11 février 2014 - 09:23 |

Noix de cajou: le torchon brûle entre la Côte d'Ivoire et le Ghana

Le Vietnam, de son côté, consolide sa position de leader mondial

(11/02/2014)

Le coût élevé des frais de transport entre les zones de production en Côte d’Ivoire et le port d’Abidjan incite les producteurs ivoiriens à vendre d’importants volumes, frauduleusement, au Ghana, rapporte l’agence de presse chinoise Xinhua. ”Le paysan qui achemine sa production vers le port d’Abidjan dépense FCFA 600 000 au titre du transport contre 150 000 francs pour le paysan qui vend sa production au Ghana où le kilo de noix de cajou varie entre FCFA 400 et 500 contre FCFA 250 à 350 à Abidjan”, a affirmé un spécialiste de la noix de cajou,rapporte koaci.com. Pour la campagne 2013, le prix bord champ en Côte d’Ivoire avait été fixé à FCFA 200 le kilo.

Face à ce problème, le Conseil du coton et de l’anacarde a décidé de sillonner le pays pour une opération de sensibilisation des producteurs. Il est estimé qu’en 2012, 100 000 t, soit le quart de la production nationale aurait quitté frauduleusement la Côte d’Ivoire vers le Ghana.

Une situation aux enjeux majeurs, notamment sur le Ghana. ”Avec l’approche du démarrage de la campagne anacarde, les transformateurs et acheteurs qui importent les noix brutes de Côte d’Ivoire déclarent avoir des difficultés suite à la mesure d’interdiction de flux de marchandises par les frontières terrestres prise par les autorités ivoiriennes”, peut-on lire sur vinacas.com.vn qui a repris l’information de spyghana.com.

Dorénavant, ces flux de noix brutes de Côte d’Ivoire ne peuvent parvenir au Ghana que par voie maritime ce qui renchérit le prix et inquiète l’industrie de transformation au Ghana. La Ghana Cashew Industry Association fait pression sur le gouvernement d’Accra afin qu’il négocie avec son homologue ivoirien pour qu’au moins 100 000 t soient exportées par voie terrestre de Côte d’Ivoire.

Rappelons que le Ghana ne produit que quelque 50 000 t de noix par an mais exporte (brutes ou transformées) 150 000 à 200 000 t par an. La capacité de transformation des 12 usines, toutes situées dans la région de Brong Ahafo, est de 27 000 t, à laquelle il faut ajouter les 35 000 t qui proviendront de l’usine brésilienne qui devrait voir le jour l’année prochaine, rappelle ghanaweb.com. Le Ghana est donc très dépendant des importations de noix brutes de Côte d’Ivoire, mais aussi du Burkina et du Togo voisins.

Ailleurs dans le monde, pour la 8ème année consécutive, le Vietnam est toujours premier sur le podium des exportateurs mondiaux et renforcerait sa position avec une hausse de 15,8% de ses exportations en 2013, à 257 000 t, a rapporté vendredi dernier l’Association vietnamienne des noix de cajou (Vinacas). Ceci a généré $ 1,63 milliard (+9,7%), ces recettes atteignant $ 2 milliards si on inclut les produits dérivés de la noix, telle que l’huile de coque de l’anacarde, etc.

Quelque 33% de ces exportations sont allées à destination des Etats-Unis, 17,7% vers la Chine et 10% vers les Pays-Bas.

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