09 mars 2010 - 16:43 |

Standard & Poor's confirme son "BB" pour le Gabon

Une réduction de la dépendance au pétrole vivement conseillée

(09/03/10)

Standard & Poor’s Ratings Services confirme aujourd’hui les notes “BB-” à long terme et à court terme “B” du Gabon. La perspective à long terme est « stable ».

Le manque de diversification de l’économie gabonaise, fortement dépendante du secteur pétrolier ainsi que les défis qui demeurent en termes de développement économique sont des facteurs contraignants pour les notes. Le secteur a, en moyenne annuelle, représenté la moitié des revenus d’exportations du pays, au cours des quatre dernières années.

L’économie gabonaise a bien résisté aux nombreux chocs extérieurs et domestiques auxquels elle a été confronté en 2009 grâce, notamment, à sa position budgétaire solide lorsqu’elle est entrée dans la récession mondiale. La crise a été marquée par la chute des cours du pétrole et une forte contraction de la demande pour les produits gabonais. En interne, la transition politique des plus de quarante années de pouvoir du président Omar Bongo, à son fils Ali Bongo, s’est relativement bien déroulée.

En dépit de ces chocs, la position budgétaire du pays, bien qu’en baisse, est restée en surplus. Elle est estimée à 2% du PIB cette année, contre une moyenne annuelle d’environ 10% du PIB au cours des trois années précédentes. Le ralentissement de l’activité économique a également été contenu estimé à 1% contre une croissance économique de 2% en 2008.

Les principaux objectifs économiques du gouvernement consistent à diversifier l’économie du pays et à améliorer la gestion des finances publiques. Les efforts de diversification économique s’articulent autour d’un ambitieux programme d’investissement, visant notamment à améliorer les infrastructures. Le programme d’investissement budgétisé par le gouvernement augmente de manière significative à environ 14% du PIB soit trois fois plus important que celui de l’année passée. Le gouvernement serait alors dans une situation de déficit budgétaire inférieur à 2% du PIB en 2010. Le budget 2010 est basé sur un cours du pétrole gabonais à 66 dollars environ le baril.

L’agence de notation estime cependant que le gouvernement ne sera pas en mesure d’exécuter plus de la moitié de ce programme d’investissement, notamment en raison des contraintes de gestion qu’un tel programme implique. Par conséquent, nous projetons que le gouvernement restera dans une position de surplus budgétaire de 3% du PIB en 2010 et à moyen terme. Standard & Poor’s s’attend à ce que la dette du Gabon reste faible, à 20% du PIB d’ici fin 2010. Les intérêts de la dette devraient rester faibles, à moins de 1,5% du PIB cette année et à moyen terme selon nos projections.

La relative prospérité du Gabon est également un facteur positif pour ses notes. Son PIB est estimé à $ 9 000 par habitant en 2009. En outre, les perspectives de croissance économique restent encourageantes. S&P s’attend à une reprise économique cette année, grâce notamment à l’amélioration des revenus pétroliers ; la croissance économique devrait atteindre 5%. Le programme d’investissements des autorités devrait contribuer à soutenir l’activité économique du pays cette année de même qu’à moyen terme, selon l’agence.

Perspective : stable

La perspective « stable » reflète l’équilibre entre, d’une part, les récents progrès du gouvernement en matière de gestion des finances publiques, les abondantes ressources naturelles du Gabon malgré les défis économiques et, d’autre part, l’historique de mauvaise gestion des finances publiques du pays. La perspective stable reflète également notre anticipation que les élections parlementaires de 2011 se dérouleront sans problèmes majeurs, tout en respectant la stabilité politique du pays.

La qualité de crédit pourrait s’améliorer si les réformes économiques du gouvernement permettaient de rendre l’économie du Gabon durablement moins dépendante des ressources pétrolières, tout en répondant aux urgents besoins sociaux du pays.

S&P souligne que les notes du Gabon pourraient être abaissées en cas de détérioration des finances publiques, notamment si le programme d’investissement n’est pas exécuté dans le strict respect des procédures de contrôle et de transparence ou si le gouvernement modifiait les paramètres du fond d’amortissement créé dans le cadre de l’émission de l’emprunt obligataire d’un milliard de dollars en 2007 sur les marchés de capitaux internationaux.

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