10 décembre 2011 - 00:00 |

La Chronique Matières du Jeudi

Les yeux rivés sur Bruxelles

(09/12/2011)

Cacao. Les cours du cacao demeurent à des niveaux au plus bas depuis trois ans, sur fond de morosité de l’ensemble des marchés financiers et de matières premières, alors que les récoltes cacaoyères coulent à flot en Afrique de l’Ouest. Les fonds d’investissement liquident et il y a encore du cacao invendu notamment en Côte d’Ivoire. Sur fond de crise et de pessimisme, le cacao pourrait encore perdre £ 100 la tonne, souligne un trader.

Café. Le marché des Arabica est demeuré relativement stable cette semaine, avec un dollar qui a perdu de sa force et face à la hausse des stocks certifiés.
Cette semaine, le Vietnam a tenu sa conférence annuelle du café, permettant aux acteurs de la filière de mieux cerner la situation de la nouvelle campagne. Suite à la révision des prévisions de récolte chez les deux principaux producteurs mondiaux, le Brésil et le Vietnam, la production mondiale de café devrait être en baisse de quelque 4% sur la campagne 2011/12 qui s’achève en septembre, tandis que la consommation pourrait se maintenir, et ce malgré la crise européenne. La production vietnamienne atteindrait 1,2 Mt en 2011/12, mais les exportations baisseraient en raison à la fois d’une baisse de production et d’une hausse de la consommation nationale. La production mondiale atteindrait 127,4 millions de sacs de 60 kilos (Ms) conte 133,2 Ms la campagne précédente, la production brésilienne devant baisser pour sa part de 10,3 Ms et le Vietnam de 5%. La récolte colombienne a aussi été révisée à la baisse, à 8,5 Ms, soit environ les mêmes volumes qu’en 2010/11, tandis que l’Indonésie produirait 8,75 Ms, en baisse de 4,2% par rapport à 2010/11.
Bien que l’on soit au début de la campagne, les offres sont rares et chères en différentiels, ce qui ne facilite pas le trading”, souligne un négociant. ”Les Vietnamiens ont pour l’instant la main forte et obtiennent leurs primes. Le prix traité en niveau bouge assez peu en réalité, mais en dehors des besoins à cours terme, peu d’affaires se font. Les acheteurs, très peu couverts, sont obligés d’acheter et payer le différentiel. La majorité des acteurs estime que cela tirera à la hausse les cours, pour pouvoir obtenir de meilleurs différentiels. Pour l’instant ils ont tort et ce genre d’analyse ne s’est jamais vérifié. Pour que le terme monte, il faudrait que les fonds jouent la hausse de nouveau, ce qui n’est pas à l’ordre du jour et risque de ne pas l’être de si tôt étant donné l’ambiance économique générale.
Sur le marché de l’Arabica, l’activité se réduit « de la main à la bouche ». Les stocks évoluent peu et même augmentent. ”Officiellement, la demande mondiale continue à croitre de 2 à 2.5 par an mais la faible croissance de l’économie brésilienne devrait inciter à la prudence”, prévient ce même trader.
Quant au Robusta, les achats ghanéens ont atteint 376 485 t du 14 octobre au 24 novembre, en hausse de 16,2 par rapport la même période la campagne précédente. Les arrivages au port de San Pedro en Côte d’Ivoire se sont élevés à 224 284 t au 4 décembre contre 194 840 t sur la même période en 2010.
La fin d’année devrait être calme et ce sont sans doute les marchés financiers qui donneront la tonalité générale du marché pour 2012.

Huile de palme. La remontée cette semaine des cours du pétrole a entrainé à la hausse l’huile de palme face à des perspectives renforcées d’utilisation en biocarburant et ce à un moment où les fortes pluies en régions de production réduisent les disponibilités mises sur le marché. Lundi, l’huile a touché son plus haut en deux semaines après les inondations dans certaines régions de Malaisie, le deuxième plus grand producteur au monde. Mais les marchés sont surtout attentifs à l’évolution des discussions à Bruxelles car on estime que la crise en Europe est en bonne partie à l’origine de la chute de 18% des prix de l’huile de palme depuis le début de l’année.

Riz. En novembre, les cours mondiaux ont reculé sur l’ensemble des marchés à l’exportation à l’exception de la Thaïlande où la nouvelle politique des prix internes et les graves inondations du mois d’octobre ont contribué à maintenir des prix assez élevés par rapport à ces principaux concurrents, souligne Patricio Mendez del Villar dans sa dernière note de conjoncture Osiriz. Ces derniers ont d’ailleurs abaissé de nouveau leurs prix creusant ainsi davantage l’écart avec la Thaïlande. Même les prix outre-Atlantique ont suivi la tendance asiatique et se retrouvent en dessous des prix thaïlandais.
Les cours mondiaux dans les mois à venir devraient s’orienter à la baisse en raison des excédents de l’offre d’exportation et du fléchissement annoncé du commerce mondial de riz en 2012. C’est la conséquence d’une production mondiale en progression et de stocks mondiaux qui sont au plus haut niveau depuis une décennie.
En Afrique, les importations de riz pourraient reprendre après deux années d’une relative stabilité de la demande d’importation. La production rizicole, et notamment dans les pays d’Afrique de l’Ouest, devrait stagner cette année à cause des pluies irrégulières.

Sucre. Les cours du sucre roux sur le marché à terme de New York se sont quelque peu raffermis jeudi suite à des opérations de couverture des investisseurs après la chute des cours la veille. La perspective de récoltes abondantes dans l’Union européenne mais aussi en Russie et en Ukraine limite toute velléité à la hausse. Quant au Brésil, numéro un mondial, les estimations de production ont été revues très légèrement à la baisse pour 2011/12, à 36,9 Mt contre 37,1 Mt précédemment, selon l’agence gouvernementale Conab. En effet, la production de canne à sucre est attendue à 571,5 Mt contre 589 Mt antérieurement : c’est la première fois en plus d’une décennie que le Brésil voit sa production baisser, et ce à cause essentiellement de conditions météorologiques adverses et du vieillissement des champs de canne à sucre qui entraine une baisse de rendements.

Thé. Le prix moyen du thé aux ventes aux enchères de Mombassa mardi est demeuré stable, à $ 2,95 le kilo, alors que l’offre a été plus abondante qu’au cours des précédentes ventes : 132 541 paquets ont été offerts (127 349 la semaine précédente) et 14,8% sont restés invendus. Les meilleurs BP1 se sont vendus à $ 3,60-2,30 contre $ 3,50-2,40 la semaine précédente et les meilleurs PF1 à $ 3,55-3,02 contre $ 3,88-3,18. Les acheteurs les plus actifs étaient d’Afghanistan, d’Egypte, du Soudan et du Pakistan.

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