10 mars 2015 - 00:00 |

Le lait local, source du succès de La laiterie du berger au Sénégal

L'industrie des produits laitiers en Afrique a produit environ 17 millions de tonnes (Mt) en 2014 dont environ 7 Mt à partir de lait importé, selon l'International Farm Comparison Network (IFCN).Pourtant la demande africaine en lait est attendue en forte hausse durant la prochaine décennie ce qui devrait conduire à une hausse de production mais aussi des importations.

Actuellement, l'industrie en Afrique sub-saharienne (hors Afrique du Sud) est dominée par quelques entreprises seulement dont Friesland Campina et Promasidor au Nigeria et Fan Milk au Ghana, aux côtés de Bookside au Kenya. Mais peu utilisent uniquement du lait local.

C'est le défi qu'a relevé au Sénégal en 2006 Bagore Bathily, vétérinaire, en lançant La laiterie du berger (LDB), seule entreprise laitière à utiliser du lait local.

Parti d'un investissement d'un million d'euros levés auprès de ses proches et du fonds d'investissement français Investisseurs & Partenaires, LDB a depuis lors élargi son capital pour accueillir Danone, Grameen Crédit Agricole et Phitrust Partners. Il est aujourd'hui le numéro 2 au Sénégal derrière Saprolait qui utilise du lait importé dans ses fabrications. Ses ventes seraient passées de FCFA 250 millions (€ 381 122) en 2007 à FCFA 2,2 milliards (€ 3,35 millions) en 2013.

LDB est située à Richard Toll, à 450 km environ au Nord de Dakar, hub agro-industriel qui comprend une raffinerie de sucre, de nombreux riziculteurs et surtout environ un millier d'éleveurs pastoraux auprès de qui LDB s'approvisionne en lait deux fois par jour. Avec 5 véhicules, le lait est collecté à 200 km à la ronde, rapporte Reuters.

A noter qu'entre 1993 et 2003, Nestlé avait fait une tentative de transformer le lait local mais avait fermé son entreprise à cause du coût élevé de collecte et en raison de la concurrence du lait importé bon marché, relève la FAO.

Pour sa part, LDB déclare des bénéfices opérationnels tout en déclarant verser aux producteurs des prix incitatifs. Et ce malgré le défi financier que représente la saison sèche, lorsque la production chute de 6 000 litres à 1 500 litres par jour.

Publicité

Votre publicité sur notre site

En savoir +