13 juillet 2020 - 11:57 |

La Fondation Surgo lance un indice africain de la Covid selon les types de vulnérabilités

Jeudi, la fondation américaine Surgo, basée à Washington DC, avec un co-financement du département britannique du Développement international (DFID), a lancé un nouvel indice Africa Covid-19 Community Vulnerability Index (CCVI). Il s'agirait, selon la Fondation, du premier indice qui informe sur l'impact du virus au niveau local dans quasiment chaque pays d'Afrique, classant 751 régions dans 48 pays africains en termes de vulnérabilité à la Covid-19 selon sept thèmes essentiels : le statut socioéconomique, la densité de la population, l'accès aux transports et au logement, les facteurs épidémiologiques, les facteurs systèmes de santé, la fragilité et l'âge de la population.

CCVI POUR LA COTE D'IVOIRE

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Il est rappelé que même si l'Afrique n'a pas encore été submergée par la pandémie, plusieurs régions montrent des signes inquiétants de vulnérabilité aux impacts sociaux, économiques et sanitaires. "En nous montrant les différentes façons selon lesquelles les régions africaines peuvent être vulnérables au Covid-19 au-delà de la simple mortalité, cet indice nous donne un pouvoir prédictif que nous n'avons jamais eu auparavant", a déclaré Sema Sgaier, directeur exécutif de la Fondation Surgo.

Quatre principaux enseignements peuvent être tirés. Tout d'abord, il est réaffirmé que la population relativement jeune de l'Afrique s'avère jusqu'à présent être sa meilleure défense contre les décès dus au virus.  "Les systèmes de santé limités dans les pays africains pauvres comme le Mozambique et le Mali sont en partie compensés par leurs populations plus jeunes, qui montrent, maintes fois, des taux d'hospitalisation prévus inférieurs à ceux des pays riches comme l'Afrique du Sud et l'Égypte." Le taux de mortalité par infection (IFR) projeté selon la répartition par âge et sexe sur le continent est relativement faible dans la plupart des régions d'Afrique - entre 0,10% et 0,15%, soit quatre fois moins qu'aux États-Unis.

D'autre part, les 10 régions les plus vulnérables d'Afrique ne sont pas situées en Afrique de l'Ouest mais dans six autres pays : la RD Congo (avec quatre des régions les plus vulnérables), le Malawi (avec deux des régions les plus vulnérables), l'Éthiopie, l'Ouganda, le Cameroun et le Madagascar. "Il existe de nombreuses régions présentant des niveaux de vulnérabilité similaires au sein d'un seul pays, comme le Sahel et le Sud-ouest du Burkina Faso, où différentes raisons sous-jacentes expliquent cette vulnérabilité. La vulnérabilité du Sahel découle de sa position comme épicentre de la violence humanitaire dans le pays, tandis que le Sud-ouest contient le plus grand pourcentage de la population âgée au Burkina Faso."

Plusieurs types de vulnérabilité coexistent (facteurs socioéconomiques, systèmes de santé, qualité de logement) au sein des régions et semblent être corrélés dans une certaine mesure, comme par exemple dans la région de Tahoua au Niger. Les régions à forte vulnérabilité socio-économique ont tendance à être peu vulnérables en termes de densité de population et de facteurs épidémiologiques, comme c'est le cas dans la région d'Alibori au Bénin.

Quatrième point, dans 16 pays africains disposant de données sur la mobilité, la mobilité a généralement diminué d'environ 12,2% depuis la mi-février par rapport aux mouvements antérieurs à la propagation du COVID-19, ce qui est encourageant pour la lutte contre le virus. Ceci dit, au Nigeria, les habitants des régions les plus vulnérables comme Yobe, Zamfara et Bauchi n'ont pas autant pratiqué la distanciation sociale que leurs homologues dans les régions moins vulnérables comme Lagos et Osun.

En général, plus une zone est vulnérable en raison de la densité de la population et des facteurs épidémiologiques, plus elle pratique la distanciation sociale - comme c'est le cas dans des régions comme Dakar, par exemple.

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