11 avril 2015 - 00:00 |
à Abidjan

La Côte d'Ivoire lance son 3ème plan palmier à huile

Le 3ème Plan palmier à huile 2015-2025 devrait être lancé aujourd'hui, week-end de clôture du Salon international de l'agriculture (Sara) à Abidjan. La Côte d'Ivoire ambitionne non seulement de redynamiser sa filière mais aussi de développer ses exportations vers le reste de la sous-région, notamment vers le Burkina Faso, le Mali, le Niger et "même le Sénégal", souligne Brou Ahissi, un ancien de Palmindustrie devenu aujourd'hui planteur indépendant.

La production actuelle avoisine les 450 000 tonnes (t) d'huile, la consommation nationale étant de 300 000 t. Les superficies se décomposent en 75 000 hectares (ha) de plantations industrielles et de 180 000 t de plantations villageoises. "A l'époque, on avait créé 12 pôles de développement et, autour de ces pôles, chaque village dans un rayon de 30 km avaient ses propres plantations et une usine", explique Brou Ahissi.

A la clé de ce 3ème Plan palmier à huile, 200 000 ha à replanter et planter sur 10 ans à raison de 20 000 ha par an dans 8 nouvelles régions, avec pour cibles de bénéficiaires les jeunes et les femmes. En partenariat avec des opérateurs privés, des huileries de tailles variables seront implantées. Elles seraient d'une capacité de 5 à 10 tonnes/heure, certaines aussi petites que de 2 t/h avec pour avantage un coût peu élevé.

Où pourra-t-on prendre aujourd'hui 115 000 ha pour de nouvelles plantations?  "On pensait qu'il était difficile d'exploiter les bas-fonds mais l'expérience de la SOGB montre qu'on peut atteindre des rendements record de l'ordre de 22 t/ha", souligne l'ancien de Palmindustrie. Des bas-fonds qui doivent, cependant, être drainés pour être exploitables.

Autre nouveauté, l'alliance du palmier à huile avec d'autres cultures comme le maïs, le riz et autres cultures dont les cacaoyers ou caféiers. Ceci permettrait de faire face à la pression du foncier et réduit le déficit traditionnel en produits vivriers des zones de production du palmier à huile, du moins sur les premières années, avant que le palmier ne prenne trop d'envergure physique, soit ses 5 à 6 premières années.

Quant à la commercialisation des produits, un contrat de partenariat devrait être conclu entre le producteur et les usines privées : le planteur étant aidé à démarrer sa plantation, il devra livrer sa production aux usines, l'usinier prélevant alors une part de la production pour rembourser la dette de mise en culture.  

 

Les grandes données du 3ème plan palmier

Création de 200 000 ha de plantations villageoises de palmier à huile en 10 ans, dont :

  > 41 500 ha de replantations,

  > 43 500 ha de parcelles en extension

  > 115 000 ha de nouvelles plantations

- Trois grandes zones d'intervention :

  > les anciennes zones de culture : régions du Sud Comoé, de Lôh-Djiboua, de San Pedro, de Nawa, de Gbôklé et le distric des lagumes

  > les zones d'introduction récente : le district des Lacs

  > les nouvelles zones : régions de la Marahoué, des Montagnes, du Cavally, du Goh, de l'Indénié djuablin, de l'Agnéby-Tiassa, du Bélier et du Haut Sassandra.

- L'installation de 9 huileries à capacité modulable

- L'encadrement des planteurs, le désenclavement des zones de production et le renforcement du cadre institutionnel et réglementaire.

Coût total du plan :  FCFA 323 milliards

 

 

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