10 novembre 2010 - 08:12 |

L'hivernage a été bon en Afrique de l'ouest et au Sahel, selon le Cilss

Des excédents vivriers sont constatés

(10/11/10)

L’hivernage 2010 s’est bien déroulé dans l’ensemble des pays de la région ouest africaine. Les pluies ont été régulières voire très abondantes par endroits occasionnant des inondations avec des pertes de superficies cultivées notamment sur les parcelles de riz au sud du Tchad au nord est du Nigeria et le long des fleuves Niger, Sénégal, Volta, Mano et Mono. Ces pluies enregistrées jusqu’en fin octobre ont été favorables au bon développement des cultures,a annoncé hier le Comité Permanent Inter Etats de lutte contre la Sécheresse dans le Sahel (Cilss).

Fin octobre, les cultures céréalières et les légumineuses sont au stade de maturation à fin récolte dans tous les pays. La situation phytosanitaire a été globalement calme. Toutefois, des menaces de sautériaux et d’oiseaux granivores sur les récoltes persistent. La situation du criquet pèlerin, bien que calme dans les pays de la ligne de front (Mali, Niger et Tchad), demeure une préoccupation. La présence d’individus ailés au Centre et au nord de la Mauritanie nécessite un suivi rapproché dans ces pays.

Au niveau pastoral, les disponibilités fourragères sont abondantes dans tous les pays. La crainte des feux de brousse subsiste chez les éleveurs de la sous région. Aucun foyer de maladie à allure épizootique n’a été signalé dans les pays en dehors des maladies récurrentes chez les petits ruminants (peste, pasteurellose), la volaille (maladie de New Castle) et les porcs (peste porcine). Toutefois, on note le développement inquiétant d’espèces non appétées comme le Sida cordifolia dans certaines enclaves pastorales du Niger, du Nigeria et du Tchad.

Sur le plan hydrologique, les barrages et les points d’eau sont bien remplis favorisant l’installation précoce des cultures de contre saison et de bonnes conditions d’abreuvement des animaux. Cependant, les fortes pluies enregistrées en juillet, août et septembre ont provoqué des dégâts sur les infrastructures routières et hydrauliques au Cap Vert, au Burkina Faso, en Gambie, au Bénin, en Mauritanie, au Togo et au Tchad et sur les casiers rizicoles en Guinée Bissau, au Niger, au Nigeria, au Mali et au Tchad.

Au regard des efforts consentis par les Etats et leurs partenaires et de la bonne pluviométrie, les perspectives agricoles sont bonnes dans l’ensemble des pays. Globalement, la production céréalière prévisionnelle 2010/2011 au Sahel et en Afrique de l’Ouest à l’exception du Sénégal et du Mali est de 51 031 000 Tonnes contre 45 486 000 Tonnes (2009/2010), soit une hausse relative de 12 % par rapport à l’année dernière. Par rapport à l’année dernière, des hausses significatives de productions céréalières sont attendues au Tchad, au Niger et au Burkina Faso.

La production de riz est estimée à 9 850 000 tonnes (soit +5% par rapport à 2009/2010). Des baisses de production de riz sont prévues au Bénin, au Togo et au Niger. La production de maïs (15 439 000 tonnes) est en hausse de 3% par rapport à 2009/2010. Les prévisions de production des autres cultures se chiffrent à 55 462 000 tonnes (igname) et 76 304 000 tonnes (manioc).

Les bonnes perspectives de productions agricoles et pastorales ont occasionné la baisse des prix de céréales sèches depuis l’arrivée des nouvelles récoltes sur les marchés. Ceci augure de perspectives alimentaires satisfaisantes pour la majorité des populations pastorales, agropastorales et cultivateurs en milieu rural.

Toutefois, le centre et l’ouest de la région sont très dépendants des importations commerciales de riz et de blé et dans certains cas du maïs. Or, l’offre limitée d’exportation du riz a entrainé une hausse du prix de 10 à 20% entre août et septembre 2010 sur le marché international et des incertitudes persistent à propos de l’offre à venir compte tenu des mauvaises conditions climatiques dans plusieurs zones rizicoles asiatiques. La hausse des prix sur le marché international serait de nature à fragiliser la situation alimentaire des populations à faibles revenus et dépendantes du marché, surtout lorsque les prix atteindront leur maximum saisonnier entre juillet et septembre 2011.

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