10 décembre 2009 - 08:01 |

L’interdiction annoncée d’exporter des grumes du Gabon : une bonne mesure pour l’avenir ?

La valeur ajoutée n’est pas toujours où l’on croit, explique Alain Karsenty du Cirad

(10/12/09)

Le gouvernement gabonais vient d’annoncer que « dès 2010 » plus aucune grume ne pourrait être exportée du Gabon sans avoir été transformée au préalable. Cette mesure a toutefois peu de chance d’être mise en place début 2010, compte tenu de l’état d’impréparation de l’industrie, mais elle pourrait l’être dans un proche avenir. L’objectif du gouvernement est « de créer davantage de richesse nécessaire à juguler le chômage des jeunes et des femmes et d’exporter des produits finis et semi-finis à forte valeur ajoutée » (L’Union, 6/11/2009). L’objectif est légitime mais la mesure est-elle appropriée ?

En effet,il existe toujours une certaine proportion, plus ou moins large, de grumes pour laquelle la transformation locale est moins rentable que l’exportation en l’état. Cette situation, paradoxale en apparence, découle d’une moindre efficacité des unités de transformation locale par rapport aux meilleures usines installées dans des pays étrangers.

Pour des raisons diverses – qualité de la main d’œuvre, performance des installations, proximité des marchés qui permet de valoriser et d’écouler de nombreux sous-produits… – la rentabilité de ces unités étrangères est meilleure et elles peuvent ainsi payer plus cher le bois en grumes que ne le peuvent les entreprises locales (et ce malgré les coûts d’expédition du bois brut à l’étranger). Cette situation se reflète souvent dans les prix relatifs : le prix FOB des grumes peut être relativement élevé par rapport au prix des produits transformés.

Ainsi au Gabon, un m3 de grume de qualité sciage se vendra autour de 160 € à l’exportation, tandis que ce même bois scié se vendra environ 350 € le m3. Mais comme il faut en moyenne 3 m3 de grumes pour faire 1 m3 de sciage, on voit immédiatement que transformer en bois scié les 3 m3 de grumes que l’on aurait pu exporter entraîne un coût d’opportunité puisque la valeur de la « matière première » excède celle du produit transformé, et ce sans même compter les coûts associés à la transformation ! La situation est plus contrastée en ce qui concerne le déroulage… lire la suite de l’article sur notre blog Bois tropicaux

Filières: 

Publicité

Votre publicité sur notre site

En savoir +