13 août 2010 - 00:00 |

La Chronique Matières du Jeudi

Des marchés très chahutés

(13/08/10)

Blé. Selon le rapport mensuel du Département américain de l’agriculture (USDA), les moissons modestes cette année, notamment en Russie et en Europe de l’Est, ainsi que les inondations au Pakistan et en Chine, devraient faire considérablement baisser les stocks de blé de fin de campagne: de 192 millions de tonnes (Mt) cette année, les réserves pourraient chuter à 174,8 Mt.
Ce rapport a surpris les experts qui n’anticipaient pas une révision à la baisse aussi forte. Un rapport d’autant plus inquiétant qu’il ne prend pas en compte les tous récents évènements au Pakistan. Important producteur de blé avec 23 millions de tonnes produites l’année dernière, le Pendjab, principale région frappée par les inondations, produit 70% du blé pakistanais. Si la récolte (avril à juin) a été épargnée, souligne notre confrère Les Echos, en revanche, certains silos à grains seraient dévastés et les prochains semis prévus en octobre pourraient être compromis par les inondations. Le pays pourrait donc venir grossir le rang des acheteurs dans le monde aussi bien pour le blé que d’ailleurs pour le riz. Mais, rappelle notre confrère, dans les deux cas, le commerce international représente une portion congrue de la production mondiale : 6,5% du riz et 17% du blé produit.
Plus que jamais, alors que les cours mondiaux du blé flambent, l’Egypte veut accroître sa production de céréales. Le ministre de l‘Agriculture, Amin Abaza aurait annoncé, selon le quotidien al-Alam al-Youm, que l’objectif du Caire était d’atteindre d’ici 2020 un niveau d’autosuffisance de 70% en blé.

Cacao. Le marché à terme du cacao à Londres a fortement baissé lundi et mardi, avant de se reprendre mercredi, sans toutefois regagner ce qu’il avait perdu en début de semaine. Le Côte d’Ivoire a perdu 138 euros la tonne entre les 4 et 11 août, le Ghana £ 150, tandis que le beurre de cacao chutait quasiment d’autant, passant de £ 3175 la tonne à 2870.
Mais il n’est guère possible de dégager des tendances, souligne un trader, car de nombreux intervenants, spéculateurs et investisseurs manipulent le marché sans tenir compte des réalités de l’offre et de la demande physiques, rappelle-t-il. Si on regarde ces derniers, le marché est plutôt baissier car la prochaine récolte en Afrique de l’ouest, notamment en Côte d’Ivoire, s’annonce belle. Le marché à terme est d’ailleurs toujours en déport, les positions éloignées étant moins chères que les rapprochées.

Café. Le marché du café physique est très calme, de nombreux acteurs étant en vacances. D’une semaine sur l’autre, les prix du Robusta ont à peine changé, perdant de façon générale 10 euros la tonne, comme par exemple pour le Côte d’Ivoire Grade 1. En revanche, l’Arabica s’inscrit en forte hausse, le Djimma d’Ethiopie passant de 145 à 152 cents la livre et le Kenya de 347 à 361 cents.
Chez ce dernier, des pluies inhabituelles en début d’année devraient faire chuter de 10 à 20% la production sur 2010/11 (oct/sept), selon Charles Muriuki, président de la coopérative des fermiers de Gikanda qui regroupe quelque 2 700 membres.

Coton. Le marché à terme du coton à New York a terminé hier soir au plus haut en 3 mois et demi, stimulé par le récent rapport du Département américain de l’Agriculture (USDA), le premier de la campagne 2010/11 (août à juillet). L’échéance décembre était à 83,55 cents la livre. Les échanges de contrats sur le marché à terme ont été frénétique, atteignant 20 000 lots en milieu de journée, en hausse de 81% sur la moyenne de 30 jours.
Selon l’USDA, les stocks de fin de campagne, en juillet 2011, sont estimés n’être que de 45,61 million de balles de 480 lb de coton contre une estimation de 49,61 millions encore le mois dernier. La consommation devait atteindre cette campagne 120,87 millions contre 119,7 estimées antérieurement. Aussi, le ratio stock/consommation ne serait que de 38%, son plus faible niveau depuis 1994/95, note l’organisme étatique américain.
Une situation qui vient nettement renforcer la tendance haussière du marché. Celui-ci est, par ailleurs, stimulé par la catastrophe au Pakistan qui pourrait faire de ce pays exportateur un importateur Deux éléments tempèrent toutefois cette frénésie au renchérissement des cours mondiaux : la récolte américaine 2010/11 qui devrait être au plus haut en trois ans en raison des conditions idéales de culture, à 18,7 millions de bales de 480 lb, et l’Inde qui envisagerait de lever toutes les taxes à l’exportation de la fibre à partir du mois d’octobre tout en maintenant des quotas, souligne the Economic Times.

Riz. Ces derniers jours, les cours du riz sur les marchés asiatiques se sont inscrits à la hausse, stimulés par les inondations en Chine, une demande soutenue d’Afrique, le sentiment que l’Inde pourrait maintenir son interdiction à l’exportation, et la forte tendance haussière de la grande sœur céréalière, le blé. Selon les observateurs, les prix du riz devraient demeurer fermes ces prochaines semaines. Toutefois, le Vietnam a assuré mercredi pouvoir subvenir à ses propres besoins, même si la Chine lui achetait 1 Mt, soit le double de ses achats initialement prévus.
Au Sénégal, les coupures d’électricité pourraient impacter la récolte de riz n 2010/1, alors que la production avait quasiment doublé en 2008/09 à 516 000 t contre 210 000 t en 2007/08, a souligné un fonctionnaire du ministère de l’Agriculture. Les 500 000 t pourraient ne pas être atteintes. Rappelons que le Sénégal est le troisième importateur de riz du continent mais récemment, grâce à ses bonnes performances, il avait pu réduire ses achats sur le marché international. Le Département américaine l’Agriculture avait même souligné le 28 juillet, que les importations de riz du pays avaient chuté de 33% au premier trimestre, à 124 806 t.

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