11 juin 2009 - 00:00 |

La Chronique Matières du jeudi

Les prix continuent de progresser mais certains s’attendent à une proche correction

(11/06/09)

Depuis la fin du mois d’avril, les grands produits tropicaux, comme le café et le sucre, ont vu leurs prix sur les marchés à terme, progresser de 17 et 10 respectivement sur les premières échéances. Et l’ensemble des autres matières suivent, peu ou prou. Les raisons ? Toujours la hausse des cours du pétrole, la faiblesse du dollar et la demande croissante des fonds d’investissement, souligne Natixis dans sa note de conjoncture hebdomadaire.

Cacao. Depuis une quinzaine de jours, les cours du cacao grimpent, réagissant aux achats des fonds d’investissements, au dollar qui baissent et en sympathie avec les autres matières premières et l’indice CRB des matières premières. Toutefois, souligne un trader, on devrait perdre quelque £ 50 dans les jours à venir car la consommation demeure mauvaise et des nouvelles de bonnes récoltes des pays producteurs, comme au Ghana, vont peser sur ces cours.

Café. Depuis le début de l’année, l’Arabica a gagné 24% et vendredi dernier, il a touché son plus haut depuis le mois d’octobre. En revanche, le Robusta a perdu 1,1% sur cette même période. De ce fait, l’indice de l’Organisation internationale du café (OIC) a touché le 1er juin son niveau le plus élevé depuis le mois de septembre.
La hausse de l’Arabica est liée à l’offre étroite qui existe actuellement sur le marché, lié aux difficultés d’approvisionnement en café d’Amérique centrale et du Sud qui représentent ensemble 83% de l’offre mondiale. La production brésilienne est en hausse de 20% sur 2008/09, mais l’offre sud-américaine dans son ensemble est en baisse malgré tout de 11% car les intrants sont chers et la météo n’a pas été favorable, précise Natixis. Pour sa part, la Colombie ne récolterait cette année que 10,5 Ms contre les 12 millions habituels. Ce qui a stimulé les cours de l’Arabica ces dernières semaines, même si les exportations brésiliennes ont été élevées. Aussi l’OIC estime-t-elle la récolte mondiale de café à 127 Ms, ce qui est certes 7,5% plus élevé par rapport à l’année dernière, mais tout de même 5% inférieur à ses prévisions de janvier.
En Côte d’Ivoire, les exportations de café entre les mois d’octobre et mai ont chuté de 47%, à 34 594 t. Toutefois, les exportations en mai ont été plus élevées qu’en mai 2008, à 9 354 t contre 7 971 t.
Au Burundi, les recettes caféières en 2008/09 ont fait un bond phénoménal, à $ 58,9 millions contre $ 18,6 millions la campagne précédente. En effet, le pays a produit 24 015 t de café, ce qui est certes inférieur aux prévisions de 31 000 t mais qui est un bond par rapport aux 8 000 t produites l’année d’avant. Toutefois, l’Office burundais du café craint que la production ne chute de 55% en 2009/10 du fait simplement de la nature cyclique sur deux ans de la production des caféiers. Les recettes ne seraient alors que de $ 21,8 millions, estime-t-il.

Caoutchouc. Le caoutchouc a clôturé en hausse mercredi 10 juin à la bourse de Tokyo, soutenus par la montée du pétrole à un sommet de sept mois, même si la faiblesse des fondamentaux a limité les pertes.

Céréales. Le blé a été la matière première qui a accusé la moins bonne performance cette semaine, baissant de 0,6% sur la position juillet. En effet, tout le monde s’attend à ce que l’USDA annonce des stocks élevés de fin de campagne, au plus haut depuis 7 ans et qui représenteraient 24% de la consommation mondiale contre 21% en 2008/09. On s’attend aussi à une contraction des échanges mondiaux, estimée à 6,8% en 2009/10, notamment parce que l’Afrique du Nord et la Syrie ont de bonnes récoltes et vont donc moins acheter sur les marchés mondiaux.
A noter que les exportations françaises de blé tendre sur le marché mondial ont atteint en avril 760 651 t, ce qui porte le total à 8,3 millions de tonnes (Mt) depuis le début de la campagne, le 1er juillet, selon des chiffres publiés aujourd’hui 11 juin par les douanes françaises. Sur ce total, 278 407 t ont été exportées en avril vers l’Algérie et 161 030 t vers le Maroc. L’Algérie demeure la première destination étrangère du blé français cette saison à un total de 2,6 Mt exportées contre moins de 900 000 t la saison précédente à la même époque.
Sur la période allant du 1er juillet 2008 au 30 avril 2009 (par rapport à la même période en 2007/08), les exportations de blé tendre de la France vers les pays africains ont été les suivantes : Algérie 2 639 412 Mt (858 592 t), Burkina Faso 49 390 (42 210), Cameroun 243 963 (185 186), Congo 38 380 (0), Côte d’Ivoire 240 680 (185 287), Egypte 899 063 (125 099), Ghana 34 500 (33 014), Gabon 77 050 (62 900), Guinée 11 614 (26 174), Maurice 72 950 (67 764), Libye 64 748 (18 950), Madagascar 19 800 (41 317), Mali 56 239 (58 230), Maroc 1 897 238 (1 389 094), Mauritanie 209 166 (190 720), Sénégal 292 763 (212 808), Togo 24 000 (24 000) et Tunisie 216 384 (24 441).
Pour le blé dur : Algérie 428 666 (337 896), Maroc 12 310 (55).
Pour l’orge : Algérie 312 983 (0), Egypte 15 742 (0), Libye 0 (7 087), Maroc 228 851 (94 921), Tunisie 64 525 (85 058).
Pour le maïs : Algérie 146 239 (0), Cameroun3 675 (0), Maroc 30 972 (3 957).

Sucre. La tendance est résolument à la hausse sur le marché du sucre, confirme le Conseil spécialisé de FranceAgriMer pour la filière mondiale du sucre. Le sucre brut a gagné $ 80 la tonne en deux mois (+30 ). Dans le même temps, le sucre blanc a progressé de $ 60 la tonne (+15 ). Le sucre brut avoisine désormais $ 350 la tonne, tandis que le sucre blanc raffiné dépasse les $ 450. Des cours aussi élevés n’avaient pas été constatés depuis juillet 2006, note FranceAgriMer.
Cette hausse s’explique principalement par le bilan sucrier mondial, déficitaire en 2008/2009. La consommation mondiale pourrait, selon les dernières prévisions des analystes, dépasser de 8 Mt la
production mondiale. Cette dernière est évaluée à moins de 160 Mt, en raison du recul sensible des productions chinoise et indienne que le Brésil ne parviendra pas à compenser. Cette tendance devrait se poursuivre en 2009/2010, avec un déficit de production de 5 Mt par rapport à la consommation.
Au niveau européen, les cours mondiaux actuels freinent les importations de l’Union. A contrario, ce contexte profite aux exportations européennes de sucre « hors quota ». Le bilan hors quota s’allège,avec un stock de fin de campagne réduit.
Au niveau français, l’hexagone a produit cette année 3,2 Mt de sucre sous quota, soit près d’un quart de la production européenne et 1,2 Mt de sucre hors quota (40 de la production européenne).
Pour 2009, la surface semée en betteraves est estimée par FranceAgriMer à 370 000 ha, en progression de 6
sur 2008. Cette progression concerne toutes les régions productrices et toutes les utilisations (sucre alimentaire, sucre industriel pour la chimie et la pharmacie, alcools…).

Poivre. Les prix du poivre se sont raffermis ces derniers jours avec un Muntok blanc qui est passé en quelques jours de $ 4050 à 4300 la tonne, tandis qu’un Brésil blanc gagnait $ 150, à $ 4 100. On s’attend en effet à ce que des achats indiens se fassent ces prochains jours. Selon le journal The Hindu, le Vietnam a emboîté le pas de l’Inde à la hausse, d’autant plus que la récolte indonésienne semble prendre du retard étant donné les fortes pluies qui s’abattent sur le pays. Ainsi, ceux qui détenaient des positions courtes sur juin rachètent leurs ventes et switch sur du juillet ou de l’août. Ainsi, les prix spots ont grimpé comme ceux à terme.

Thé. L’offre de thé de qualité a été réduite aux ventes aux enchères du Kenya mercredi 10 juin. La demande a été forte pour les 107 450 paquets de thé offerts, soit 6 800 t de thé : environ 12% n’a pas été vendu. Rappelons que le Kenya, premier producteur de thé noir au monde, s’attend à une production cette année en baisse de 10% par rapport aux 345 000 t récoltées en 2008.

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