11 mai 2011 - 10:30 |

Hausse des exportations de blé français

L’Algérie, premier client, suivie de l’Egypte


(11/05/2011) La France a exporté en mars 2,2 millions de tonnes (Mt) de blé tendre vers ses partenaires de l’Union européenne et sur le marché mondial ce qui porte à 15,2 Mt le total exporté durant les neuf premiers mois de la campagne, selon des chiffres publiés hier par les Douanes. Comparé à la précédente campagne (juillet/juin) à la même période, les exportations de blé tendre progressent de 24%. La qualité du blé tendre français est très recherchée sur le marché mondial cette saison en l’absence notamment des pays de la mer Noire après une sécheresse historique en Russie mais aussi en raison des révoltes sociales des pays arabes.
Sur les 15,2 Mt, les expéditions vers l’Union sont en retrait de 4% comparé à l’an dernier à 4,9 Mt tandis que celles vers les pays tiers progressent de 44%, à 10,2 Mt. L’Algérie est la première destination du blé tendre français avec 2,8 Mt exportées au 1er avril, en hausse de 15% comparé à l’an dernier à la même époque, suivie par l’Egypte à 2,3 Mt, un bond de 71% par rapport au 1er avril 2010.
Les exportations totales d’orge s’inscrivent de leur côté en hausse de 13% à un total de 4,1 Mt, dont un peu plus d’un million de tonnes vers les pays tiers. Pour le maïs, le total des exportations recule de 29% à 3,8 Mt au 1er avril.

La sécheresse en Europe affecte le potentiel de production

La sécheresse qui sévit en Europe de l’Ouest affecte le potentiel des principaux pays producteurs de blé tendre que sont la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni mais l’arrivée de pluies peut encore sauver en partie les récoltes, ont estimé le 10 mai des analystes.
En France, premier producteur européen de blé tendre, la baisse du rendement moyen se confirme mais la situation est contrastée et encore difficile à évaluer entre les terres légères du sud de la Loire, déjà fortement pénalisées, et celles, plus profondes, du nord, ont souligné les sources. ”Nous savons que nous n’aurons pas les rendements de l’an dernier”, a indiqué à Reuters Philippe Gate, directeur scientifique de l’Institut technique Arvalis. ”Il y aura un impact négatif sur le volume de la récolte d’au moins 5%”, a-t-il estimé, en ajoutant que la réduction pourrait augmenter si la sécheresse persistait dans les semaines à venir.
L’an dernier, la France avait engrangé une récolte de 35,7 millions de tonnes de blé et un recul de 5% pour la campagne 2011-2012 conduirait à la plus faible récolte depuis 2007-2008, une campagne également marquée par la sécheresse.
La société de conseil Offre et Demande Agricole (ODA), qui effectue un suivi hebdomadaire des cultures, tient pour sa part encore compte d’un possible rattrapage en cas de pluies au moment du remplissage des grains dans les deux à trois semaines.
ODA a néanmoins réduit sa prévision de 600.000 tonnes par rapport à la fin du mois dernier, à 35,9 millions de tonnes, sur la base d’un rendement moyen inférieur à la moyenne quinquennale de 7,0 tonnes à l’hectare avec des surfaces légèrement supérieures à cinq millions d’hectares.
En Allemagne, deuxième producteur européen de blé tendre, le potentiel de rendement pourrait être affecté par la faible pluviométrie en avril, à seulement 38% de la moyenne mensuelle, mais le possible retour de pluies cette semaine pourrait améliorer la situation, ont estimé des analystes. L’Allemagne avait récolté l’an dernier 24 millions de tonnes de blé tendre.
En Grande-Bretagne, troisième producteur européen de blé, des averses durant le week-end ont amélioré la situation mais d’autres sont encore nécessaires.
L’Espagne, souvent pénalisée par des sévères sécheresses où la récolte de céréales peut varier de 13 à 23 millions de tonnes selon le temps, bénéficie pour sa part d’inhabituelles pluies, ce qui permet aux cultures de blé et orge de bien se développer.

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