10 septembre 2007 - 10:35 |

Le rendez-vous Matières du Jeudi

Grande agitation sur les marchés

(07/09/07) Blé. L’Afrique du Nord s’inquiète des disponibilités restreintes en blé et se porte massivement à l’achat, contribuant ainsi à la hausse vertigineuse des cours mondiaux (plus de $ 8,60 le boisseau). Depuis le mois d’avril, les prix sur le marché international ont quasiment doublé. L’Egypte, le Maroc, l’Algérie, mais aussi l’Irak et l’Inde achètent à tour de bras. Ceci d’autant plus que la mauvaise récolte en Australie (deuxième exportateur mondial de blé) se confirme de jour en jour : on est loin des 26 millions de tonnes attendues au départ, mais on ne devrait même pas atteindre les 15 millions dont il a été question dans des prévisions révisées, selon Garry Booth de Man Financial, interrogé par Reuters.
Le Département américain de l’Agriculture (USDA) vient d’annoncer des stocks mondiaux de blé qui chuteraient à 114,8 Mt à la fin de la campagne 2007/08, le plus bas en 26 ans ! Ce qui va encore attiser le marché. La cause première ? La météorologie très défavorable en Europe et aux Etats-Unis ainsi qu’une forte demande mondiale, menée par les pays émergents. Mais, soulignent les spécialistes, ces prix élevés du blé vont inciter les producteurs à délaisser quelque peu d’autres cultures, comme le maïs, le soja ou encore le colza, pour faire plus de blé, ce qui fera baisser ses cours.

Bois. Globalement, le prix des grumes africaines s’est stabilisé en août après une légère baisse le mois précédent, souligne le dernier Tropical Timber Market Report. Cette stabilité serait liée à une légère reprise de la demande chinoise, bien que celle-ci soit loin de ce qu’elle était auparavant. Seuls les prix de l’azobé et du padouk ont un peu fléchi. En effet, la production d’azobé a été trop forte alors que, d’une part, la demande des Pays-Bas, notamment, fléchissait, et d’autre part que l’essence se heurtait sur le marché international à une forte concurrence de bois brésiliens. Quant au padouk, le prix a baissé car peu de navires étaient disponibles pour expédier les grumes vers l’Inde. D’où une surabondance dans les ports.
Quant aux bois sciés, la demande n’a pas été très soutenue mais les prix se sont maintenus car les fondamentaux demeurent encore très favorables.

Cacao. La perspective d’une bonne récolte cacaoyère en Afrique de l’Ouest se confirme jour après jour. Pour acheter, les industriels attendent donc une diminution des cours internationaux. Mais, celle-ci risque de ne pas être au rendez-vous, du moins pas de suite. D’ailleurs, cette semaine encore, les prix se sont maintenus à des niveaux élevés. Que se passe-t-il ? Entre autres facteurs, le déficit en 2006/07 est bel et bien une réalité : l’Organisation internationale du cacao vient d’annoncer qu’il aurait été de 156 000 tonnes, soit un niveau plus élevé que les 145 000 t annoncées précédemment. En outre, les industriels risquent d’avoir du mal cette campagne encore à trouver de belles fèves en raison de la maladie de la pourriture noire, la black pod.
A ceci se greffe le mécontentement des planteurs ivoiriens, relativement classique à quelques semaines de l’ouverture de la campagne. Ils dénoncent une mauvaise gestion de la part des industriels : à ce jour, aucun programme de financement n’a encore été mis en place. Mardi, lors d’une conférence de presse, ils en ont appelé au Président Gbagbo et menacent de grève si rien n’est fait.
C’est donc l’incertitude quant à l’évolution des prix. Sera-t-elle à la hausse ou à la baisse ? Ce qui explique que l’activité sur le marché physique européen ces derniers jours n’a pas été très forte. Nous sommes dans une période d’attentisme.
A noter cette semaine que l’Indonésie a mis d’importantes quantités de beurre sur le marché après plusieurs semaines de volumes très faibles. Du beurre moins compétitif que le beurre européen car il est offert à 2,82 fois la cotation des fèves à Londres contre 2,71 à 2,80 pour l’européen.

Café. Il faut avoir le cœur solide pour suivre les prix du café en ce moment ! Après la fermeture de la place de New York lundi pour le Labor Day, l’ouragan Felix a fait fortement grimpé les prix qui ont, dès le lendemain, accusé un mouvement correcteur. Mais jeudi, ils sont repartis dans un fort mouvement à la hausse, touchant leurs plus hauts en trois semaines. Les Robusta ont suivi.

Caoutchouc. En cette fin de semaine, le caoutchouc naturel ne sait plus s’il doit regarder –et réagir- la tendance du yen fortement à la hausse (ce qui fait baisser le prix du caoutchouc) ou les cours du baril du pétrole également à la hausse (ce qui fait grimper le caoutchouc car son rival, le caoutchouc synthétique, est plus cher donc moins compétitif). Il a donc baissé jeudi mais regagné vendredi, touchant son plus haut en quatre semaines.

Riz. Les prix sont demeurés stables durant le mois d’août, souligne la dernière lettre d’information d’Oziri/InfoArroz. Les acheteurs ne se sont guère manifestés car ils attendaient que les prix baissent, mais sans grand espoir car les besoins d’importation en Asie du Sud-Est et en Afrique demeurent importants. Rappelons que selon les estimations de la FAO, les stocks mondiaux devraient encore reculer pour la septième année consécutive, à 103 millions de tonnes. C’est leur niveau le plus bas de ces 25 dernières années.
En Thaïlande, en août, les prix ont baissé de 1% ce qui n’a probablement fait que dynamiser encore un peu plus des ventes très élevées : ce pays a exporté ce mois d’août des volumes 12% plus élevés qu’en août 2006 !
La production africaine se redresse, notamment en Afrique de l’Ouest et à Madagascar. Mais les besoins augmentant plus vite, les importations s’annoncent cette année encore en hausse.

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