11 juin 2015 - 13:00 |

Le coton biologique à un tournant

Après trois années de déclin, la production de coton biologique croît de 10% en 2013/14 mais ne parvient toujours pas à répondre à la demande et aux besoins d’approvisionnement des grandes marques et détaillants, qui semblent de plus en plus friands de coton bio, selon le nouveau rapport de Textile Exchange, Organic Cotton Market Report 2014.

Un marché en croissance

La valeur du marché du coton biologique a progressé de 57% en 2014 atteignant une valeur estimée à $15,7 milliards.

C & A et H & M continuent de mener la danse dans  l'industrie  textile avec un engagement à long terme pour le coton biologique et des objectifs ambitieux.  Ils figurent aux deux premières places des marques et détaillants utilisateurs de coton biologique en volume. Ils sont suivis par  Tchibo, Decathlon, Nike et Carrefour.  La quantité totale de coton biologique utilisée par les 10 grandes marques a augmenté de 25% en 2014, soit une augmentation de 39 950 tonnes de fibres (£ 70,4 millions).

La production se reprend,  mais elle ne suit pas la demande

Après avoir atteint un pic en 2009/10 à environ 240 000 tonnes  la production de coton bio  a décliné  durant trois ans pour se reprendre en 2013/14  à 116 974 tonnes, soit 10% de plus. L’Inde est toujours le leader, totalisant près de 75% de production. Elle est suivie par la Chine (10%), puis la Turquie (7%), la Tanzanie (3%) et les Etats-Unis (2%). Les pays qui ont enregistré le taux de croissance le plus rapide entre 2012/13 et 2013/14 sont le Tadjikistan (+258%,), le Bénin (+86%), le Pérou (+56%), le Brésil (+55%), l’Ouganda (+54%), le Burkina Faso (+53%), les Etats-Unis(+25%),la Chine  (+19%), la Turquie (+12%) et la Tanzanie (+11%).

Quant au continent africain, sa production s’est élevée à 5 899 tonnes en 2013/14, soit environ 5% de la production mondiale, avec la Tanzanie qui est le principal producteur. (Cf. CommodAfrica).

Textile Echange estime que la production pourrait croître entre 15 et 20% en 2014/15.  Environ 38 000 hectares de terre seraient en reconversion.

Des freins au développement du coton bio

Le principal frein au développement du coton biologique est l’accès à des semences bio en nombre et dans les pays où se pratique la culture OGM du coton, le risque de contamination, selon  Textile Exchange. En outre, la forte concentration de la production dans un petit nombre de pays, souligne le manque d’accès des petits producteurs au marché  et la nécessité de développer la chaîne de valeur entre les petits producteurs et les chaînes d’approvisionnement. Car fréquemment, les petits producteurs vendent leur coton au prix du coton conventionnel, ce qui ne leur permettent  pas de rentabiliser leur investissement.

Les impacts de la production biologique

En 2014, une évaluation sur le cycle de vie du coton  menée par Thinkstep souligne les impacts positifs de la culture du coton biologique notamment sur le réchauffement climatique, l’érosion des sols, l’utilisation de l’eau et la demande d’énergie. Ainsi,  en 2014, quelque 237 milliards de litres d’eau,  300, 6 millions de kilowatts d’énergie et 96,3 millions de kilo de CO2 ont été économisés par rapport à la culture du coton conventionnel.

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