10 juillet 2011 - 00:00 |

La Chronique Matières du jeudi

Nouvelle hausse des commodities ?

(08/07/2011) Jeudi, la banque d’investissement Goldman Sachs a annoncé qu’elle s’attendait à de nouvelles hausse des cours des matières premières à la fin de l’année 2011 et en 2012 : « Nous maintenons notre recommandation sur les commodities à trois, six et 12 mois »__ . Elle estime que la croissance économique mondiale devrait s’accélérer à nouveau au second semestre. Cependant, la situation grecque, la tension continue entre inflation et croissance en Chine et des données mitigées sur plusieurs économies majeures devraient contribuer à conduire à une volatilité à court terme des marchés des matières premières. Goldman Sachs réitère à nouveau à ses clients ses recommandations pour le pétrole Brent, le gaz naturel, le cuivre, le zinc et le soja.

CACAO Après six jours consécutifs de hausse, le marché de New York a clôturé jeudi en baisse, le contrat de septembre cédant $2 à $ 3186 la tonne.
A l’occasion de la 5ième conférence international du cacao en Indonésie du 5 au 7 juillet, le directeur de l’Organisation internationale du cacao (ICCO), Jean-Marc Anga a estimé que le marché mondial du cacao pourrait retrouver une situation de déficit lors de la prochaine campagne 2011/12. Compte tenu de la forte révision à la hausse des productions, l’ICCO a revu sa prévision d’excédent pour la campagne 2010/11 à 187 000 tonnes, contre 119 000 tonnes précédemment, mais la campagne 2011/12 pourrait connaître un déficit de l’offre. ”L’opinion générale est que les broyages sont susceptibles de croître et que la production peut ’abaisser. De combien, nous ne le savons pas encore. Pour 2011/12, nous pouvons voir un léger déficit à la suite de l’excédent que nous avons pour le moment», a estimé Jean-Marc Anga sans donner de chiffres.
Au niveau des prix, le directeur de l’ICCO estime qu’ils devraient se stabiliser autour de $3 000 la tonne sur les six prochains mois, peut-être un peu plus élevés, avec encore une certaine incertitude. « Et cette incertitude est susceptible de soutenir les prix au niveau où ils sont actuellement. Si vous prenez la Côte d’Ivoire, par exemple, en dehors des facteurs classiques, la situation politique a déplacé un nombre considérable d’agriculteurs qui ne sont pas susceptibles de retourner immédiatement aux champs. ” précise t’il.
Pour la campagne actuelle, l’ICCO prévoit 1,3 million de tonnes (Mt) pour la Côte d’Ivoire, 960 000 tonnes au Ghana et 510 000 tonnes en Indonésie. L’Indonesian Cocoa Association, qui utilise l’année civile comme référence, prévoit une production à son plus bas niveau depuis 2004 à 420 000 tonnes sur 2011.
Dans un rapport publié mercredi, Marex estime que, la production mondiale de cacao pourrait chuter à 3,844 Mt en 2011/12, contre 4,031 Mt estimée en 2010/11. Il table sur une hausse des broyages à 3,874 Mt en 2011/12 contre 3,745 Mt en 2010/11.
En Côte d’Ivoire les arrivées dans les ports ont atteint environ 1,287 million de tonnes au 3 juillet, selon les exportateurs, ceci représente 20% de plus que les 1,058011 Mt livrées sur la même période lors de la campagne précédente. .
Au Ghana Les achats ont atteint mi-juin 940 000 tonnes, soit 50 % de plus que l’an dernier sur la même période a déclaré le directeur du Cocobod, Tony Fofié. Conséquence de cette récolte exceptionnelle, les installations de stockage sont tendues et on constate une congestion dans certains ports et dans les entrepôts. “Nous avons eu des défis – tous nos entrepôts étaient pleins ». Tony Fofié a indiqué qu’ils essayaient de relever ce défi et que notamment le Cocobod avait loué des installations de stockage temporaires pour augmenter les capacités «Nous venons de prendre livraison d’un espace de stockage de 20 000 tonnes et une installation de 100 000 tonnes, qui est en construction et devrait être rapidement terminée ” affirme Tony Fofie.

CAOUTCHOUC Les cours sur le marché de Tokyo ont chuté jeudi de 1,2% à 379,4 yens le kilo affectés par la résurgence des inquiétudes sur la dette souveraine en Europe avec la réduction de la note du Portugal par l’agence Moody et sur la croissance de la demande en Chine.
Selon un pool de 10 analystes et négociants interrogés par Reuters, les cours à terme du caoutchouc devraient s’abaisser en juillet affectés par l’augmentation de l’offre des principaux pays producteurs et l’incertitude sur la reprise du secteur automobile au Japon mais soutenus par la demande globale des fabricants de pneumatiques. Le pool prévoit le contrat de décembre à 355 yens le kilo d’ici à la fin juillet. Il se situait à 365 yens le kilo à la fin juin. Le RSS3 devrait chuter à $4,45 le kilo. Néanmoins, les prix sur le marché physique ne devraient pas chuter trop fortement car les fabricants de pneumatiques reconstituent leurs stocks après avoir puisé dans leurs réserves domestiques.

COTON Les cours du coton sont à nouveau en retrait cette semaine toujours plombés par la l’absence d’une demande solide et les difficultés de la filature. A court terme, le niveau élevé des stocks de filés ne devrait pas permettre un rebond de la demande. Dans son rapport mensuel publié le 1er juillet, l’International Cotton Advisory Committee (ICAC) souligne que la consommation mondiale en 2010/11 est estimée à 24,5 millions de tonnes (Mt), soit 3% de moins qu’en 2009/10, et ce en dépit de la fermeté de l’économie mondiale. Si la demande de la filature a été forte sur la première moitié de la campagne 2010/11, elle est maintenant faible. Les prix élevés du coton, la concurrence des fibres synthétiques moins chères ainsi que les bas prix du filé ont réduit la demande de coton de la filature, qui fait face à des difficultés financière notamment d’accès au crédit. Néanmoins sur 2011/12, l’ICA estime que la consommation devrait progresser de 3% à 25,2 Mt. Quant à la production mondiale, elle l’estime en hausse de 11% en 2011/12 à 27,4 Mt.
La chute des prix du coton ainsi que la sécheresse pourraient réduire les prévisions de semis en Chine, soulignait jeudi la Chine Cotton Association. Elle estime que la croissance des superficies en 2011 ne pourrait être que de seulement 5,2% contre 6,6% estimé le mois dernier totalisant 5,4 millions d’hectares.

RIZ Dans son dernier rapport mensuel, Osiriz, Patrico Mendez del Villar note qu’en juin les cours mondiaux du riz se sont brusquement raffermis en raison de la situation politique en Thaïlande. « Les promesses électorales du parti d’opposition visant à revaloriser fortement le prix du riz payé au producteur a provoqué des comportements spéculatifs avec des achats préventifs » En revanche, sur les autres places asiatiques, les prix à l’exportation sont restés stables ou en légère hausse, incitant les importateurs a délaisser le marché thaïlandais pour se tourner davantage vers l’offre vietnamienne. Patrico Mendez del Villar souligne que les disponibilités mondiales d’exportation restent largement excédentaires et la demande mondiale relativement stable. « Il existe cependant des incertitudes quant à la future politique des prix du nouveau gouvernement thaïlandais. Celle-ci, si elle était appliquée, pourrait avoir un surcoût de $2 milliards ».

SUCRE La congestion des ports au Brésil a soutenu les cours du sucre à New York, le sucre s’échangeant à un niveau proche d’un plus haut de quatre mois. Jeudi, le contrat d’octobre a clôturé en hausse de 6,6% à 29,52 cents la livre. Quelque 86 bateaux seraient en attente d’embarquement de sucre contre 64 à la mi-juin, selon l’agence maritime Commodities/Unimar, soit l’équivalent de 8 à 10 jours. Les cours sont aussi soutenus par des inquiétudes sur la récolte du Brésil. De moindres rendements diminueraient la production brésilienne 2011/12 en dessous du niveau de 2010/2011. Dans le centre-sud du Brésil, la production est attendue à 33,5 millions de tonnes, contre 34,6 Mt prévu précédemment, selon l’Unica.

THE Le prix moyen du thé de qualité supérieure sur le marché aux enchères hebdomadaires du Kenya ont légèrement augmenté à$ 3,37 $ le kilo contre $3,20 une semaine auparavant. Africa Tea Brockers note une forte demande pour une offre plus réduite avec une forte présence sur le marché du Pakistan, de l’Afghanistan et de l’Egypte avait une forte présence sur le marché, avec plus d’activité et un regain d’activités pour le Yémen, d’autres pays du Moyen-Orient, la Grande-Bretagne et le Soudan.
En revanche, les prix au Bangladesh ont baissé pour la troisième semaine consécutive avec une moyenne de 160,75 takas ($2,2) le kilo sous l’influence d’une faible demande. Plus de 25% des 1,63 millions de kilos offerts ont été invendus. Le pays est devenu récemment un importateur net de thé après avoir atteint la cinquième place d’exportateur mondial.

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