08 novembre 2019 - 16:46 |

Le Brésil replante du cacao et de la canne à sucre en Amazonie

Le Brésil, théâtre d’espoirs et de craintes environnementales, présente une actualité très vive. Le groupe environnemental Conservation International a décidé, mercredi dernier, que son programme visant à rassembler des plantations de cacao à d’autres arbres serait étendue de 150 % afin de couvrir une superficie plus importante, restaurer le couvert forestier et garantir un revenu aux populations locales.

Dans le même temps, on apprend que l’interdiction de la culture de canne à sucre dans les zones humides et centrales de la forêt amazonienne, imposée depuis dix ans, a été annulée, souligne Reuters.

Plus précisément, d’après Conservation International, le programme qui se développe actuellement à Sao Felix do Xingu et à Tucumã, dans le sud-est de l'État de Pará en Amazonie, se verrait élargi de 150 % et s’établirait à 1 250 hectares en Amazonie brésilienne en 2020. Une augmentation de la superficie facilitée par la mise en place de lignes de crédits mises à la disposition des familles intéressées.

En outre, les organisateurs se sont engagés à fournir une aide technique destinée à la mise en valeur de nouvelles zones de cultures et à faire acheter les productions à des prix supérieurs au marché par des partenaires du projet tels que le négociant en produit de base Olam international et le chocolatier Mondelez International. Il est à noter que ces nouvelles plantations associées à des arbres indigènes permettent de restaurer la végétation perdue et permettent d’aspirer et retenir le dioxyde de carbone présent dans l’atmosphère.

Le président Jair Bolsonaro joue à un jeu dangereux

En annulant l’interdiction de la culture de la canne à sucre dans les zones humides centrales de la forêt amazonienne, le président Bolsonaro a essuyé les remontrances des environnementalistes qui voient en cette décision une attaque de plus contre les écosystèmes très sensibles du pays. Les écologistes craignent que la culture de canne à sucre ne soit implantée dans les zones récemment défrichées de l’Amazonie, une nouvelle étape vers « l’expansion économique prédatrice » comme le souligne l’Observatoire du climat au Brésil.

Le gouvernement justifie cette annulation en soulignant que le décret de 2009 était devenu obsolète et que la nouvelle loi forestière et le programme RenovaBio est plus à même d’encadrer et réglementer les activités agricoles dans les zones vulnérables. Mais le grand gagnant de cette annulation semble être l’éthanol.

La position du gouvernement est claire : l’éthanol, réalisé grâce à partir de la canne à sucre, est considéré comme un biocarburant respectueux de l’environnement et son utilisation permettrait au pays de réduire l’emprunte carbone du plus grand producteur mondial de canne à sucre.

Rappelons que l’enthousiasme suscité par les perspectives de l’éthanol a rapidement fait craindre une augmentation de la culture de canne à sucre au dépend de la forêt amazonienne et à l’occupation de terre pouvant être utilisées pour la production alimentaire. Le marché n’a finalement pas trouvé de débouché, au point où la superficie ensemencée de canne à sucre a été réduite au cours des cinq dernières années. Pour l’ancien ministre de l’Environnement, Carlos Minc, cette annulation « va ternir l’image de l’éthanol brésilien dans le monde », peut-on lire sur Twitter.

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