10 mai 2007 - 00:00 |

Chronique : le rendez-vous Matières du jeudi

Tendances sur les marchés du cacao, café, coton, huile de palme, graines de sésame, vanille (10/05/07)

Café : les cours du Robusta à Londres sont demeurés encore très fermes cette semaine, terminant aujourd’hui à $ 1 644 la tonne, face à une demande soutenue de la torréfaction. Ceci a entrainé les Arabica cotés à New York à $ 1,06 la livre. Une hausse des Robusta qui aurait pu être plus accentuée s’il n’y avait pas eu des prises de bénéfices et quelques ventes des origines. Les Robusta ont pris pas moins de $ 50 la tonne ce mois ci. Les raisons ? Le Vietnam qui n’a quasiment plus de Grade 2 à livrer. Il en aurait exporté 880 000 t sur les 7 premiers mois de la campagne, en hausse de 58% par rapport à la même période en 2005/06. Sur le seul mois d’avril, ses exportations ont grimpé de 33%. Selon un courtier, 80 000 à 100 000 t seraient encore entreposées chez les paysans qui attendraient les $ 2000 la tonne pour vendre. Signe de la tension sur ce marché, il n’y aurait plus que 250 000 t dans les entrepôts au Vietnam contre 600 000 à 700 000 t habituellement à pareille époque.
Cette situation cultive l’écart de prix entre Robusta et Arabica, de l’ordre d’une trentaine de cents actuellement. Ce qui incite les Brésiliens (qui démarrent leur campagne) à garder leurs conilons. Si l’écart baissait à 20 cents, souligne le courtier, on pourrait les voir réapparaître. Et il y en a 12 millions de sacs de 60 kg entreposés au Brésil….
L’Afrique des Robusta, de façon structurelle, n’a pas la capacité à pallier le manque de volume vietnamien. Ce d’autant plus que la Côte d’Ivoire n’est pas au rendez-vous cette année : les volumes ont baissé de 3,4%, à 54 751 t entre octobre et avril par rapport à la même période en 2005/06 ; en revanche, les arrivages aux ports ivoiriens sont passés de 106 847 t à 117 328t entre le 1er janvier et le 22 avril 2006 et 2007.

Cacao : à Londres, le cacao a continué à grimper pour quasiment atteindre le 10 mai sont plus haut en 4 ans, à £ 1 084 la tonne, sur fond de squeeze de la part d’un fonds et d’un négociant, et des fondamentaux. Depuis le démarrage de la campagne en cours, en octobre dernier, le prix du cacao a grimpé de 25%. Rien d’étonnant : la Côte d’Ivoire vient d’enregistrer sa plus grave sécheresse en 30 ans, ce qui retarde le cycle végétatif. Et les pluies actuellement sont mal réparties. Ainsi, non seulement les fèves sont petites et faibles en volume durant la campagne intermédiaire qui vient de démarrer et se poursuit jusqu’en septembre, mais la prochaine récolte risque de s’en ressentir. Une situation préoccupante chez le premier producteur et exportateur mondial alors que la consommation mondiale de fèves a progressé de 2 à 3 % en 2006/07 à 3 650 000 t face à une production mondiale de seulement 3 370 000 t. Les stocks termineront en septembre à 1 500 000 t, soit 300 000 t de moins qu’en septembre 2006.

Huile de palme : à plus de $ 700 la tonne, les prix de l’huile de palme ont pris 13% depuis le début de l’année et caracolent à des plus hauts en plus de 8 ans. En effet, la demande pour des besoins alimentaires et énergétiques sur l’ensemble des huiles végétales a progressé de 6 Mt cette année ! Et si le spécialiste allemand Oil World attend une accalmie sur les prix de l’huile de palme en mai-juin, ce ne serait que pour repartir de plus belle à la hausse. En effet, le mois dernier, l’Inde a baissé de 10% ses droits d’importation, ce qui aura pour effet de les accroître. Déjà sur 2006/07, ses importations ont progressé de 42% à 4,7 Mt.

Graines de sésame : les prix domestiques chinois des graines de sésame sont aujourd’hui bien inférieurs aux africaines, grâce notamment à la bonne récolte chinoise l’année dernière (600 000 t). A mars, 49 000 t ont été importées par la Chine cette année contre plus du double l’année dernière à pareille époque. Ainsi, face aux $ 850 pour les Chinese yellow white, les Soudan Whitish sont à $ 1 060 et les Tanzanie/Mozambique à $ 905.

Coton : les prix ont encore baissé cette semaine. Le coton d’Afrique francophone CAF ports européens frôlait les 900 cents lundi 7 mai alors qu’il était à 988 cents mi-mars. Pourtant, les exportations ivoiriennes entre janvier et avril n’ont été que de 88 918 t, soit 25% de moins que sur la même période l’année dernière. Et ce, malgré la reprise en décembre dernier des flux de coton provenant du Burkina Faso pour être exportés des ports ivoiriens. La production ivoirienne cette année serait de 240 000 t contre 400 000 t en moyenne avant la crise.

Vanille : les prix sont figés dans un creux de la vague, selon Eurovanille. Mais ils devraient regrimper à la fin de cette année pour deux raisons. D’une part, l’impact des 3 cyclones qui ont sévi sur Madagascar entre les mois de décembre et avril va se faire ressentir en deux temps : « Ceci aura une répercussion sur les récoltes qui s’étalent de mai à juillet et sur la floraison entre septembre et décembre », considère Olivier Bourgois. A ceci se greffe le fait que les récoltes ont été très belles ces deux dernières années : la plante est épuisée ! Madagascar représente 60% de la production mondiale de vanille naturelle, avec 1 300 à 1 400 t en 2006. Deuxième raison pour une hausse attendue des prix : la faiblesse de la récolte en Papouasie Nouvelle Guinée. Les prix sont tellement faibles que les paysans se sont détournés de la culture. Les volumes, qui sortent en fin d’année, seront inférieurs aux années précédentes.

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