09 janvier 2015 - 00:00 |

La Chronique Matières du Jeudi (9 janvier 2015)

CACAO  

Le cacao continue à fanfaronner ! Le prix de la fève a clôturé 2014 en ayant gagné 7,4%, sa troisième année consécutive de hausse. Et  jeudi, les cours ont encore flambé, gagnant $ 100 en une seule journée de cotation sur le marché à terme de Londres, touchant un plus haut en deux mois et demi à £ 2 028 pour terminer légèrement en retrait à £ 2 013. A New York, l'échéance mars a franchi la barre des $ 3 000 la tonne, touchant les $ 3 016 avant de se rétracter sur des prises de bénéfices et clôturer à $ 2 986 la tonne.

La cause ? Essentiellement des achats de fèves en chute de 22,7% au Ghana, à 430 773 tonnes (t), sur les 12 premières semaines de la campagne 2014/15 par rapport à la même période en 2013/14. Ceci dit, le Cocobod a annoncé maintenir ses prévisions de production de 850 000 t pour la récolte principale qui court du 3 octobre dernier à juin 2015. Le rythme d'achats des fèves par le Cocobod est ralenti depuis le début de la campagne et maintenant les producteurs s'inquiètent d'un Harmattan, ce vent sec saisonnier, plus dur qu'habituellement.

L'intensification de l'Harmattan cette dernière semaine impacte également la filière ivoirienne mais qui ne semble pas s'en inquiéter. Pourtant, les arrivages aux ports de San Pedro et d'Abidjan sont inférieurs aux volumes de la campagne dernière sur la même période, à 820 000 t entre le 1er octobre au 4 janvier contre 954 000 t sur la même période en 2013/14. Rappelons que la saison sèche court de la mi-novembre au mois de mars.

Côté marché, le géant américain du chocolat, Hershey, a annoncé que 30% du cacao qu'il achetait était certifié par des organismes certificateurs indépendants et que ce taux atteindrait 50% d'ici la fin 2015, soit un an avant l'objectif qu'il s'était initialement fixé.

Pour sa part, le marché à terme de Londres, l'ICE Futures Europe a annoncé mardi lancer d'ici avril un contrat cacao libellé en euro, qui interviendra en parallèle à son contrat actuel libellé en livre sterling et ce depuis 1928. Ce contrat à terme en euro facilitera les activités des grands groupes chocolatiers comme Barry Callebaut ou encore Cargill qui opère en Europe à partir de fèves de cacao achetées en Côte d'ivoire, donc en franc CFA qui est à parité fixe avec l'euro (voir nos informations).

CAFÉ

Pour la quatrième séance consécutive, les prix de l'Arabica ont grimpé sur la place de New York face à des prévisions météorologiques persistantes de niveaux pluviométriques en-dessous de la moyenne au Brésil. L'Arabica a atteint $ 1,7690 la livre, après avoir touché $ 1,8235. En revanche, le Robusta s'est contracté de $ 11 la tonne, terminant à $ 1 969 la tonne.

Côté Arabica africains, le Kenya a enregistré une hausse de 17% de ses recettes caféières, à $ 254,2 millions, sur la campagne 2013/14 (octobre à septembre) grâce à de meilleurs volumes récoltés et des prix en hausse, selon le Coffee Directorate, l'agence de régulation. En effet, les producteurs ont bénéficié d'engrais subventionnés, ce qui leur a permis d'accroître d'un quart leur volume de production, à  49 475 t. En outre, le prix moyen aux ventes aux enchères à atteint $ 212,7 le sac de 50 kilos contre $ 166,7 un an auparavant, tiré par les prix élevés des Arabica sur le marché international en raison de la sécheresse au Brésil. Enfin, le Kenya a élargi ses marchés et compte maintenant  quatre nouveaux débouchés aux côtés de ses marchés traditionnels que sont l'Europe et les Etats-Unis: la Turquie, la Bulgarie, les Seychelles et la Zambie. La Zambie achète essentiellement du café torréfié du Kenya, donc à valeur ajoutée. En 2014/15, la production kényane devrait baisser à 45 000 t, générant $ 150 millions avec un prix moyen qui est estimé être de l'ordre de $ 200 le sac de 50 kg.

Côté industrie mondiale, l'italien Lavazza vient de faire une offre de € 600 millions pour reprendre deux marques françaises majeures, L'Or et Grand-mère. Notons que ces deux marques étaient à vendre afin de faciliter la fusion entre Mondelez International, propriétaire de la marque Grand Mère, et D.E. Master Blenders 1753 qui détient L'Or. Notons que le groupe israélien Strauss et quatre sociétés d'investissements s'étaient déclarés intéressés par les deux marques françaises mais ont finalement renoncé, laissant seule Lavazza sur les rangs. L'italien a pour objectif de tirer 70% de ses revenus d'activités hors d'Italie contre 46% actuellement.

CAOUTCHOUC

 Les inondations dans certaines régions de production en Malaisie et Thaïlande ont réduit la production en décembre, apportant un certain soutien au prix, toutefois depuis le début de l’année, les cours ont cédé encore près de 4% après avoir dégringolé de 22% en 2014. La grande incertitude porte sur la demande chinoise. En outre, depuis l’Empire du Milieu devrait approuver très prochainement un nouveau standard pour le composé de caoutchouc qui devrait réduire  la teneur en caoutchouc naturel dans la formule. Une mauvaise nouvelle pour les principaux producteurs de caoutchouc naturel ! Les producteurs devraient embarquer un large volume de composé de caoutchouc avant le changement de règle mais pourront-ils s’adapter le produit après juillet. "La Chine est le plus grand consommateur de caoutchouc thaïlandais. Donc, les producteurs vont certainement s’adapter. Tous étudient encore la modification de la formule et beaucoup d'incertitude règne quant à savoir s’ils pourront effectivement s’adapte", indique un trader thaïlandais.

En Côte d’Ivoire, le président du Fonds de développement hévéa (FDH), Joseph Désiré Biley, a indiqué le 8 janvier que le prix du kilogramme de caoutchouc s’achètera à FCFA 273 le kilo au mois  de janvier.

COTON 

Si les cours ont affiché des gains lundi, le contrat de mars gagnant 1,9% à 60,71 cents la livre,  les acheteurs profitant de la dégringolade des prix de la semaine dernière, ils se sont stabilisés autour de 60 cents la livre le long de la semaine avec des volumes bas. Le marché est dans l’attente du prochain rapport offre/demande de l’USDA, publié lundi prochain. Les cotonculteurs américains devraient couper les superficies en coton à leur plus bas niveau depuis 6 ans (9,8 millions d’acres), selon un sondage de Reuters auprès d’analystes, d’agriculteurs et traders. La baisse de la production en 2015/16 ne concernera pas que les Etats-Unis, le Comité consultatif international du coton (CCIC) estimant que la production mondiale baissera de 1,5 Mt à 24,55 millions de tonnes. Avec une consommation en légère hausse, l’excédent mondial devrait alors pour la première fois en six baissé mais rester tout de même à un niveau élevé à 21,13 Mt. 

En Afrique de l’Ouest, les estimations de production pour la campagne 2014/15 (août-juillet) ont été abaissées de 5% par l’USDA en raison de conditions pluviométriques peu favorables. Toutefois la production prévue progresse de 10% par rapport à 2013/14. La production de 5 pays d’Afrique de l’Ouest s’établirait à 1,77 millions de tonnes. La production au Burkina Faso serait de  645 000 tonnes, soit le même niveau qu’’en 2013/14, de 550 000 t. au Mali (en hausse de 25% par rapport à 2013/14), de 440 000 tonnes en Côte d’Ivoire (en hausse de 8% par rapport à 2013/14),  de  21 000 t au Sénégal (en baisse de 28%) et de 120 000 t. au Tchad (en hausse de 46%).

L’Egypte a décidé d’arrêter son programme de subvention aux cotonculteurs dès cette campagne. Le ministre de l'Agriculture, Adel el-Beltagy,  a déclaré mardi que le gouvernement ne paiera plus la subvention de 350 livres égyptiennes par qintar du coton (160 kg). Il a précisé que le coton égyptien de fibre longue et extra longue, qui rivalise avec la variété  américaine  Pima pour les fibres de haute qualité, était trop cher et les usines égyptiennes ne pouvaient plus acheter le coton local en raison de la disponibilité de coton à fibre courte beaucoup moins cher. Cette décision devrait être, selon le vice-ministre de l'Agriculture Hamdy Aasy, bénéfiques aux cotonculteurs car le gouvernement  les aidera à mettre en place des contrats favorables avec les industries textiles. _"Cela donnera (aux agriculteurs) une marge de profit au lieu de traiter avec le marché libre qui monte et descend, ces  fluctuations des prix les mettant en danger."_ précise-t-il. Selon l'agence de statistiques gérée par l'Etat CAPMAS, les exportations de coton au deuxième trimestre de l'année fiscale (qui démarre en juillet) étaient de 109 600 tonnes s, en baisse de près de 70% par rapport au même trimestre en 2013.

RIZ 

Les prix du riz asiatiques se sont maintenus à la baisse cette semaine, sous la pression des énormes stocks en Thaïlande et un manque d’acheteurs la demande avant la moisson de la principale récolte du Vietnam. L'activité dans les marchés asiatiques d'exportation de riz revient lentement à la normale après la pause des fêtes de fin d’année, bien que la demande n'a pas encore atteint des volumes importants. Le Thaï 5% a été stable à $415 la tonne, contre $ 413- $ 416 la semaine dernière. Au Vietnam, les prix ont légèrement baissé à $380-$390 la tonne pour le Viet 5% en l’absence de demande. Le Vietnam aurait exporté 7,5 millions de tonnes de riz en 2014 pour une valeur de $2,84 milliards, selon Vietnam Industry and Trade Center (VITIC). Avec 2,1 Mt la Chine est le premier acheteur, les Philippines le second (1,4 Mt).

Sur le mois de décembre, les cours mondiaux ont continué à faiblir et se retrouvent désormais à leur plus bas niveau depuis la crise de 2008, souligne Patricio Mendez del Villar dans son rapport mensuel du marché mondial du riz, Osiriz. Il observe que si la production mondiale stagne, les disponibilités exportables demeurent abondantes et la guerre commerciale entre les différents exportateurs intense, les contrats publics de gouvernement à gouvernement étant privilégiés, en particulier avec la Chine. Dans ce cadre,  la Thaïlande et la Birmanie semblent bien placées grâce à des contrats signés avec la Chine, observe-t-il.

En Afrique subsaharienne, la production 2014 n’aurait progressé que de 1,5% à 14 millions de tonnes (en équivalent blanchi) contre 13,7Mt en 2013, selon Osiriz tandis que les importations continuent de s’accroître, estimées à près de 14 Mt, contre 13,5 Mt en 2013,  soit autant que la production domestique.

SUCRE 

Le sucre roux a atteint aujourd'hui les 15,17 cents la livre, son plus haut depuis le 22 décembre, avant de se consolider à 14,88 cents sur le marché à terme de New York. Une fermeté liée aux risques de sécheresse au Brésil.

Zambia Sugar, filiale du sud-africain Illovo,  a annoncé jeudi une production record de 424 024 tonnes (t) durant la campagne de raffinage qui s'est achevée en décembre. C'est le volume le plus élevé jamais atteint par une raffinerie en Afrique, a souligné la société dans un communiqué. Son précédent record, de 404 000 t, remontait à 3 années auparavant. La filiale zambienne représente 31% des bénéfices du groupe sud-africain sur les 6 mois de son exercice, à fin septembre 2014.

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