11 janvier 2008 - 17:32 |

Le Rendez-vous Matières du Jeudi

Les investisseurs se ruent vers les matières premières

(11/01/08) C’est la ruée sur les matières premières ! A Londres aujourd’hui, vendredi 11 janvier, le Robusta a atteint à Londres son plus haut niveau en 9 ans et demi tandis que le cacao retrouvait ses pics d’il y a 4 ans… Même le sucre retrouve ses prix d’il y a 7 mois. Des softs qui suivent la montée en spirale des matières directrices comme le pétrole et l’or.
Que se passe-t-il ? Non seulement les fondamentaux sont bons avec une demande chinoise et indienne sans cesse croissante, des problèmes qui se dressent à l’horizon pour les productions avec le réchauffement climatique et une population mondiale qui croît, mais aussi les perspectives sur d’autres placements sont moroses. La crise des subprimes se fait bien sentir avec des liquidités restreintes pour les banques et de nombreuses entreprises. Le coût du crédit a grimpé et on prête moins. L’immobilier a chuté, les marchés financiers sont peu fiables. Bref, les fonds de pension et autres investisseurs assurent leurs arrières en diversifiant leurs placements. Ils préfèrent les obligations aux actions et se portent sur les matières premières. Alors certes, en moyenne, ce portefeuille matières ne représente encore que 5 à 6% de leurs placements, mais non seulement ceci représente déjà des sommes massives mais aussi cette part peut augmenter.

Café. Le Robusta sur l’échéance mars à Londres a gagné $ 300 la tonne depuis début décembre, touchant aujourd’hui $ 2 041 la tonne, son plus haut depuis mai 1998. Selon un rapport de Sucden UK émis ce matin, les fonds détiendraient 25% de l’offre mondiale de café. Et personne ne sait jusqu’où les prix iront d’autant plus qu’on assiste à un squeeze sur le marché. Côté producteurs, le Brésil et le Vietnam vendent lorsque bon leur semble. Le marché est complètement entre les mains des producteurs. Une situation d’autant plus étonnante qu’actuellement la récolte vietnamienne bat son plein et l’Inde amorce la sienne. Une situation qui, généralement, pèse sur les prix. Malheureusement, le Robusta africain n’est guère au rendez-vous.
En Côte d’Ivoire où la récolte est en cours, la faiblesse des pluies l’année dernière, entre décembre 2006 et mars 2007, devrait considérablement réduire la production cette année. 2008 ne ressemblera pas à 2007 lorsque la production avait fait un bond de 45%, avec des arrivages aux ports de 170 848 t. On devrait prochainement savoir quel sera le prix indicatif bord champ.
Le Burundi ne devrait produire que 8 000 t de café cette campagne , ce qui ne devrait lui rapporter que $ 18,6 millions, soit une chute de 68%.

Cacao. Il faut remonter à septembre 2003 pour retrouver les cours actuels du cacao à Londres. L’offre a gonflé car on est en pleine période de récolte en Afrique de l’Ouest mais elle est aussitôt absorbée par les fonds.
Aujourd’hui, en Côte d’Ivoire, le prix indicatif bord champ pour la période janvier-mars a été relevé à FCFA 500 le kilo par la BCC contre FCFA 450 au dernier trimestre 2007.
En Europe, les broyages au dernier trimestre ont augmenté de 2,9% par rapport à fin 2006, à 348 901 t, selon l’European Cocoa Association.

Coton. Les superficies consacrées au coton aux Etats-Unis devraient chuter de à 9 321–9 471 millions d’acres cette année, selon un sondage Reuters. Il faudrait, estime un cotonculteur, que les cours grimpent à 85 cents /lb pour réintéresser les agriculteurs américains à cette culture et la choisir par rapport à d’autres plus lucratives aujourd’hui.

Huile de palme. Sur le marché de Kuala Lumpur, l’huile de palme brute ne cesse de grimper. En effet, les inondations le mois dernier ont considérablement endommagé la production et les exportations sont en chute de plus de 30% en ce début d’année, à 310 000 t. La production a baissé de 15,4% en décembre, à 1 396 134 t. Depuis le 1er janvier, les prix ont gagné 8% ! Car face à cette faiblesse de l’offre, la demande notamment asiatique est forte. L’Inde a même annoncé réduire ses droits d’importation pour contenir l’inflation.

Maïs. Le Zimbabwe va acheter 400 000 t de maïs au Malawi cette année pour une valeur de $ 94 millions, selon le National Food Reserves Agency à Lilongwe. Le Malawi dégagerait cette année un excédent d’un million de tonnes de maïs par rapport à ses besoins globaux. Pourtant, selon le Programme alimentaire mondial, un million de personnes aurait besoin d’aide alimentaire au Malawi. Mais ce chiffre serait de 4 millions au Zimbabwe, selon le PAM.

Sucre. Le monde croule sous le sucre mais cela n’empêche pas un redressement spectaculaire de son cours à un plus haut de 7 mois, suivant en cela la tendance haussière générale des matières premières.

Thé. En 2007, les ventes aux enchères de thé au Kenya, à Mombassa, ont totalisé 344 300 t dont 262 300 t provenaient des plantations kényanes, selon les statistiques diffusées par Africa Tea Brokers aujourd’hui. Le reste est venu d’Ouganda, du Burundi, du Rwanda, de Tanzanie, de Madagascar, Malawi, RD Congo et du Mozambique. La production kényane a été de 350 000 t de thé noir en 2007. Un record.
Lipton, associé au producteur Unilever, a été le plus important acheteur avec 66 200 t. Il est suivi de James Finlay Mombasa avec 24 400 t. Les violences récentes ont obligé les ventes à Mombassa d’être retardées d’une journée la semaine dernière.

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