09 septembre 2019 - 16:07 |

Prise de fonction de Kobenan Kouassi Adjoumani à l'Agriculture en Côte d'Ivoire

La passation de pouvoir à la tête du ministère de l'Agriculture et du développement rural en Côte d'Ivoire se fait aujourd'hui, suite au remaniement ministériel intervenu  mercredi dernier, 4 septembre, et qui a vu le départ de Mamadou Sangafowa Coulibaly, remplacé par Kobénan Kouassi Adjoumani, précédemment ministre des Ressources animales et halieutiques. Ce dernier cède sa place à un ancien ministre qui fait son retour, Moussa Dosso, comme Gaoussou Touré qui inaugure le nouveau ministère de la Promotion de la riziculture (lire nos informations : Côte d’Ivoire : l’autosuffisance en riz  prévue pour 2025).

Mamadou Sangafowa Coulibaly était en sursis

Dans cette nouvelle équipe de 41 ministres et 7 secrétaires d’Etat, le seul départ est celui de Mamadou Sangafowa Coulibaly, l'agenda politique l'emportant, soulignent certains, sur l'économique. Car d'aucuns n'ont pas manqué de souligner que le ministre de l'Agriculture, en poste depuis 2010, est natif de Korhogo comme le Premier ministre Amadou Gon Coulibaly, dauphin présumé du président Alassane Ouattara. Un ministre de l'Agriculture qui, par définition, est très souvent sur le terrain, au contact d'un secteur agricole qui représente près du quart du PIB national, employant la moitié des actifs et faisant vivre les deux tiers de la population du pays. Soulignant "sa promiscuité" avec l’ex-président de l’Assemblée nationale Guillaume Soro, "Mamadou Sangafowa Coulibaly était en sursis depuis le dernier remaniement ministériel", souligne afriksoir. Pour mémoire, notons qu'avant de devenir ministre, de 2003 à 2010, Sangafowa Coulibaly a été directeur adjoint de Cabinet du ministre de l’Agriculture d'alors, l’actuel Premier ministre Amadou Gon Coulibaly.

D'autre part, "Le ministère de l'Agriculture n'a qu'un faible budget au regard de l'importance de son secteur. Il est sans cesse obligé de recourir à l'aide internationale pour financer ses programmes ce qui, de facto, limite ses marges de manœuvre", soulignent des observateurs. Une donne qui pouvait changer en 2020 puisque, suite à la réforme des finances publiques intervenue en mai dernier à Abidjan et adoptant le principe du budget-programme, non seulement le budget devient  triennal mais à compter du 1er janvier prochain, c'est chaque ministre qui en devient ordonnateur principal et non plus le ministre en charge du Budget comme avant.

Selon certains, Mamadou Sangafowa Coulibaly devrait être nommé administrateur à la Banque africaine de développement (BAD).

La mobilisation du milieu rural

Quant à la nomination de Kobenan Kouassi Adjoumani (lire notre entretien vidéo lors du salon de l'élevage à Rennes, le SPACE, en 2016), "c’est l’une des nominations les plus politiques du remaniement du 4 septembre", souligne Antoine Glaser, journaliste français et spécialiste des questions africaines, longtemps rédacteur en chef de La Lettre du continent. "Longtemps baron du PDCI-RDA dont il était l’un des membres du bureau politique, il a très tôt mouillé la chemise dans les villages en faveur d’un PDCI-RDA pro-RHDP. Il était même l’un des rares à s’en prendre directement à Henri Konan Bédié dans de violentes diatribes, comme à Divo. Même s’il est surtout un ancien professeur de français « très éloquent », il a tout de même côtoyé l’agriculture dans son ministère précédent aux Ressources animales et halieutiques. Il a été décoré Commandeur dans l’ordre de mérite agricole ivoirien dès 2002 ! Bref, sa nomination vise surtout à tacler Bédié et à mobiliser en milieu rural."

 

Enfin, s'agissant du prochain Salon de l'Agriculture et des ressources animales (SARA) qui se tient fin novembre à Abidjan, une manifestation régionale phare biennale qui n'a pas son pareil en Afrique de l'Ouest et dont la France est à l'honneur cette année, le changement d'équipe ministériel ne changerait rien, indique-t-on de source proche du dossier. D'ailleurs, la commissaire générale au SARA, Diénébou Touré- Condée demeure dans ses fonctions et les dossiers suivraient leur cours.

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