11 avril 2014 - 00:00 |

La Chronique Matières du Jeudi

Nouvelle flambée de l’Arabica

(10/04/2014) Les fonds de matières premières (agriculture, énergie, métaux) auraient nettement amélioré leurs performances au premier trimestre par rapport à 2013. Parmi ceux-ci, le Lipper Global Commodity a pris 4% alors qu’il avait perdu 9,98% sur 2013. Des ruptures d’approvisionnement de certaines matières premières ont été de bons stimulateurs. Mais certains gestionnaires de fonds entrevoient un renversement de tendance au deuxième trimestre, certains produits étant considérées maintenant comme surévaluées. Ceci dit, le facteur météorologique El Nino semblerait se confirmer.
L’indice agricole Standard & Poor’s GSCI a terminé le trimestre en hausse de 15,91%, les céréales ayant grimpé de 16,12%, le bétail de 15,1% et les produits agricoles de 15,34%.

BOIS. L’offre locale étant insuffisante, l’Inde a recours de façon croissante aux importations de bois pour assouvir sa demande intérieure, souligne l’Organisation internationale des bois tropicaux (OIBT). Une dépendance croissante à l’égard d’importations qui ont atteint 6 millions de m3 en 2013, selon le National Research Centre for Agro Forestry (NCRA) indien, ce qui est source d’inquiétudes.
S’agissant des importations de teck de plantations d’Afrique, les prix C&F rendus ports indiens par mètre cube se situent dans les fourchettes suivantes: en sciages de Tanzanie, de $ 350 à 885 et du Bénin, de $ 435 à 800. Quant aux grumes, de Côte d’Ivoire $ 390-750, du Nigeria $ 370-450, du Ghana $ 375-650, du Bénin $ 340-650, du Cameroun $ 390-510 et du Togo $ 380-715.
Quant à la Chine, ses importations de grumes en 2013 ont totalisé 45,16 millions de m3 pour une valeur de $ 9,317 milliards, en hausse respectivement de 19% et 28% par rapport à 2012, souligne l’OIBT. Le prix moyen de ces grumes importées s’est établi à $ 206 /m3.
Toutefois, 73% de ce volume était composé de grumes de conifères, 23% de plus qu’en 2012. A noter, dans ce domaine, que la Nouvelle Zélande a remplacé la Russie comme premier fournisseur de la Chine.
Quant aux bois durs, les importations de grumes se sont établies à 12,23 millions de m3, en hausse de 9%. Les importations de grumes tropicales ont augmenté de 7%, à 9,33 millions m3, leur valeur faisant un bond de 22%, à $ 3,571 milliards.
Aucun pays africain ne figure parmi les 10 premiers fournisseurs de grumes en Chine. Il en est de même des sciages pour lesquels la Russie détient le 1er rang (29%), suivi du Canada (28% ) et des Etats-Unis (11%).

CACAO. Les marchés à terme du cacao ont témoigné de leur déception face aux chiffres de broyages européens du premier trimestre, enregistrant la baisse la plus importante des prix en trois semaines et terminant à Londres à $ 2 970 la tonne.
En effet, les broyages de fèves en Europe au premier trimestre ont été globalement similaires à ceux de l’année dernière à la même période, a annoncé hier l’Association européenne du cacao. Ils ont été en hausse de 0,4% seulement, à 340 735 t. Un résultat décevant, certains du négoce s’attendant à une progression de 3%. Rappelons que selon l’Organisation internationale du cacao (ICCO), les broyages sur l’ensemble de la campagne 2013/14, qui s’achèvera fin septembre, devraient augmenter d’environ 2,5%.
En Allemagne, les broyages ont augmenté de 1,3%, à 99 316 t, selon l’association des confiseurs BDSI.
Ceci dit, ces chiffres témoignent aussi de la réalité: des broyages en volumes croissants sont effectués maintenant dans les pays d’origine avec, notamment, une forte hausse des capacités industrielles en Afrique de l’ouest, rappelle Justin Grandison, directeur du courtage en cacao à ABN Amro Clearing Bank.
Côté production, au 27 mars, les achats au Ghana ont atteint 686265 t depuis le démarrage de la campagne 2013/14, le 18 octobre, enregistrant ainsi une hausse de 18% par rapport à la même période la campagne dernière. En Côte d’Ivoire, les arrivages au 6 avril ont totalisé 1 179 000 t depuis le début de campagne, le 2 octobre, contre 1 087 000 t sur la même période en 2012/13.
En Indonésie, le malaise est palpable. La production devrait chuter à son plus faible niveau en une décennie, avec 410 000 t attendues cette campagne 2013/14, alors que les investissements d’importants acteurs comme Cargill, Barry Calebault, JB Cocoa ou encore PT Bumitangerang Mesindotama, ont porté à 600 000 t les capacités locales de broyages. D’où le besoin pour ces entreprises d’importer des fèves. Ces achats sur le marché mondial devraient bondir de 300%, à 150 000 t, certains parmi les industriels et les responsables gouvernementaux souhaitant éliminer les 5% de droits d’importation sur les fèves afin de faciliter ces flux. Revers de la médaille, ceci pourrait décourager les cacaoculteurs indonésiens qui pourraient préférer se tourner vers d’autres cultures, alimentant ainsi la crainte d’une insuffisance mondiale de fèves. Selon un acheteur majeur asiatique, importer des fèves de Côte d’Ivoire ou du Ghana conduiraient à réduire de 10% les coûts car ce cacao est d’une qualité supérieure, avec moins de défauts que l’indonésien. Une décision quant au maintien ou non des droits d’importation qui ne devrait intervenir de si tôt, les élections présidentielles devant se tenir en juillet en Indonésie.
Quant à la Russie, elle a importé 11 000 t de fèves en janvier et février contre 8 000 début 2013.

CAFE. C’est reparti pour un pic des prix de l’Arabica, celui-ci touchant jeudi un plus haut en deux ans, depuis février 2012, à $ 2,0780 cents la livre, sur le marché à terme de New York. C’est toujours la sécheresse qui a sévi au Brésil en janvier et février, et la perspective du retour à un temps très sec qui sont à l’origine de cette flambée et, selon certains analystes, l’impact ne se ferait pas ressentir uniquement cette campagne mais également l’année prochaine.
Ceci dit, l’association de l’industrie caféière Abic rappelle que le Brésil dispose de stocks suffisamment abondants pour satisfaire la demande internationale ainsi que celle sur son propre marché cette année. Abic estime à 47 millions de sacs de 60 kilos cette campagne, tandis que le Conseil national du café l’avait estimée la semaine dernière, à 43,3 Ms. L’année dernière, le pays avait produit 49,2 Ms.
En mars, le Brésil aurait exporté 2,456 Ms de café vert, en hausse de 9% par rapport à mars 2013, selon le Conseil des exportateurs de café vert (Cecafe). Le Conseil estime, pour sa part, que malgré l’impact de la sécheresse, le pays exportera 6% de plus cette campagne que la dernière à cause de stocks abondants.
Au Kenya, aux ventes aux enchères sur le Nairobi Coffee Exchange (NCE), le prix le plus élevé a atteint $ 389 le sac de 50 kg contre $ 385 la semaine précédente. Le Grade AA s’est vendu entre $ 191 et $ 389 le sac contre $ 196-385 une semaine avant, tandis que le grade AB cotait $ 190-322 contre $ 96-291. Sur un total de 23 037 sacs mis en vente, 12 945 ont trouvé preneurs, contre 23 780 et 8 943 sacs respectivement aux ventes précédentes.

CAOUTCHOUC La publication des statistiques du commerce chinois, soulignant un ralentissement du premier acheteur mondial de caoutchouc, a fait plongé jeudi les cours, qui ont perdu plus de 2% clôturant à 215,7 yens ($2,12) le kilo pour le contrat de septembre.
Le Vietnam récolte les fruits de sa politique d’expansion avec la multiplication les plantations de caoutchouc dans les pays voisins. Il est devenu le troisième producteur mondial de caoutchouc. Cette année, la production pourrait être proche de 1 million de tonne, soit en 7 ans une augmentation de 60%. A la fin de l’année, les paysans vont saigner les arbres de nouvelles plantations mais dans un contexte mondial de surplus de l’offre avec une capacité de stockage limité, ce qui pourrait entraîner une guerre des prix dans un marché au plus bas depuis plusieurs années. Et le mouvement devrait ce poursuivre, la production vietnamienne pourrait encore augmenter de 50% d’ici la fin de la décennie. ”Au cours des cinq prochaines années (le Vietnam) peut se déplacer jusqu’à 1,5 million de tonnes. Les arbres sont déjà en train de mûrir. Vous ne pouvez pas demander aux agriculteurs de ne pas les saigner une fois qu’ils arrivent à maturité”, déclare Stephen Evans, secrétaire général de l’International Rubber Study Group.
Les importations de caoutchouc naturel en Inde ont bondi de 49,3% à un record de 324 467 tonnes sur l’année qui s’est terminée le 31 mars par rapport à l’année dernière (avril-mars 2012/13), la mousson excessive ayant heurtée la production, indique le Rubber Board. La production a chuté de 7,6% à 844 000 tonnes, la mousson ayant perturbé la saignée des arbres dans l’Etat du Kerala entre juillet et septembre. De son côté, la consommation a légèrement progressé à 977 400 tonnes contre 972 705 tonnes l’année précédente. Pour l’année en cours (avril-mars 2014/15), elle devrait progresser pour atteindre un record de 1 million de tonnes avec l’amélioration de la demande de l’industrie du pneumatique.

COTON Dans son rapport mensuel, le département américain de l’Agriculture (USDA) a réduit les stocks de 200 000 balles à 2,5 millions de balles soit le plus bas niveau depuis 1990/91. Une situation qui soutient depuis plusieurs semaines le marché du coton alors même qu’il est inondé de coton. Quant à la Chine, autre support du marché, ses importations pourraient chuter moins qu’anticipé l’année prochaine depuis l’annonce de la fin de son généreux programme. Le bureau de l’USDA à Pékin estime qu’elles devraient se situer à 8,27 millions de balles en 2014/15, soit en dessous des prévisions de cette campagne qui prend fin en juillet (11,02 millions de balles) mais au dessus de 8 millions de balles anticipées en février 2014. La raison une baisse plus importante de la production chinoise, qui pourrait se situer en dessous des 30 millions de balles pour la première fois en 9 ans. «Sans les subventions du gouvernement, les agriculteurs des régions de production du Yangtsé et du Yellow River devraient se tourner vers d’autres cultures, diminuant ainsi la superficie nationale de coton et donc la la production ” indique le rapport. En outre, le rapport pointe une moindre utilisation du coton en Chine soulignant les coûts croissants de l’industrie, notamment les salaires, et la concurrence plus vive des fibres alternatives, comme les synthétiques. Néanmoins, les importations chinoises seront soutenues par des prix intérieurs relativement élevés. ” Les experts estiment que tant que l’écart de prix entre les marchés nationaux et internationaux reste environ 5 000 yuans la tonne, les acheteurs de coton chinois continueront à payer les droits et à importer du coton en dehors du contingent tarifaire pour répondre aux besoins en termes de grades et qualité de coton . ” Si le gouvernement chinois a abaissé la semaine dernière le prix du coton de ses réserves de 750 yuans, il demeure au dessus du prix international.

HUILE DE PALME Le marché a été surpris par l’annonce du Malaysian Palm Oil Board qui a relevé de 1,7% le niveau des stocks d’huile végétale à 1,69 millions de tonnes pour le mois de mars, les négociants anticipant une baisse des stocks. Cette hausse reflète le boom de la production qui a progressé de 17,3%, soit deux fois plus qu’anticipé par ces mêmes négociants. Des éléments peu favorables pour les cours auxquels il faut ajouter la baisse du soja à Chicago. Et ce en dépit d’un rapport du Département américain de l’Agriculture (USDA) plutôt favorable au soja avec une réduction des stocks nationaux à 135 millions de boisseaux à la fin de 2013/14. En outre, la demande des grands acheteurs a été moindre en mars, la Malaise n’a exporté que 1,24 millions de tonnes, soit 8% de moins qu’en février. Toutefois, les ventes sur le marché domestique ont été soutenue, environ 240 000 tonnes sur le mois de mars. Les prix de l’huile de palme ont perdu 6% en mars.
Les opérateurs sont néanmoins optimistes sur une reprise de la demande en avril, les acheteurs vont commencer à reconstituer leur stock en prévision du Ramadan à la fin du mois de juin.

RIZ Une offre abondante et une demande faible ont plombé les cours du riz, les acheteurs restant à l’écart en dépit de la chute des prix. En Thaïlande, les agriculteurs sont en pleine récolte du riz tandis que le gouvernement est pressé de vendre ses stocks pléthoriques. A l’exception de quelques acheteurs africains pour du riz étuvé en petit lots à $ 415 la tonne, la demande est faible. «Les acheteurs savent qu’ils n’ont pas à se précipiter pour acheter. » indique un négociant basé à Bangkok ; et achètent donc au compte goutte.
Au Vietnam, les prix sont aussi en recul, les acheteurs étaient absents tandis que les stocks se sont accumulés en raison des mesures de répression sur les camions surchargés. L’offre est aussi en hausse au Vietnam, la récolte hiver-printemps dans le Delta du Mekong étant réalisée à environ 70% selon la Vietnam Food Association. La récolte devrait fournir environ 11 millions de tonnes de riz paddy, soit plus de 5 millions de tonnes de riz non décortiqué.

SUCRE. Le sucre blanc a terminé la semaine en baisse sur le marché à terme de Londres tandis que le roux à New York gagnait quelques points. Pour la septième séance consécutive de marché, les échanges ont été serrés et incertains car si la sécheresse au Brésil a impacté la récolte de canne, la demande demeure faible car les stocks sont élevés.
En outre, l’agence gouvernementale brésilienne Conab a annoncé aujourd’hui que la principale région de production, la région centre-sud, produirait près de 2% de plus de canne que l’année dernière en raison d’une augmentation des superficies cultivées. Une déclaration qui vient à contrecourant des craintes actuelles de baisses de nombreuses productions agricoles brésiliennes du fait de la sécheresse en janvier et février, qui pourrait d’ailleurs persister.
Dans sa première estimation pour cette campagne, Conab estime que les broyages dans cette région s’élèveraient à 613 Mt en 2014/15 (avril/mars) ce qui donnera 35,9 Mt de sucre et 26,3 milliards de litres d’éthanol. Des prévisions gouvernementales qui sont traditionnellement plus optimistes que celles du secteur privée, rappelle Juklio Borges, analyste chez Job Economia.
Ceci dit, le marché ne se résume pas à la météo! Selon certains traders interrogés par Reuters, avec pour toile de fond des excédents mondiaux importants en sucre, la demande ne devrait guère progresser. A moins que les prix ne baissent de façon conséquente, à 15-16 cents la livre contre plus de 17 cents actuellement, et conduisent la Chine à dynamiser ses importations.
Bref, le marché mondial du sucre devrait être plutôt à l’équilibre sur la campagne 2014/15, voire légèrement excédentaire, estime Benoît Boisieux , analyste sucre chez Louis Dreyfus. Pour sa part, l’Organisation internationale du sucre estime que l’excédent en 2014/15 sera légèrement en-deçà des 4,2 Mt de surplus anticipé pour 2013/14.
Regardant plus loin encore, mais sur le marché de l’Union européenne maintenant, la fin des quotas sucriers en 2017 pourrait voir la région devenir un exportateur net de sucre alors qu’elle est un importateur net actuellement, selon Ajay Chaudhary de chez Bunge.

THé Les prix des thés ont progressé cette semaine à la vente aux enchères de Mombasa, le prix le plus élevé se situant $ 3,16 le kilo contre $ 3,00 la semaine dernière. Les Best Broken Pekoes Ones se sont négociés à $2,57-3,16 contre $2,45-$3 le kilo, et les Best Brighter Pekoe Fannings Ones à $2,30-2,62 contre $2,15-2,60 contre le kilo. L’Afghanistan, le Pakistan, le Yémen, la Grande-Bretagne, le Kazakhstan et les autres pays du Moyen-Orient ont acheté plus de thé que la semaine dernière. Sur les 117 489 paquets offerts à la vente, 7,54% n’a pas trouvé preneur contre 16,7% sur les 130 808 mis en vente la semaine dernière.
Lors de la cinquième édition du Global Dubaï Tea Forum 2014, le président du Dubai Multi Commodities Centre (DMCC), Ahmad Bin Sulayem, a indiqué que le volume du thé géré par le centre du thé du DMCCC et transitant par Dubaï avait progressé de 29% s’établissant à 120 000 tonnes en 2013. ”Le thé arrive à Dubai en vrac, pour être ensuite être mélangé et emballé et réexporté . L’un de nos objectifs stratégiques est la diversification de nos gammes de produits pour inclure des thés de spécialité et améliorer encore nos installations et services à la disposition de nos clients ”, a déclaré Sanjeev Dutta , directeur du Centre de thé DMCC, dans un communiqué.

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