13 avril 2012 - 00:00 |

La Chronique Matières du Jeudi

L’annonce d’une croissance chinoise moins élevée impacte les marchés

(13/04/2012)

Cacao. La faiblesse du dollar hier, jeudi, a propulsé vers la hausse un grand nombre de matières premières dont le cacao. Le marché était déjà reparti à la hausse la veille suite à l’annonce du tsunami en Indonésie, troisième producteur mondial.
La fève qui a également été soutenue par la publication, hier, des chiffres de broyages européens (UE et Suisse) pour le premier trimestre, à 353 311 t, selon l’European Cocoa Association. Les volumes sont similaires à ceux sur la même période l’année dernière, mettant à mal certains analystes qui avaient pronostiqué une baisse de plus de 3%. L’industrie allemande a également publié hier ses chiffres, révélant une progression de 3,1% des broyages au premier trimestre, selon la BDSI. Cela suit l’envolée du dernier trimestre 2011 lorsque la progression des broyages avait atteint 13,28%, le chiffre sur l’ensemble de 2011 étant de 23,14%. Ceci est lié aux investissements réalisés par des chocolatiers dans des unités de broyages en Allemagne (voir nos précédentes chroniques).

Café. Les marchés du café n’ont pas autant profité hier de la baisse du dollar que d’autres matières premières, de nombreux intervenants sur le marché étant trop afférés par des opérations de switch et de spread. Globalement, ” l’activité café de cette dernière semaine est aussi soporifique que la campagne électorale ! », souligne un trader à Paris. « Il n’y a rien de neuf hormis une sournoise inquiétude qui plane dans l’air. Même les marchés à terme sont calmes, sans direction, sans objectif. Le volume, qui n’est pas négligeable, vient des switch de positions de mai sur le juillet.
Sur le marché physique, l’activité est toujours à court terme, se limitant à couvrir les besoins immédiats. ” Ce qui est un peu plus inquiétant ”, poursuit le trader, « ce sont des torréfacteurs qui veulent revendre du café malgré la baisse des prix, pour alléger leur trésorerie. » D’après les distributeurs il n’y aurait pas de baisse notable de la consommation.
Selon l’Organisation internationale du café (OIC), la production mondiale baisserait de 2,4% en 2011/12 suite à des conditions météorologiques défavorables, à quelque 131 millions de sacs de 60 kilos. Cette estimation est légèrement supérieure aux chiffres annoncés en février.

Caoutchouc. Sur le Tokyo Commodity Exchange (Tocom), le caoutchouc s’annonce en baisse aujourd’hui, la matière première enregistrant sa sixième semaine consécutive de recul après être passée en dessous du seuil des 310 yens le kilo. Hier, jeudi, à la mi-journée, le caoutchouc est tombé à 309,3 yens, son plus bas depuis le 3 février.
Une morosité, toutefois, qui trouve sa limite dans des perspectives plutôt bonnes de la demande chinoise et par les récents chiffres indiens qui témoignent d’importations en hausse de 9% sur l’année fiscale qui s’est achevée fin mars. Ils ont ainsi atteint un record de 205 050 t alors que la consommation nationale n’a progressé que de 2% sur cette même période : les faibles prix à la fin de l’année dernière ont conduit les fabricants locaux de pneumatiques à gonfler leurs achats. Les importations sur le seul mois de mars ont été multipliées par quatre par rapport à mars 2011, à 19 199 t, mais étaient encore supérieures en février, à 22 924 t, selon le Rubber Board. Cette bonne tendance devrait se poursuivre en avril et mai, selon George Valy, président de l’Indian Rubber Dealers Federation. Sur l’ensemble de l’année fiscale qui vient de démarrer, les importations dépendront de la différence de prix entre la matière première locale et étrangère. Hier, jeudi, le prix spot du RSS-4 sur le marché indien de Kochi est de 198 roupies le kilo et de 199 roupies à Bangkok en Thaïlande.
L’Inde, quatrième producteur mondial avec un record de 899 400 t produites localement en 2011/12 (+4,3%), importe de Thaïlande, d’Indonésie, de Malaisie et du Vietnam. Les stocks à l’ouverture de l’exercice 2012/13 étaient de 230 000 t, en baisse par rapport aux 288 300 t au début de l’exercice fiscal précédent.

Céréales. Les gelées dans le Midwest aux Etats-Unis ont conduit les cours du blé à la hausse sur le marché à terme de Chicago ces derniers jours, les opérateurs craignant un impact sur les rendements. De son côté, les prix du maïs se sont renforcés, stimulés par une forte demande à l’exportation.
Mais ces hausses ont trouvé leur limite dans les perspectives mitigées de croissance et donc de demande chinoises, les chiffres économiques du premier trimestre publiés par Pékin étant moins bons qu’anticipés, à 8,1% en croissance annuelle contre 8,3% anticipé. C’est le cinquième trimestre consécutif de glissement de la croissance chinoise.
Au Sahel, les prix des céréales s’envolent. Entre la moyenne sur mars 2012 et les prix au 6 avril, dernier recensement de prix effectué sur le terrain par Afrique Verte, le prix du mil a augmenté de 25% à Ouagadougou, de 23% à Bamako et de 9% à Niamey. La hausse est vertigineuse si on prend comme référence avril 2011, de l’ordre de +100% à Bamako, +83% à Ouagadougou mais seulement +7% à Niamey, ce qui, en soi, est déjà important.
Au Mali, le marché est fortement affecté par des mouvements de hausse suite aux troubles sociopolitiques actuels et aux conséquences de l’embargo général décidé par la CEDEAO et de la mauvaise campagne agricole entre autres facteurs. Des disponibilités céréalières existent sur les marchés, mais elles sont en baisse. A Bamako, par exemple, la baisse de l’offre par rapport à la demande ainsi que la crainte de pénurie attisent les hausses de prix qui sont, par rapport au mois de mars, de +23% pour le mil, +17% pour le riz importé, +16% pour le sorgho et +8% pour le riz local Gambiaka et le maïs. A Gao, ville prise par les Touaregs, les boutiques et le stock OPAM ont été pillés.
Au Niger, plus précisément, les prix étaient à la hausse début avril pour les céréales sèches mais ils étaient relativement stables s’agissant du riz ; il a même baissé sur le marché de Niamey. Les hausses les plus significatives ont été observées pour le sorgho à Niamey (+8%) et à Dosso (+5%), pour le mil à Maradi (+7%), à Niamey (+7%) et pour le maïs à Zinder (+5%) et à Dosso (+5%). Le marché d’Agadez serait le plus cher suivi de Tillabéry, Zinder, Niamey, Maradi et Dosso. Comparé à début avril 2011, ces prix sont en hausse pour l’ensemble des céréales (sauf le riz à Zinder, Dosso, Tillabéry et Niamey) et sur tous les marchés : mil (7% à 59%), sorgho (6% à 50%) et maïs (8% à 17%).
Au Burkina Faso, la tendance des prix est également à la hausse sur tous les marchés :pour le mil (+25% à Ouaga, +20% dans les Hauts Bassins et +21% à la Kossi), pour le sorgho local (+26% dans les Hauts Bassins) et pour le maïs (+26% à la Kossi).

Coton. Le prix de la fibre blanche a clôturé hier, jeudi, sur le marché à terme de New York à son plus haut niveau en 10 jours en raison du roulement de positions des fonds d’investissement (notamment l’indice Goldman) qui vendent la position mai pour prendre des échéances plus lointaines ainsi que d’opérations spéculatives. Rappelons que depuis le début du mois de mars, le cours du coton oscille dans une fourchette allant de 87 à 94 cents.
Selon le rapport hebdomadaire d’exportation du département américain de l’Agriculture (USDA), les achats chinois se sont considérablement ralentis après que pékin ait annoncé qu’il avait terminé fin mars de reconstituer ses stocks de réserve étatiques.

Sucre. La baisse du dollar hier a permis au marché du sucre de ne pas trop accuser l’annonce faite par le groupe sucrier brésilien Unica d’une récolte 2012/13 dans le Centre-Sud du pays qui excèderait les volumes atteints la campagne dernière, à 33,1 Mt de sucre attendus contre 31,3 l’année dernière. Les investissements réalisés dans les plantations et une bonne météorologie porteraient leurs fruits.

Thé. Le prix moyen des thés vendus aux enchères de Mombassa mardi a légèrement augmenté, à $ 3,38 le kilo contre $ 3,36 la semaine dernière, mais les volumes vendus ont baissé : sur les 92 294 paquets offerts 27 865 sont demeurés invendus ; la semaine précédente, 94 798 sacs avaient été mis en vente et seuls 12 918 sont restés.

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