10 juin 2016 - 08:00 |

Atmosphère de fin de campagne dans la noix de cajou

En Afrique de l'Ouest, la campagne noix de cajou tire à sa fin. Les noix se font maintenant rares au Nigeria, au Ghana, au Burkina Faso ou encore au Mali et l'activité de commercialisation faiblit. En revanche, la demande demeure importante au Sénégal, tandis que le commerce transfrontalier avec la Gambie bat son plein depuis la réouverture de la frontière (voir nos informations). "Les files d'attente de camions arrivent tous les jours au niveau des entrepôts, lourdement chargés avec des lots de noix de cajou séchées, ensachés et prêts pour l’empotage", rapporte n'kalo dans son bulletin sur le marché de l'anacarde.

Côté prix, ils sont assez faibles car la qualité des noix, en cette fin de saison, est plutôt basse. Mais ils devraient remonter, estime le spécialiste, car après un ralentissement, les commandes de noix de cajou brutes sont reparties en Afrique de l’Ouest."La majorité des stocks disponibles sont entre les mains de commerçants ou de producteurs décidés à attendre une remontée des prix et il est donc de plus en plus difficile de collecter du produit, d’autant plus que la qualité moyenne des lots est souvent très basse", constate le spécialiste.

A ceci s'ajoute que des volumes croissants –"plusieurs dizaines de milliers de tonnes", souligne n'kalo­–  de noix brutes sont achetées par les transformateurs locaux. L'Inde, depuis le début de la nouvelle campagne, en mars, n'aurait importé que 55 000 t de noix d'Afrique de l'Ouest contre 160 000 t sur la même période (mars-mai) l'année dernière, mais " si on prend en compte le décalage d’un mois de l’arrivée des récoltes, ces chiffres ne sont pas catastrophiques", souligne encore le spécialiste. On ne connaît pas encore les chiffres du mois de mai pour le Vietnam.

Le principal risque à court terme pour les détenteurs de stocks de noix brutes, selon n'kalo, "est la diminution des opportunités de vente qui devrait engendrer une baisse des prix. Même si de nouvelles commandes sont régulièrement reçues, il existe toujours d’importants stocks invendus et les exportateurs investissent de moins en moins sur le préfinancement de la collecte pour se concentrer sur la réception des stocks achetés sur fonds propres et le solde des préfinancements déjà versés."

Des centres d'entreposage en Côte d'Ivoire

Côté production, lundi, le Premier ministre Daniel Kablan Duncan a déclaré des prévisions de récolte de 700 000 à  750 000 t pour 2016 en Côte d'Ivoire, 1er producteur mondial, en raison de la sécheresse. Il a, par ailleurs, annoncé la création d'ici fin juin de centres d’entreposages pour une meilleure conservation des produits. "L’idée du gouvernement, avec l’appui de la Banque mondiale, c’est de faire en sorte qu’on crée une fonction particulière d’opérateurs économiques qui vont créer des entrepôts dans les régions concernées par la transformation de l’anacarde", a expliqué Daniel Duncan.

Rappelons que la filière est actuellement frappée par une crise sur fond de détournement d’un montant de FCFA 50 milliards (€ 76 millions), avec la suspension par le gouvernement du directeur général du Conseil du coton et de l’anacarde, Sanogo Malamine, et de son adjoint, Mamadou Berté. Une enquête est en cours.

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