sont les plus fragiles et/ou dépendantes des recettes d’exportation de produits de rente en particulier, les marges de manœuvre pour atténuer l’impact du ralentissement économique sur les populations sont faibles, compte tenu de la forte croissance démographique et de l’absence de véritable filet de protection sociale.

Dans ce contexte, les participants sont convenus de la nécessité de poursuivre les efforts de mobilisation des ressources domestiques, d’amélioration de l’efficacité de la dépense publique et de diversification du tissu productif. De ce point de vue, la coordination des politiques économiques dans le cadre des processus d’intégration régionale, tant en UEMOA qu’en CEMAC, doit rester une priorité. Les participants ont rappelé que cette situation d’exception peut justifier momentanément un écart par rapport aux objectifs de convergence des unions, notamment ceux relatifs aux équilibres budgétaires, mais qu’en aucun cas l’attention dévolue aux politiques structurelles de compétitivité ne doit être relâchée. S’agissant du soutien de court terme à l’activité, l’accent doit porter sur les dépenses sociales et les dépenses d’investissement productif, pour les pays ayant les moyens d’accroître leurs dépenses, en privilégiant les mesures ciblées et temporaires.

Pour aider les pays de la Zone franc à faire face à ces défis, une mise en œuvre diligente et efficace des décisions du G20 de Londres est indispensable. A cet égard, Christine Lagarde a fait part de toute la détermination de la France à obtenir du sommet de Pittsburgh des avancées nouvelles et concrètes pour améliorer la régulation du système financier, considérant que ces efforts en faveur d’un système financier international rénové, pourront aussi se révéler, sur le moyen terme, comme la contribution la plus utile des pays industrialisés en faveur du monde en développement.

Les engagements très forts, pris à Londres par les chefs d’Etat du G20, pour rationaliser le système de rémunération dans les banques, pour lutter contre les juridictions non coopératives ou encore pour améliorer l’efficacité des normes comptables et prudentielles, ont connu un début d’application, et doivent maintenant être parachevés et le cas échéant complétés. Il en va de la capacité de l’économie mondiale à renouer avec une croissance équilibrée et durable, sans laquelle les perspectives d’émergence des pays en développement, y compris ceux de la Zone franc, seraient menacées.

Les participants ont relevé que l’existence de services financiers diversifiés, disponibles pour une large gamme d’agents économiques, était un atout pour la croissance. A cet égard, ils ont salué les initiatives en cours en vue d’améliorer l’interbancarité au sein de la Zone franc. Ils ont encouragé les banques centrales à poursuivre les réformes en cours en vue de la mise en place de systèmes de financement de masse modernes et performants.

Dans le domaine de l’aide au développement, les participants ont rappelé la nécessité de mieux prendre en compte les besoins des pays les plus pauvres, à la fois en accroissant le volume et la disponibilité des appuis financiers de la communauté des bailleurs, et en augmentant la représentation des pays en développement dans les instances de gouvernance des institutions financières internationales.

Sur le premier point, ils ont accueilli très favorablement l’accélération de la mobilisation des ressources du FMI et des Banques Multilatérales de Développement notamment la Banque Africaine de Développement, et qui, dans le cas du FMI, vont même au-delà des engagements pris par le G20 de Londres. Les participants se sont en particulier félicités de l’adoption d’un nouveau cadre de prêt du FMI dans les pays à faible revenu, qui se traduira par une offre de financement plus concessionnelle et plus adaptée aux spécificités de ces pays.

Christine Lagarde a par ailleurs rendu compte à ses homologues de la mise en oeuvre des contributions financières additionnelles annoncées par la France dans le cadre du G20, à savoir un apport de $ 16 milliards aux ressources du FMI (dont 1 milliard pour les ressources fléchées vers les pays les moins avancés) et une participation à hauteur de 1,2 milliard d’euros au fonds contre les vulnérabilités de la Banque mondiale. Prenant acte de ces décisions, les participants ont renouvelé leur appel à tous les donateurs pour contribuer à l’élargissement du financement de l’AID et, surtout, des instruments concessionnels du FMI, aujourd’hui limité à quelques bailleurs (dont la France).

Sur le second point, les participants ont souhaité que la deuxième étape de réforme de la gouvernance, tant au FMI qu’à la Banque mondiale, permette de mieux refléter les évolutions économiques tout en préservant les acquis de la première phase pour les Pays les moins avancés, notamment africains, et, s’agissant de la Banque Mondiale, incite à augmenter les contributions des donneurs. Ils sont convenus de la nécessité de renforcer l’implication des Ministres dans la détermination des orientations stratégiques du FMI, en activant le conseil ministériel prévu par les statuts, selon des modalités préservant le rôle du conseil d’administration.

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