12 juin 2017 - 15:00 |

Pêche : la limite de "l'économie bleue" est atteinte en Afrique

"Nous avons atteint la limite" de l'économie bleue en Afrique, a déclaré David Vivas Eugui, juriste et expert en économie des océans à la Cnuced. Il s'exprimait à l'occasion de la conférence "La gestion durable des ressources marines en Afrique : enjeux pour les pêcheurs africains" qui s'est tenue le 30 mai à Genève, organisé par Africa 21 en amont de la conférence de l’ONU sur "Nos océans, notre futur : partenariat pour l’Objectif de développement durable n°14" qui s'est tenue la semaine dernière à New York. L’"économie bleue", cette économie liée à l’environnement de l’eau comme les rivières, les lacs, les mers, et qui comprend différents secteurs d’activité tels que la pêche, l’aquaculture, les transports ou encore le tourisme.

En Afrique, 90 millions de tonnes (Mt) de poisson sont attrapées chaque année couvrant à peine la moitié de la demande ; 31,4 % des stocks halieutiques sont surexploités, 68,6% sont exploités à un niveau biologiquement soutenable. Il existe de nombreuses causes amplifiant le phénomène de surpêche, telle que la pêche Illicite, non déclarée et non réglementée (INN), évaluée entre $ 10 et 23,5 milliards par an. Rien qu’en Afrique de l’Ouest cette dernière s’élève à $ 1,3 milliard, souligne le communiqué d'Africa 21, relatant la conférence.

On retient aussi les subventions nuisibles à une gestion raisonnable des ressources, qui créent un climat de concurrence déloyale et des inégalités, notamment en permettant à des flottes de pêche industrielles venant d’Europe ou d’Asie, de venir s’accaparer en très grande quantité la ressource halieutique au détriment des petits pêcheurs locaux aux moyens très limités.

Selon la Cnuced, dans le monde, les subventions au secteur de la pêche sont estimées entre $ 20 et 35 milliards par an, dont 57% sont catégorisées comme négatives, car encourageant la surcapacité d’extraction d’une ressource naturelle déjà très dégradée. Ceci dit, il ne faut pas perdre de vue l'importance de la pêche comme activité et comme source de protéines pour une grande partie des populations africaines.

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