11 février 2011 - 00:00 |

La Chronique Matières du jeudi

Poivre, coton, huile de palme … se propulsent vers des sommets avec une offre étroite


(11/02/2011) 2011 devrait être encore une année record pour les commodities. Les investissements dans les commodities pourraient atteindre $420 milliards à la fin de 2011, selon une estimation de Barclays Capital. Déjà en 2010, ils avaient atteint un niveau record à $360 milliards, en hausse d’environ $90 milliards. _”Les principaux facteurs l’an an dernier ont été les métaux précieux et l’agriculture. Nous pensons que cette année, nous allons aller vers des secteurs plus cycliques, comme l’énergie et des métaux de base »_estime Sabine Schels de Merrill Lych Bank of America.
Cette semaine du poivre au caoutchouc en passant par l’huile de palme et le coton tous les marchés atteignent des records avec des fondamentaux haussiers, une offre rétrécie et une demande toujours soutenue. En tête le coton, mais l’on observe aussi une reprise des bois tropicaux.

BOIS Regain d’optimisme sur le marché du bois en Afrique de l’Ouest et centrale. Du côté des grumes, et en dépit d’une faible demande européenne, les producteurs sortent de leur morosité avec une demande soutenue en provenance de Chine et d’Inde et s’attendent à un commerce actif au premier trimestre 2011, souligne l’ITTO. La décision du Cameroun d’imposer à nouveau des quotas à l’exportation de grumes couplée à l’interdiction du Gabon contribuent à la stabilité du marché.
Des différences sont constatées en termes d’espèces et de prix. Ainsi, les prix de l’Okoumé progressent tandis que les grumes de Sapeli et de Sipo sont attendues en baisse. Les grumes de Bubinga ont grimpé avec une hausse de la demande pour des grands diamètres sur les marchés chinois et indien. La demande d’exportation pour les grumes d’Iroko est aussi bonne, poussant les prix vers le haut avec une même tendance pour les sciages.
Les perspectives pour les exportations de sciages d’Afrique de l’Ouest et centrale sont d’ailleurs globalement positives. Les scieries auraient leur carnet de commandes rempli pour des livraisons jusqu’à la fin du premier trimestre et des demandes ont déjà été reçues pour les mois suivants.
La demande en sciages d’Iroko continue d’être soutenue, avec les prix en augmentation modérée. Les prix des sciages Okoumé ont fortement rebondi après le ralentissement observé au quatrième trimestre 2010 où les ventes ont chuté en dessous des prévisions conduisant certaines scieries à abandonner l’Okoumé pour se détourner vers des espèces plus rémunératrices. Dans l’ensemble, les premiers choix bénéficient de prix plus élevés, et qui se sont maintenus, à l’exception du Sapelli et du Sipo.

CACAO Pour la première fois depuis le 28 janvier, le marché est inversé avec une prime sur le contrat de mars par rapport à celui de mai indiquant des problèmes d’approvisionnement. Jeudi les cours gagnaient $90 pour le contrat de mai à $ 3 373 la tonne à New York et £42 à £ 2 176 la tonne à Londres. Les analystes craignent une extension de l’interdiction d’exporter des fèves de cacao de Côte d’Ivoire au-delà de la fin février.
Les arrivées des fèves dans les ports de Côte-d’Ivoire ont commencé à diminuer avec l’approche de la fin de la campagne principale. Environ 15 000 tonnes de fèves sont arrivées dans les ports entre le 31 janvier et 6 février, en baisse par rapport aux 34 776 tonnes reçues sur la même période en 2010. Cependant, cette baisse est en grande partie consécutive à la chute de la production.
Pour l’instant, sur l’ensemble de la campagne, la récolte est abondante, en hausse de 100 000 tonnes. Néanmoins, l’assèchement du crédit bancaire et l’interdiction des exportations décrétée par Alassane Ouatara, et jusqu’à présent semble respectée, si elle est prolongée devrait impacter le marché. ”Cela va être une catastrophe financière pour tout le monde. Nous avons des millions de dollars ici juste en sommeil.” a déclaré un exportateur de San Pedro. Les arrivées dans les ports ont atteint environ 919 000 tonnes au 6 février, contre 816 831 tonnes durant la même période en 2010, mais elles n’ont pas été, depuis deux semaines, enregistrées pour l’exportation. En outre, le manque de liquidités financières compromet les opérations d’achat. Une situation qui profite au Ghana.
Au Nigeria, le prolongement de la saison des pluies entrave les exportations de cacao. Les embarquements de cacao ont chuté de 4,58% à 43 582 tonnes depuis le démarrage de la campagne (octobre-novembre) par rapport à la même période en 2009.

CAFE L’Arabica est toujours bouillonnant, touchant des plus haut de plus de 13 ans avec en toile de fond le resserrement de l’offre pour les fèves de haute qualité. Il a cloturé à $ 2,5785 la livre pour le contrat de mai.
L’International coffee organization (ICO) a revu à la hausse ses estimations de production mondiale à 134,8 millions de sacs en 2010/11, soit 9,5% de plus qu’en 2009/10. Une correction causée par la révision à la hausse de la production vietnamienne à 18,43 millions de sacs. Pour 2011/12, l’ICO prévoit une production de 41,9 à 44,7 millions de sacs pour le premier producteur mondial, le Brésil
La production au Kenya a chuté de 26,6% à 42 096 tonnes sur la campagne 2009/10 (septembre-octobre) mais les prix ont bondi de 53% à $236,69 le sac de 50 kilos. Les ventes aux enchères ont atteint 36 197 tonnes en 2009/2010, contre 51 881 tonnes en 2008/09, selon la Kenya Coffee Traders Association. Lors des dernières ventes aux enchères, cette semaine, un lot de café grade AA a atteint un record $1022 le sac de 50 kilos. Le prix moyen est de $506,62.
L’Ougandane devrait exporter que 185 000 sacs de 60 kilos en février, en baisse par rapport aux 264 373 sacs en février 2010, en raison d’une baisse des rendements provoqués par des conditions météorologiques défavorables. Les exportations en janvier avaient déjà reculé de 18,6% à 215 180 sacs, selon l’UCDA.

CAOUTCHOUC Les cours du caoutchouc ont enregistré jeudi un nouveau record à 513,9 yens le kilo, en hausse de 9,9 yens. Les cours du pétrole toujours au-dessus de $100 le baril, soutenus par la situation en Egypte ainsi que sur le marché de Londres par la faiblesse du dollar, et une demande toujours forte face à un rétrécissement de l’offre dans les pays producteurs, portent le marché. La décision prise par la Chine mardi de limiter l’inflation en augmentant ses taux d’intérêt pour la seconde fois sur les six dernières semaines ne semble pas pour l’instant avoir d’impact sur le marché.

COTON La question qui se pose est quand le coton atteindra les $2 la livre et non s’il l’atteindra, estiment de nombreux analystes. Il ne cesse depuis la mi-janvier de s’apprécier, gagnant près de 30%, et 12% sur cette seule semaine. Jeudi, il clôturait à $1,8758 la livre. Toujours ce même sentiment de panique des acheteurs face à une offre réduite à une peau de chagrin. Un sentiment renforcé cette semaine avec le quasi-épuisement de l’offre américaine, où plus de 95% de la récolte de 18,32 millions de balles serait vendu. En outre, le rapport de USDA confirmait mercredi l’étroitesse de l’offre et la croissance stable de la demande chinoise.
Le National Cotton Council of America a estimé le 5 février que les superficies américaines en coton en 2011 se situeraient entre 12,48 et 12,53 millions d’acres, soit environ 15% de plus qu’en 2010. Mais l’enquête réalisée par le NCC a été faite avant le rally du coton ce qui pourrait laisser à penser que les superficies pourraient être plus importantes. En Chine, la Chinese Academy of Agricultural Sciences estime que la superficie en coton devrait progresser de 4,1% en 2011 à 5,17 millions d’hectares. Un chiffre en dessous de la China Cotton Association qui anticipe 5,64 millions ha et de celui du ministère de l’Agriculture (5,33 millions ha).

HUILE DE PALME Les cours de palme ont atteint jeudi leur niveau de mars 2008 à 3 967 ringgits ($1306) la tonne sur la Bursa Malaysia Derivatives Exchange. Les nouvelles de l’industrie ont confirmé un rétrécissement des approvisionnements en huile végétale au moment où la demande reprend. Les exportations de Malaisie ont bondi de 40% du 1er au 10 février par rapport à la même période en janvier. Le Malaysain Palm Oil Board a indiqué que les stocks d’huile de palme sont tombés en janvier à un plus bas de six mois, les inondations et fortes pluies ayant réduit la production. Et ce mouvement pourrait s’accentuer avec la reprise des achats en Chine après le nouvel an chinois. Dans la foulée, le rapport du département américain de l’Agriculture (USDA) montre aussi que les stocks d’huile de soja sont serrés et anticipe une moindre récolte de soja en Argentine que prévue en raison d’une vague de sécheresse. Le marché pourrait néanmoins être vulnérable à des prises de bénéfices.
Daud Dharsono, PDG de Smart, estimait mercredi que les cours de l’huile de palme devraient demeurer logiquement élevés en 2011 avec une diminution de l’offre face à une demande toujours là. ”Le temps est trop humide .. Depuis septembre 2009 … le niveau des pluies est très élevé » De janvier à septembre 2010, la production de Smart a reculé de 5,6% à 436 000 tonnes. Daud Dharsono estime que le marché pourrait être en déficit en 2011.

THE Les prix du thé à la vente aux enchères au Kenya sont restés stables cette semaine avec une amélioration de la demande en provenance d’Egypte, le principal acheteur des thés d’Afrique de l’Est. En 2010, l’Egypte avait acheté 93 millions de kilos, soit 21% du thé kenyan. La semaine dernière, 43% du thé offert n’avait pas trouvé acheteur, avec l’absence de l’Egypte. Cette semaine, ce taux est descendu à 24,92%.
En revanche, l’offre de faible qualité a fait chuté les cours au Bangladesh de 3,57% à 183,86 takas ($2,58) le kilo.

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