13 juillet 2016 - 18:30 |

La Chronique Matières du Jeudi (13/07/2016)

C'est toujours la grande incertitude et donc les grandes fluctuations côté devises, avec une livre sterling qui a tout d'abord baissé puis s'est ressaisie face au dollar.

 CACAO

L'étroitesse des disponibilités a fait grimper aujourd'hui les prix du cacao sur le marché à terme de Londres. La campagne intermédiaire, tant en Côte d'Ivoire qu'au Ghana, respectivement n°1 et 2 mondiaux, est plus petite que l'année dernière et, en outre, la prochaine campagne principale, à partir du 1er octobre, devrait démarrer lentement. Il continue à faire un temps sec en Côte d'Ivoire. Le marché est en net déport, avec les échéances rapprochées qui affichent des primes substantielles par rapport aux échéances plus éloignées : ainsi, juillet est £ 89 plus cher que l'échéance septembre, après une progression régulière des prix toutes ces dernières semaines.

Ceci dit, le marché est très vulnérable aux fluctuations de devises. Hier, la fève a glissé sur une livre sterling qui retrouvait des couleurs. Mais la veille, lundi, la livre était à la baisse et la fève a retrouvé ses plus hauts depuis 39 ans qu'elle avait déjà atteint la semaine dernière. Le yo-yo fève/monnaies se poursuit donc.

 L'échéance septembre à Londres a grimpé à  £ 2 491 la tonne aujourd'hui, en léger retrait par rapport aux £ 2 499 à la clôture vendredi dernier. New York, en revanche, est en hausse aujourd'hui, à $ 3 151 à la mi-journée contre $ 3 097 vendredi.

Un marché qui, par ailleurs, est stimulé par l'annonce hier de broyages en Europe au second trimestre en forte hausse, de 4,9% par rapport à la même période l'année dernière, à 324 968 tonnes (t), a annoncé l'Association européenne du cacao. Pour la seule Allemagne, les broyages ont progressé de 1,96%, à 90 510 t, selon l'association des confiseurs BDSI. Ils avaient progressé de 1,2% au premier trimestre par rapport à début 1015, à 99 026 t. Rappelons que la progression des broyages allemands avaient atteint 10,5% sur l'ensemble de l'année 2015.

Demain devraient être publiés les chiffres des Etats-Unis pour cette même période. Selon le marché, on s'attend à une hausse de 5%, ce qui marquerait la première hausse par rapport à la période similaire l'année précédente sur les 7 derniers trimestres.

Quant aux pays producteurs, les arrivages aux ports en Côte d'Ivoire ont atteint 1 407 000 t au 10 juillet et depuis le début de la campagne, le 1er octobre dernier, estiment les exportateurs, soit en baisse de 11% par rapport à la même période la campagne dernière.

En Indonésie, les exportations de Sulawesi, principale  région productrice,  ont fait un bond de 37% en juin par rapport à juin 2015, à 6 805 t contre 4 980 t, de source industrielle. C'est la plus forte hausse enregistrée depuis le mois de février.

CAFE

Les cours du café sont plus que fermes. Lundi, ils ont atteint leurs niveaux les plus élevés en un an, réagissant à des achats techniques mais aussi à des préoccupations du marché quant à la qualité de la récolte brésilienne. Aujourd'hui, l'Arabica a coté $ 1,4810 la livre contre $ 1,441 vendredi dernier à la clôture, et le Robusta $ 1 814 la tonne contre $  1797, tous deux sur l'échéance septembre.

Lundi, le prix du Robusta au Vietnam, premier producteur et exportateur mondial, a atteint son niveau le plus élevé en un an, à $ 1 731-1 745 la tonne, stimulé par la fermeté des marchés mondiaux mais aussi par une offre qui se retreint côté producteurs où les stocks fondent comme neige au soleil.

Au Brésil, les exportations de café vert ont chuté de 12% au mois de juin par rapport à il y a un an, à 2,07 millions de sacs de 60 kg (Ms). C'est le plus faible volume mensuel depuis le début de la campagne 2015/16 (juillet/juin). Les exportations d'Arabica ont progressé de 2,6%, à 1,98 Ms mais les volumes de Robusta se sont effondrés de 80%, à 83 300 sacs, selon l'organisme étatique Cecafé.

En Colombie, les exportations pourraient chuter de moitié en juillet, à quelque 600 000 à 700 000 sacs, en raison de la grève des camionneurs, a prévenu hier le patron de la Fédération nationale du café, Roberto Velez. Habituellement, les exportations varient entre 1 million et 1,2 million de sacs.

Un café qui, au Royaume Uni, devrai coûter de plus en plus cher au consommateur suite au "Brexit". Les petits torréfacteurs qui ont fleuri, ça et là, dans la capitale britannique faisant grimper la qualité du café au consommateur, font face à des coûts croissants car les loyers augmentent mais aussi le coût du café importé qui est libellé en dollar et qui, par conséquent, revient cher lorsque la livre doit être convertie.

Côté entreprises, l'italien Massimo Zanetti, qui détient entre autres la marque Segafredo, devrait acheter le n°3 portugais Nutricafé. La valeur de ce dernier est estimée à € 74,5 millions. Cette acquisition devrait permettre à l'italien de porter à 14% sa part de marché au Portugal.

CAOUTCHOUC

La semaine a démarré sur une tendance nettement haussière effaçant les pertes de la semaine dernière – le prix du caoutchouc clôturer vendredi à 145,9 yen le kilo, soit son plus bas niveau depuis le 12 février - et soulignant que le marché avait été survendu. Dès lundi, les cours ont rebondi, mettant fin à quatre séances de baisse, soutenus par un yen plus faible face au dollar et une reprise du marché des actions à la suite d’une franche  victoire de la coalition menée par le Premier ministre japonais Shinzo Abe  aux élections à la chambre haute, qui se sont déroulées dimanche. Les mêmes ingrédients, auxquels il faut ajouter le rebond du marché du caoutchouc de Shanghai.

COTON

Après avoir gagné 1% la semaine dernière à la suite notamment de la publication des données sur les ventes américaines à l’exportation du département américain de l’Agriculture (USDA), les cours du coton sur l’ICE ont poursuivi sur leur lancée grimpant mardi à leur plus haut en deux ans et franchissant  le niveau des 70 cents la livre.  Les cours ont  touché  la limite quotidienne de 3 cents par livre.  Le contrat de décembre a clôturé mardi à 70,78 cents la livre, son plus haut niveau depuis septembre 2014, le contrat de mars à 70,84 cents la livre. Une hausse  provoquée par le rapport haussier de l’USDA sur l’offre et la demande. En effet, le gouvernement américain a réduit ses prévisions sur les stocks mondiaux à la fin de la campagne 2016 /17 et anticipé une forte hausse des exportations américaines à un plus haut de quatre ans.  La réduction des stocks mondiaux est due essentiellement  à la baisse des stocks en Chine suite au succès de son programme de ventes aux enchères du coton de ses réserves. L’USDA a revu à la baisse la production de coton en Inde et au Pakistan, respectivement de 500 000 balles et 1 million de balles. En revanche celle des Etats-Unis a été relevée de  1 million de balle mais en parallèle l’USDA a relevé aussi les exportations américaines.

HUILE DE PALME

L’huile de palme est toujours dans la tourmente. Mardi, les cours ont atteint un plus bas de neuf mois suite à la hausse des stocks en Malaisie – la première depuis novembre – et à la plus forte baisse annuelle des exportations depuis 2011. Le contrat livraison septembre a clôturé sur la Bursa Malaysia Derivatives Exchange à 2 188 ringgits ($552,53) la tonne. Les chiffres communiqués par le Malaysian Palm Oil Board (MPOB) montrent que les exportations ont chuté de près de 12% en juin par rapport à mai tandis que les stocks d’huile de palme ont progressé de 7,7% à 1,78 million de tonnes (Mt). De plus la production a augmenté en juin de 12,3% à 1,53 Mt et la tendance à la hausse devrait se poursuivre. Des signes baissiers alors que les cours de l’huile de palme sont déjà embourbés dans des creux de près de neuf mois.

« La situation des exportations est très inquiétante », a déclaré un négociant basé à Kuala Lumpur,  ajoutant « La production est montée à un rythme plus rapide. Normalement, la production en juin est inférieur à celle  de mai ou au moins à un niveau similaire, mais une augmentation de plus de 12% c’est grand ».

SUCRE

Les achats par les fonds d'investissement ont fait regrimper le cours du sucre roux sur le marché à terme de New York aujourd'hui, après avoir chuté à son plus faible niveau en deux semaines ces deux derniers jours. Si les perspectives de récolte en Inde et au Brésil s'améliorent, la situation déficitaire du marché mondial du sucre soutient encore très fortement son prix.

Ainsi, le sucre roux cotait aujourd'hui légèrement au-dessus des 20 cents, à 20,01 cents la livre, contre 19,57 cents à la clôture vendredi dernier, tandis que le blanc à Londres s'établissait à $ 542,80 la tonne contre $ 540,80 vendredi.

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