14 janvier 2020 - 17:23 |

L'activité de transformation des noix de cajou de Fludor Bénin en faillite

L’usine de décorticage de noix de cajou de Fludor Bénin n'aura, en définitive, connu que quelques mois de bon. Mise en service le 30 juillet 2016 à Cana dans le département du Zou au sud du pays (lire nos informations d'alors : L’usine de décorticage de noix de cajou de Fludor au Bénin est opérationnelle), elle a été confrontée dès 2018 à la chute de quasiment 50% du prix des amandes de cajou blanches.

"Pour les performers comme le Vietnam, il n'y avait pas de problème, pour l'Inde non plus en raison de son énorme marché intérieur. En revanche, la filière en Afrique est tombée dans la non rentabilité", explique à CommodAfrica le PDG de Fludor Bénin, Roland Riboux.  

"Trois chiffres suffisent pour expliquer le problème", poursuit-il : "$ 250 la tonne de noix brute transformée au Vietnam, $ 350 en Inde et $ 450 en Afrique. Quand les prix sont ric-rac, le Vietnam et l'Inde s'en sortent mais l'Afrique pleure. Seuls deux pays s'en sortent : le Mozambique et la Côte d'Ivoire car l'Etat intervient et soutient les prix."

Les pertes annuelles de la filière cajou de  Fludor Bénin étaient d'environ un million de dollars, rapportait hier Matin Libre. Pourtant, la filiale du géant nigérian Tropical General Investment (TGI) s'était lancé l'année dernière dans la fabrication d’un nouveau produit dérivé, le baume de cajou dont il a quasiment le monopole au Bénin, les autres unités l'approvisionnant en coques. "La coque contient à 20% un liquide acide dont on ne savait pas quoi faire", avait alors expliqué à l'AFP Roland Riboux. "On vend aussi les coques aux cimenteries", précise à CommodAfrica le patron.

Quant à l'impact sur  l'ensemble du groupe, Roland Riboux note : "Nos autres activités s'en portent plutôt bien car ce sont elles qui couvraient les pertes de la transformation des noix de cajou. En revanche, 1 000 femmes formées vont perdre leur emploi."

Rappelons que l’usine de décorticage était le fruit d’un partenariat entre Fludor et l’ONG Techno Serve. Initialement, sa capacité de transformation était de 4000 tonnes par an pour être portée en 2017 à 15 000 tonnes.

 

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