09 octobre 2009 - 13:01 |

Le Rendez-vous Matières du Jeudi

Le clou de girofle malgache se fait désirer

(09/10/09)

Cacao. « Le cacao est dans ses plus hauts depuis 25 ans ! », souligne un négociant. Entre le 1er et le 8 octobre (voir nos cotations sur ce site), le cacao physique a gagné 60 euros la tonne sur le rapproché et jusqu’à 70 euros sur l’éloigné. Le Ghana est parti en flèche, enregistrant un gain de £ 80, le beurre suivant par une hausse considérable de £ 175 la tonne !
Une tendance haussière qui se constate depuis deux ans maintenant, et qui semble inéluctable étant donné la perte de vitesse en volume du premier producteur mondial, la Côte d’Ivoire : la campagne 2008/09 qui a été officiellement close lundi avec l’ouverture de la prochaine, enregistre une chute spectaculaire de 14% de ses volumes, à 1,178 Mt. Et la prochaine campagne pourrait être encore plus faible.
Une situation que ne manque pas de refléter les cours mondiaux. En février dernier, les £ 2023 la tonne avaient été atteints, puis les cours sont retombés à £ 1580 à Londres sur une baisse de consommation, a priori liée à la crise : les broyages étaient annoncés en baisse de 6 à 8%. Mais depuis, les mauvaises nouvelles liées à la récolte s’enchainent : problèmes climatiques avec un «_ petit Nino_ », manque de pluie au Ghana et en Côte d’Ivoire, sans compter une cacaoyère vieillissante, des prix trop bas depuis trop longtemps au planteur, etc. ce qui n’incite guère les planteurs à entretenir leurs vergers et les conduit plutôt à s’intéresser à d’autres cultures devenues plus lucratives.
Aussi les prix ont-ils flambé et on devrait aller vers les £ 2500. Quand ? Difficile à dire, souligne le négociant, mais en tous les cas d’ici la fin 2010, avance-t-il, prudent. Actuellement, les fonds sont longs de 900 000 t, ce qui correspond à quasiment une campagne ivoirienne entière préachetée. Et la face cachée de l’iceberg mais qui a un effet d’accélérateur, ce sont les call options à £ 2200 sur mai à Londres.
Et face à tout ça, l’industrie mondiale n’est couverte qu’à trois mois….Une situation risquée ! D’ailleurs, la Deutsche Bank aurait annoncé lundi dernier vendre ses positions sur le sucre pour acheter sur le cacao.
En Côte d’Ivoire, la nouvelle campagne a démarré le 1er octobre sous le sceau de l’inquiétude. Pour stimuler la production qui ne cesse de baisser, la taxe à l’exportation (DUS) a été abaissée de 4% à FCFA210 le kilo, et mardi 6 octobre, les autorités annonçaient une baisse de 5% sur les produits cacaoyers. Rappelons que la fiscalité ivoirienne sur le cacao est souvent évoquée comme un facteur négatif, incitant les planteurs à se tourner vers des cultures moins imposées.
En revanche, la cacaoculture au Nigeria se développe bien. Les arrivages ont atteint 179 600 t sur les dix premiers mois de la campagne, au 31 juillet dernier, ont annoncé hier des exportateurs, ce qui serait une hausse de 22,24% par rapport à la même période la campagne précédente.

Café. Mercredi soir, les marchés à terme de Londres et New York continuaient de grimper, sur un faible volume de transaction. Une hausse alimentée par des achats des industriels pour couvrir leurs besoins à court terme ainsi que des achats de fonds. Face à cela, les vendeurs sont peu nombreux, soit par manque d’offre de café comme sur le Robusta à court terme, ou des offres à des différentiels trop élevés pour que le négoce achète.
Enfin, on constate toujours une bonne demande de Robusta physique en spot et en café frais d’Amérique centrale. D’ailleurs, comme on le constate sur notre tableau des cours ci-joints, le Cote d’Ivoire 1 à l’embarquement a pris $ 90 la tonne sur une semaine, et le Cameroun Grade1 $ 105, comme le RCA Supérieur. Les Robusta d’Asie ne sont pas en reste. En revanche, c’est le calme plat sur les prix physique des Arabica, avec un Ethiopie Djimma 5 qui stagne à 117 cents la livre. En revanche, les Doux d’Amérique centrale accusent eux aussi une hausse.
Aux ventes aux enchères du Kenya mercredi, les premières de la campagne 2009/10, le prix moyen a chuté à $ 151,72 contre $ 173,13 le sac de 60 kilos la semaine précédente alors qu’on était encore sur la campagne 2008/09. Mais les meilleures qualités ont été cédées à des prix élevés ($ 191 à 252 pour un AA contre $ 190 à 239 la semaine précédente) car la sécheresse dans les zones de production raréfie l’offre. A noter que les recettes d’exportation de café du Kenya sur la campagne 2008/09 ont augmenté de 10%, à $ 142,4 millions ou 10,7 milliards de shillings kényans, grâce à des cours mondiaux plus fermes, soutenus notamment par la faible offre de Colombie.

Céréales. Hier, sur le marché à terme de Chicago, les cours du blé ont augmenté stimulé par des exportations mondiales dynamisées par un dollar faible : les céréales américaines deviennent alors meilleur marché, ce qui suscite des achats.
En Europe, FranceAgriMer pourrait réduire la semaine prochaine sa prévision de la récolte française 2009 de blé tendre à moins de 37 millions de tonnes contre 37,5 millions encore estimées le mois dernier, selon des traders. La révision résulterait principalement de la réduction inattendue d’environ 150 000 ha des surfaces ensemencées en vue de la moisson qui a été récoltée cet été, à 4,77 millions d’hectares. D’autres ont ajouté que l’analyste français Stratégie Grains avait également procédé à une réduction de son estimation de la récolte française de blé sur la base de moindres surfaces emblavées qu’initialement prévu. Dans son rapport publié à la mi-septembre, Stratégie Grains tablait sur une récolte française de 37,36 Mt contre 36,9 millions en 2008/09. De son côté, FranceAgriMer tablait le mois dernier sur une superficie de 4,92 millions d’hectares et estimait le rendement moyen à 7,63 t/ha. Pour sa part, le ministère de l’Agriculture qui devrait publier dans les prochains jours ses nouvelles estimations, prédisait en septembre que la récolte française atteindrait 37,3 Mt, en hausse de 1,1% par rapport à la saison dernière.
En Afrique, les autorités de quarantaine égyptiennes ont empêché le déchargement de 63 000 t de blé français au port de Safaga, des tests ayant révélé une concentration de graines nocives supérieure au plafond autorisé, a déclaré le 2 octobre une source de ces autorités. Les sources françaises ont souligné qu’aucun problème n’avait été détecté avec ce blé avant qu’il ne soit chargé sur le navire de transport et qu’il était conforme à toutes les réglementations y compris celles relatives aux conditions phytosanitaires. Une solution serait de tamiser le blé pour le débarrasser des graines nocives, suggèrent certains.
L’Office national interprofessionnel des céréales du Maroc (ONICL) a autorisé l’importation d’ici le 31 décembre de 55 000 t de blé tendre américain sous couvert d’un contingent annuel préférentiel d’importation réservé aux Etats-Unis. Rabat avait ouvert le contingent tarifaire pour 320 000 t de blé tendre et 280 000 t de blé dur.
Toujours en Afrique du Nord, grâce à une bonne pluviométrie et des incitations fiscales à la production, l’Algérie devrait tripler sa production céréalière cette année, à 6 Mt, selon le ministère de l’Agriculture. Sa récolte en 2008 a été de 2,1 Mt. Sur les quatre à cinq dernières années, les importations algériennes de céréales ont atteint 5 MT.

Clous de girofle. Il n’y a plus grand-chose comme marchandise disponible à Madagascar actuellement, souligne le trader Emmanuel Née de Sivanil à Bordeaux. On trouve encore quelques très belles qualités mais qui vont chercher jusqu’à $ 4 000 la tonne FOB Tamatave.
Certes, la nouvelle récolte de clous de girofle démarre sur la Grande Île, mais on ne devrait pas pour autant s’attendre une forte baisse des prix, estime-t-il. En effet, la production s’annonce quantitativement faible, estimée par Sivanil à quelque 4 000 t : dans le Sud-Est, entre Mananjary et Farafangana, la récolte serait inférieure de 25 à 30% par rapport à une campagne dite « normale ». Dans le Nord Est, où habituellement se trouvent les plus belles qualités, les volumes ne devraient pas être au rendez-vous.
Quant aux Comores, la récolte a démarré il y a quelques mois et devrait être achevée, notamment à Anjouan et Moheli. La récolte, d’une belle qualité, est estimée à 400-500 t. Les prix sur le marché local sont stables, seul le jeu des parités monétaires les faisant fluctuer, le franc comorien étant lié à l’euro.

Poivre. Le marché est calme, note un trader, avec des prix globalement en baisse.

Riz. En septembre, les cours mondiaux ont une nouvelle fois reculé en raison de la faiblesse de la demande mondiale. Seules les Philippines, principal importateur mondial en 2009 avec 2,7Mt, maintiennent une forte demande d’importation. A la mi-septembre, les cours ont connu une certaine fermeté soutenus par les politiques d’intervention des principaux exportateurs asiatiques, selon Patricio Mendez del Villar d’Osiriz. Cette reprise pourrait cependant être de courte durée si la mise sur le marché d’une partie des stocks publics de la Thaïlande devait se confirmer.
En 2009, la production mondiale pourrait connaitre un recul de 3%, à 668 Mt (450 Mt en équivalent blanchi). Ces estimations tiennent compte des mauvaises conditions climatiques en Inde. La réduction de la production rizicole affecterait d’ailleurs une bonne partie la région d’Asie du Sud, laquelle représente 30% de la production mondiale.
Le commerce mondial en 2009 serait en légère progression à 30,7 Mt. Le recul des exportations indiennes de riz non basmati doit profiter directement exportateurs thaïlandais et vietnamiens. On observe aussi l’émergence de nouveaux pays exportateurs notamment la Birmanie, le Cambodge et le Brésil.
Les stocks mondiaux se finissant en 2009 devraient progresser, malgré le recul des stocks indiens, à 121 Mt contre 109Mt en 2008, soit une progression de 5%. Ces réserves représentent 25% des besoins mondiaux en 2009 contre 24% en 2008.
En Afrique, les prévisions de la production ont été revues à la hausse. La crise des prix mondiaux en 2008, et la revalorisation des prix internes, semble avoir stimulé l’accroissement des surfaces rizicoles. La demande d’importation devrait rester presque inchangée en 2009. En Egypte, les autorités nationales semblent revenir sur la décision de libérer les exportations. Des incertitudes persistent sur le retour de ce pays sur le marché d’exportation.

Sucre. L’Egypte a été prévoyante. Alors que les cours du sucre ne cessent de monter, le pays a acheté et stocké des volumes importants, représentant en ce début octobre quelque neuf à dix mois de consommation nationale.
Quant au Cameroun, il a annoncé mercredi devoir importer 10 000 t de sucre raffiné de RD Congo pour pallier son manque sur son marché national. Elles viendront s’ajouter aux 10 000 t que la Sosucam a déjà en stock. Rappelons que le Cameroun produit environ 130 000 t de sucre par an, soit moins de la moitié de ses besoins qui s’élèvent à 300 000 t. La faiblesse des infrastructures routières entre l’usine de la Sosucam à Mbanjock et Yaoundé, ce qui rend très difficile l’approvisionnement de la capitale, a fait grimper d’un tiers les prix locaux sur ce marché.
Mercredi, Maurice a révisé à la baisse de 1% ses prévisions de production de sucre sur 2009, à 485 000 t, notamment en raison d’une mauvaise météorologie, a-t-il été annoncé par la Chambre de l’Agriculture.

Thé. Les ventes aux enchères de thé au Kenya ont fortement baissé sur les neuf premiers mois de l’année, à 212 900 t contre 219 800 t sur la même période en 2008. La sécheresse a, en effet, fait chuter les volumes récoltés ce qui a eu un effet haussier sur les cours : à la dernière vente, des records ont été battus, un thé ayant été vendu à $ 4,47 le kilo !
Rappelons que ces ventes aux enchères regroupent des thés de plusieurs pays de la région. Les thés kényans représentent de loin la majeure partie, avec 72% ou 153 600 t de thé vendu, l’Ouganda arrivant en seconde position avec 33 000 t. Le groupe Lipton, qui appartient à la multinationale Unilever, a été le principal exportateur, ayant acheté à lui tout seul 46 500 t de thé à ces ventes, soit un volume similaire à celui qu’il avait acheté sur les 9 premiers mois de 2008. Il est suivi par Global Tea qui a pris 18 700 t en baisse par rapport aux 20 800 t qu’il avait achetée en 2008 sur la même période.
Selon le Regular Tea Board du Kenya, la production cette année baisserait de 20 000 t, à 325 000 t. Aussi est-il estimé que les recettes enregistreraient une hausse de 6% cette année, à 66 milliards de shillings kényans.

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