14 janvier 2022 - 17:53 |

La Chronique Matières premières agricoles au 13 janvier 2022

Les Etats-Unis soufflent le chaud et le froid. En début de semaine, auditionné par le Sénat pour sa reconduction à son poste de président de la Federal Reserve, Jerome Powell a déclaré savoir « qu'une inflation élevée a de lourdes conséquences" mais il s’est engagé à recourir à tous les instruments dont dispose la banque centrale "pour éviter qu'une inflation plus élevée ne s'installe". Or, entendue à son tour par le même Sénat, sa probable future vice-présidente, Lael Brainard, a jeté un froid en déclarant que l'institution avait projeté "plusieurs hausses de taux dans le courant de l'année" et qu'elle pourrait passer à l'action "dès que nos achats seront achevés", donc potentiellement dès la réunion de la mi-mars.

"Tout le monde est très nerveux en ce moment, parce que tout risque d'être mis sous pression par la politique offensive de la Fed", explique à Reuters Kyle Rodda, analyste d'IG. "On espère que le retour à une politique monétaire normale sera lent et indolore mais ça n'est pas garanti car la Fed prend l'inflation très au sérieux." Pourtant, hier, la publication des chiffres des prix à la production en décembre aux Etats-Unis suggère un ralentissement de l'inflation américaine. Mais les chiffres du chômage sont en hausse…

Sur le marché des changes, l'euro a terminé hier en hausse à $ 1,1468.

Quant au pétrole, les cours ont atteint un pic de deux mois car on s’attend à une hausse soutenue de la demande mondiale de brut. Le baril de Brent a clôturé à $ 84,32 et le brut léger américain WTI à $ 82,11.

CACAOCAFÉ CAOUTCHOUCCOTONHUILE DE PALMERIZ - SUCRE

CACAO

C’est l’euphorie sur les marchés mondiaux du cacao avec un prix de la fève qui s’envole ! Partie de £1 705 sur le marché de Londres vendredi dernier, la tonne de cacao a clôturé hier soir à £ 1 733 après avoir atteint un plus haut en deux mois et demi à £ 1 742. Idem à New York où les cours sont passés de $ 2 521 à $ 2 597 hier soir sur l’échéance mars.

Que se passe-t-il ? Tout simplement, le jeu des fondamentaux, l’offre et la demande ! S’il est encore trop tôt pour vraiment se prononcer sur la production en Côte d’Ivoire, le Ghana semble bel et bien s’orienter vers une très forte baisse de son offre. Le Cocobod a annoncé des arrivages qui totalisent 236 000 tonnes (t) entre le 1er octobre et le 6 janvier, en chute libre de 53,9% (Lire : Chute de 54% des arrivages de cacao au Ghana). En outre, selon six compteurs de cabosses au Ghana interrogés par Reuters, la production varierait entre 660 000 et 700 000 t sur cette campagne 2021/22 alors que mercredi encore, le Cocobod évoquait encore un niveau de production attendu à 800 000 t. Cette baisse de production, selon les compteurs de cabosses, est liée à l’insuffisance et à l’irrégularité des pluies entre les mois de juin à septembre. Les 700 000 t pourraient être atteints si l’impact des vents de l’harmattan demeure faible et surtout si la période sèche qui s’étend de janvier à avril n’est pas trop sévère ni longue, précise l’un d’eux. En Côte d’Ivoire, les arrivages aux ports ont totalisé 1,089 Mt du 1er octobre au 9 janvier, en baisse de 6,4% par rapport à la même période la campagne dernière, selon les estimations des exportateurs qui ont ajusté leurs chiffres suite à la publication lundi par le Conseil du café cacao (CCC) des siens au 31 décembre. Selon le CCC, les arrivages du 1er octobre au 31 décembre ont été de 990 000 t, en baisse de 8,2% par rapport à la même période en 2020. Face à cela, la demande mondiale s’avère soutenue. On aura la semaine prochaine l’ensemble des chiffres de broyages mondiaux, baromètre de la consommation, du dernier trimestre 2021 et, par conséquent, ceux annuels sur 2021. Ceux d’Asie viennent d’être publiés aujourd’hui, en progression de 6,33% par rapport au dernier trimestre 2021, à 231 309 tonnes (t), selon la Cocoa Association of Asia. Sur l’ensemble de 2021, ils auront augmenté de 5,63% à 877 002 t.Selon le météorologue Climate 42, s’il a plu dans le sud-est ivoirien et le sud-ouest ghanéen en ce début de janvier, d’autres régions africaines de cacaoculture demeurent très sèches.

CAFÉ

Contrairement au cacao, le café a perdu de son tonus cette semaine. La livre (lb) d’arabica est passée de $ 2,3845 en fin de semaine dernière à $ 2,37 à New York hier soir, tandis que le Robusta à Londres dégringolait de $ 2 316 la tonne à $ 2 237, touchant même $ 2 231 en cours de séance hier, son plus bas en un mois et demi.

En effet, le café vietnamien de la nouvelle campagne abonde, les exportations en décembre ayant bondi de 57,6% par rapport au mois de novembre, à 169 349 t. Ceci dit, sur l’ensemble de l’année calendaire 2021, les volumes exportés du n°1 mondial du Robusta ont quasiment stagné, enregistrant une maigre hausse de 0,2% par rapport à 2020, à 1,56 Mt. La bonne nouvelle se trouve dans les recettes d’exportations du café qui, elles, ont augmenté de 13,3% à $ 3,6 milliards.

Cette semaine, au Vietnam, les producteurs dans la région des Central Highlands ont vendu leur café entre 39 300 et 41 000 dongs le kilo ($ 1,73-1,81), soit en baisse par rapport aux 39 900 à 42 000 dongs proposés la semaine précédente. Les stocks grossissent car les exportateurs et les acheteurs hésitent à conclure des transactions actuellement, préférant attendre de voir si les coûts de fret diminuent. Les traders proposent le Grade2, 5% grains noirs et brisures, avec une décote de $ 240 à $ 250 sur le contrat mai contre $ 200 à $ 220 la semaine précédente.

Côté Amérique latine, au Brésil, les caféiculteurs auraient vendu 82% de leur récolte 2021/22 au 10 janvier, selon le consultant spécialisé Safras & Mercado. Ceci représente 46,28 millions de sacs de 60 kg (Ms) sur une récolte totale attendue à 56,5 Ms. Ce taux de 82% est nettement supérieur à la moyenne de ces dernières années qui est de 74%. Les ventes brésiliennes de Robusta ont été particulièrement dynamiques avec 87% de la récolte attendue déjà vendue contre un taux moyen de 74% ces dernières années, tandis que 79% de la production d’Arabica est vendue contre 73% en moyenne.

CAOUTCHOUC

Les cours du caoutchouc ont été volatils cette semaine, en progression sur le l’Osaka Exchange à 244,4 yens ($2,1) le kilo contre 241,4 yens vendredi dernier mais quasi-stables à Shanghai à 14 925 yuans ($2 345) la tonne contre 14 910 yuans. La situation en Chine fait craindre un ralentissement de la demande en caoutchouc avec des hausses locales des cas de coronavirus et la chute plus importante que prévu des nouveaux prêts bancaires au mois de décembre. Toutefois, sur l’année 2021, les prêts ont atteint un record à 19,95 trillions de yuan. D’un autre côté, on craint un resserrement de l'offre avec la mise en place de restrictions suite au coronavirus dans les pays producteurs de caoutchouc d'Asie du Sud-Est, ce qui pourrait entraîner des pénuries de main-d'œuvre dans les plantations de caoutchouc. Ainsi, le premier producteur mondial de caoutchouc, la Thaïlande, prolongera la suspension de son programme de dispense de quarantaine et introduira de nouvelles restrictions après une augmentation des nouveaux cas de coronavirus liés à la variante Omicron, a annoncé vendredi dernier le groupe de travail du gouvernement Covid-19.

En Malaisie, la production de caoutchouc naturel a chuté de 26,3% en novembre à 31 577 tonnes contre 43 127 tonnes en octobre 2021,  et de 2,8% par rapport à novembre 2020,  selon  le Département des statistiques de Malaisie (Dosm). Les fortes précipitations ont perturbé l’approvisionnement  et donc diminué la production. Sur les onze mois de 2021, la production recule de 7,7%  à 429 062 tonnes. Au niveau des exportations, elles diminuent au mois de novembre de 2% à 60 942 tonnes et les stocks sont en recul de 4,1% à 269 757 tonnes par rapport à octobre 2021. Néanmoins, les prix mensuels moyens sur le mois de novembre se sont appréciés : le concentré de latex a augmenté de 6,2 % en glissement mensuel à  553,64 sen par kg ainsi que le caoutchouc malaisien standard (SMR) qui a augmenté de 1,1 à 6,1%.

Au Vietnam, les exportations de caoutchouc en valeur ont grimpé de 36,2% pour atteindre $3,24 milliards, plaçant le pays au troisième rang mondial, selon le ministère de l’Agriculture et du développement rural (Mard). L'Association vietnamienne du caoutchouc (VRA) estime que la rareté des matériaux en caoutchouc en 2021, qui devrait se poursuivre cette année, profiterait au Vietnam en termes de volume et de valeur des exportations.

En Chine, les ventes d’automobiles ont augmenté de 3,8% en 2021, une première hausse depuis 2017, pour atteindre 26,28 millions de véhicules selon la China Association of Automobile Manufacturers (Caam). Les ventes d’automobiles ont été stimulées en partie par les véhicules à énergie nouvelle (NEV) avec une croissance de 157,5% à 3,52 millions d’unités en 2021. La Caam anticipe que les ventes d’automobiles progresseront de 5,4% en 2022 à 27,5 millions avec des ventes de NEV en hausse de 47% à cinq millions.

Côté entreprise, le Vietnam Rubber Group (VRG) a produit 402 900 tonnes de latex de caoutchouc, dépassant l'objectif fixé de 6 % et en hausse de 30 000 tonnes par rapport à l'année précédente. Il a également acheté 90 500 tonnes de latex de caoutchouc, dépassant l'objectif de 28 %, et vendu plus de 490 000 tonnes, soit 7 % de plus que l'objectif. Le chiffre d'affaires cumulé du groupe devrait atteindre 30 000 milliards de dong ($1,32 milliard) et son bénéfice à 6 300 milliards de dong.

COTON

Ils grimpent toujours les cours du coton pour atteindre 116,64 cents la livre hier sur l’ICE contre 115,12 cents vendredi dernier. Ils ont même atteint mercredi 117,64 cents dans le prolongement de la publication du rapport sur l’offre et la demande mondiales  de produits agricoles (Wasde) de l’USDA. Un rapport qui a apporté son lot de surprises avec en premier lieu la diminution de la récolte américaine  à 17,62 millions de balles suite à une baisse des rendements mais aussi celle de l’Inde. Avec une consommation maintenue, les stocks de clôture sont abaissés (Lire : La production africaine de coton confirmée en hausse de 44% en 2021/22). A noter que pour la Chine,  un des soutiens du marché, l’USDA a revu à la baisse la consommation ainsi que  les importations de coton, en recul de 500 000 balles chacune.

En Inde, l’appréciation des prix du coton indien notamment par rapport à l’origine américaine ralentit les exportations du premier producteur mondial. Le coton indien est proposé à environ 135 cents la livre, coût et fret, aux acheteurs du Bangladesh pour les expéditions de janvier et février, soit près de 20 cents de plus que les Etats-Unis, selon les négociants. Habituellement, l'Inde facture une prime de 5 à 10 cents / livre par rapport aux Etats-Unis. Un différentiel qui pourrait conduire les acheteurs asiatiques comme le Bangladesh, le Vietnam et la Chine à augmenter leurs achats auprès d'autres fournisseurs tels que les États-Unis, le Brésil, l'Australie et les pays africains.

Les prix intérieurs record  pourraient étouffer les exportations au cours de la campagne de commercialisation 2021/22 se terminant le 30 septembre, estime Vinay Kotak, directeur de Kotak Ginning and Pressing Industries Pvt, basé à Mumbai. Il a prédit que l'Inde n'expédierait que 4 millions de balles, contre 7,8 millions de balles il y a un an.

Toutefois, quelques acheteurs du Bangladesh paient des prix plus élevés pour le coton indien car ils ont besoin d'expéditions rapides et veulent l'assurance de la livraison, a déclaré un revendeur basé à Mumbai. Près de la moitié des exportations de coton de l'Inde vers le Bangladesh passent par une frontière terrestre, ce qui rend les expéditions plus fiables que celles des fournisseurs concurrents. Le Bangladesh achète également du coton aux États-Unis, mais la récolte américaine ne sera disponible qu'après mars et rien ne garantit que les expéditions atterriront à temps, car les pénuries de main-d'œuvre causées par la dernière vague de la pandémie de la Covid-19 pourraient exacerber la congestion dans les ports.

Au Zimbabwe, les livraisons de coton ont bondi à 116 052 tonnes en 2021, contre 82 479 tonnes en 2020 grâce à la mise en place de subventions et d'un soutien accru du gouvernement aux agriculteurs, indique Jacqueline Dube, secrétaire par intérim de la société Cotton Company of Zimbabwe (Cottco). Précisant que pour garantir la viabilité de la culture du coton, le gouvernement zimbabwéen s'est engagé l'année dernière à payer 22 dollars zimbabwéens supplémentaires ($20 cents) par kg livré par les agriculteurs à titre de subvention.

Au Mali, le coton, deuxième ressource à l’exportation après l’or,  ne devrait pas être impacté durablement par les sanctions économiques et financières prises par la Cedeao (Lire : Le coton du Mali ne devrait pas être inquiété longtemps par les sanctions, selon un trader).

HUILE DE PALME

L’huile de palme est toujours en surchauffe. Hier sur la  Bursa Malaysia Derivatives les cours ont grimpé à un plus haut de 5 161 ringgit ($1 236,17) la tonne contre 4 996 ringgits vendredi dernier. Une production toujours faible, avec notamment la persistance d’une manque de main d’œuvre au début 2022 en Malaisie, des stocks serrés et la hausse des prix du pétrole sont les ingrédients de cette augmentation des cours.

Selon Julian McGill, Head of Southeast Asia at commodities consultancy LMC International, la production d’huile de palme en Malaisie et en Indonésie n’atteindrait les niveaux de 2019 que d’ici la fin de l’année. Ainsi, les deux principaux producteurs mondiaux ne devraient afficher aucune croissance de la production pour une troisième année consécutive. En raison des contraintes d'approvisionnement continues, les prix devraient légèrement fléchir au cours des six prochains mois, mais resteront au-dessus de 4 700 ringgits la tonne,  ajoute Julina McGill. De son côté, Sime Darby Plantation Bhd a averti que les pénuries de main-d'œuvre dans les plantations d'huile de palme du pays en raison des fermetures de frontières liées au coronavirus s'aggraveraient au début de 2022, par rapport aux six derniers mois, jusqu'à ce que les travailleurs soient autorisés à revenir.

En Malaisie, les chiffres officiels du Malaysian Palm Oil Board (MPOB) publiés lundi ont montré que les stocks d’huile de palme à la fin décembre avaient chuté de 12,8% pour atteindre 1,58 millions de tonnes (Mt), soit son niveau le plus bas depuis le mois de juillet. Quant à la production, elle a diminué de 11,26% à 1,45 Mt et les exportations se sont abaissées de 3,48% à 1,41 Mt tandis que la consommation intérieure a bondi de 31% à 373 128 tonnes.

Pour 2022, le directeur général du MPOB, Ahmad Parveez Ghulam Kadir  estime que la production devrait s’améliorer de 4,9% à 19 Mt tandis que les stocks augmenteraient de 23,4% à 1,95 Mt. Il prévoit des exportations en hausse de 9,3% à 17 Mt. Ainsi le prix de l’huile de palme brute devrait s'établir en moyenne à 3 800 ringgits la tonne en 2022.

Toujours en Malaise, la Bursa Malaysia Derivatives et le Malaysian Palm Oil Certification Council (MPOCC) ont signé un protocole d'accord pour établir un partenariat mutuellement avantageux qui promeut la durabilité et les pratiques responsables parmi les acteurs de l'huile de palme tout au long de la chaîne d'approvisionnement. La vision de MPOCC est d'être un moteur de durabilité pour transformer la chaîne d'approvisionnement en huile de palme de la Malaisie pour la consommation sur le marché mondial en faisant de la Malaysian Sustainable Palm Oil (MSPO) un système de certification crédible qui est accepté par les parties prenantes concernées. L'huile de palme brute (CPO) certifiée MSPO est intégrée au processus de livraison du marché des produits dérivés par le biais des contrats BMD Crude Palm Oil Futures (FCPO) et East Malaysia Crude Palm Oil Futures (FEPO).

En Inde, les importations d'huile de palme en décembre ont chuté par rapport à il y a un an, la  forte hausse des prix ayant incité les raffineurs à augmenter leurs importations d'huile de soja et d'huile de tournesol.  Le pays a importé 565 943 tonnes d'huile de palme en décembre, en baisse de 27 % par rapport à l'année précédente, tandis que les importations d'huile de soja ont bondi de 22 % à 392 471 tonnes, a indiqué la Solvent Extractors' Association of India dans un communiqué. Les importations d'huile de tournesol se sont élevées à 258 449 tonnes, en hausse de 10 %, a indiqué l'organisme commercial. Toutefois par rapport au mois de novembre 2021, les importations d’huile de palme en Inde ont grimpé de 67%.

RIZ

Tant en Inde qu’en Thaïlande les prix du riz ont grimpé cette semaine tandis qu’ils se maintenaient au Vietnam.

En Inde, les prix du riz étuvé 5% ont  grimpé à  $ 367-$ 375 la tonne, un plus haut depuis juin 2021, contre $359-$363 la semaine dernière. "Les moulins se concentrent principalement sur la mouture du riz blanc. Les approvisionnements étuvés sont très limités, et c'est pourquoi les prix augmentent", a déclaré un exportateur basé à Kakinada, dans l'État méridional d'Andhra Pradesh. Les prix se raffermissent également en raison de l’appréciation de la roupie.

En Thaïlande, les prix du Thaï 5% ont aussi progressé pour atteindre $404- $405  la tonne contre $390-$402 la semaine dernière. Selon des commerçants basés à Bangkok, la hausse provient d’une augmentation de la demande parmi les exportateurs qui devaient exécuter des commandes passées avant les vacances du Nouvel An.

La Thaïlande a exporté 5,39 millions de tonnes de riz entre janvier et novembre 2021, en hausse de 2,6% par rapport à la même période un an plus tôt, selon le ministère du Commerce.

Au Vietnam, les prix du Viet 5%  ont été quasi-stables à  $395-$405  la tonne, contre $395-$400 il y a une semaine avec une faible activité, les ventes étant lentes et les commerçants réduisant leurs achats auprès des agriculteurs.

Les exportations de riz ont baissé de 0,2%  sur 2021 pour atteindre à 6,24 millions de tonnes, selon les données douanières. Su le mois de décembre, elles ont chuté de 13,4% par rapport à novembre à 490 219 tonnes.

SUCRE

Le sucre ne fait pas des étincelles mais se maintient. Parti de 18,05 cents la livre (lb) en fin de semaine dernière à New York, le sucre roux a fait un plongeon lundi à 17,60 cents, son plus bas en cinq mois et demi, pour se ressaisir et clôturer hier soir à 18,09 cents. Quant au sucre blanc coté à Londres, la tonne est passée de $ 485,80 en fin de semaine dernière à $ 497,30 hier soir. Ce sont les pluies au Brésil et une généreuse production en Inde et en Thaïlande qui ont fait chuter les prix lundi.

Ceci dit, la tendance des prix demeurerait fondamentalement haussière, selon plusieurs analystes qui soulignent que le prix du pétrole est revenu à son niveau d’avant l’apparition du variant Omicron, ce qui pourrait conduire les prix de l’éthanol à la hausse. Comme chacun sait, ceci a pour conséquence quasi mécanique de réduire les volumes de canne dédiés à la fabrication de sucre, pour les consacrer à la production d’éthanol, notamment dans des pays comme le Brésil. Ceci donc réduit l’offre en sucre et fait grimper son prix. D’ailleurs le consultant HedgePoint Markets s’attend à ce que les raffineries au Brésil accroissent leur production d’éthanol dès le démarrage de la campagne, en avril. Pour sa part, le groupe industriel Unica projette que les broyages dans la région centre-sud du pays ne portent que sur environ 4 Mt entre les mois de janvier et mars, soit au moins 50% de moins qu’à la même période l’année dernière. Rappelons que la campagne sucrière dans le centre-sud court d’avril à mars mais les raffineries commencent habituellement à broyer au premier trimestre, au fur et à mesure que la canne est disponible.

La Chine, un des trois principaux importateurs de sucre au monde après l’Indonésie et les Etats-Unis, devrait peu importer ces prochains mois, selon le consultant spécialisé CovrigAnalytics. En effet, durant la campagne d’octobre 2020 à septembre 2021, Pékin a importé des volumes très importants de sucre, de l’ordre de 6,7 Mt dont 83,5% en sucre roux, alors que ses besoins à l’import ne sont que de 4,8 à 5 Mt. Une stratégie que certains ne s’expliquent pas car le sucre était cher durant cette période.

Les acteurs industriels, quant à eux, se portent bien ! Notamment le n°1 européen, l’allemand Suedzucker, qui a annoncé hier des bénéfices opérationnels qui ont caracolé de 90% au troisième trimestre qui s’est achevé fin novembre, à € 127 millions tandis que ses ventes progressaient de 17,4% à € 2,04 milliards. Sur l’année, le groupe s’attend à un bénéfice opérationnel qui se situerait entre € 320 et € 380 millions contre € 236 millions l’année précédente. Rappelons que l’activité du groupe agroindustriel est très diversifiée mais la performance de son segment sucre a été particulièrement saluée puisqu’il est passé d’un déficit opérationnel de € 28 millions au troisième trimestre 2020 à un bénéfice de € 10 millions sur le troisième trimestre 2021. La production de sucre de Suedzucker serait de 4,2 Mt cette année contre 3,5 Mt l’année dernière. « Avec un nouveau déficit mondial du sucre attendu en 2021/22, l’environnement du marché mondial devrait demeurer positif, » souligne l’industriel dans sa note.  L’Europe devrait produire davantage de sucre si les rendements sont bons mais la région demeurera un importateur net.

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