14 février 2009 - 00:00 |

Le Rendez-Vous Matières du Jeudi

Les commodities agricoles résistent bien à la crise économique mondiale

(12/02/09) Les marchés des softs comodities sont entrés dans une phase de consolidation. Le café, le cacao et le sucre bénéficient toujours de forts fondamentaux. Demeure l’incertitude sur l’ampleur de l’effondrement de l’économie mondiale.

CAFE Les cours du café ont fini sur une note variable mercredi, l’Aarabica livraision mars a perdu 1,05 cent à $1,158 la livre tandis qu’à Londres,le robusta contrat mai s’est avancé de six dollars à $1 628 la tonne. Ces derniers jours plusieurs rapports font état d’une perspective haussière pour la fin de l’année avec notamment la perspective d’une diminution de la production en 2009/10 au Brésil et en Colombie et une demande qui résiste à la crise. Un constat qui «laisse perplexe sur cette vision du marché» un courtier. La demande est actuellement faible et ”l’Arabica demeure toujours en rapproché avec des offres plus attractives en différentiel sur la fin de l’année» souligne-t-il. La qualité a dopé les prix sur le marché aux enchères de Nairobi au Kenya. Le pris moyen est passé à $191,40 pour un sac de 50 kilos contre $175,52 la semaine dernière. Au Burundi, les prix moyens enregistrés en janvier sont en hausse par rapport à décembre : $2,38 le kilo en janvier contre $2,21 en décembre, selon l’OCIBU. La production de café en 2008/09, qui prend fin en mars, devrait atteindre 24 700 tonnes selon l’OCIBU qui estime que celle de 2009/10 devrait tombée à 11 000 t. En revanche en Tanzanie on observe une baisse des prix et des achats en raison d’une moindre qualité. Les prix moyens se sont établis à $135-$60 le sac de 50 kilo contre $146-$90 la semaine précédente.
L’Ouganda compte exporter 300 000 sacs de 60 kilos de café en février, en baisse par rapport au mois de février 2008 (318 346 sacs), et aussi par rapport à janvier 2009 (332 211 sacs), selon l’Uganda Coffee Development Authority (UCDA). «Cette baisse de volume est largement imputable à des problèmes logistiques qui limitent la capacité d’offre de conteneurs attribué à de mauvaises conditions climatiques en Europe» souligne le rapport de l’UCDA.

CAOUTCHOUC Le retour de la Chine aux achats après le Nouvel An Lunaire soutient les prix du caoutchouc. La semaine dernière, les acheteurs chinois ont conclu des accords pour l’acquisition de 3 000 tonnes de caoutchouc pour livraison immédiate. Les achats de la de la Chine ont permis au marché d’enregistrer six jours consécutifs de hausse. Le 12 février, le contrat juillet clôturait à 140,2 yens le kilo, en baisse de 3% par rapport à mardi, le marché étant fermé mercredi Cependant, selon les dernières statistiques de l’Administration générale des douanes publiées le 11 février, la Chine a importé 60 000 tonnes de caoutchouc naturel en janvier, en baisse de 65% par rapport à janvier 2008, et de 45% par rapport à décembre 2008. Les importations de caoutchouc synthèse sont aussi en recul à 44 638 tonnes soit 64% moins que l’année précédente. De plus la conjoncture économique et notamment les résultats et perspectives des principaux constructeurs automobiles devraient continuer de faire pression sur les prix.

CEREALES Globalement la hausse générale des prix des céréales, tant locales qu’importées, se poursuit au Burkina Faso, au Mali et au Niger note Afrique Verte dans son dernier bulletin d’information sur la situation alimentaire au Sahel. Et avec souvent des prix plus élevés qu’en février 2008. A quelques exceptions près comme le riz au Mali reflétant la bonne campagne rizicole.

COTON Depuis le début de la semaine les cours du coton s’effritent et ont à nouveau baissé mercredi après avoir touché la perte limite de 3 cents mardi. Le contrat mars a perdu 1,15 cents à 45,83 cents la livre et celui de mai 0,96 cents à 46,99 cents. L’USD a a réduit ses estimations de la consommation mondiale de coton en 2008/2009 de 115,24 millions de balles le mois dernier à 112,63 millions actuellement et a augmenté ses prévisions de stocks de clôture de 59,4 millions à 61,71 millions de balles. . La consommation chuterait de 8,2% entre 2008 et 2009, soit sa plus importante chute depuis la dépression des années 1937-1938.
Un rapport clairement baissier mais qui semble avoir eu un faible impact sur les cours. Le marché attend pour la fin de la semaine le rapport de l’USDA sur les exportations hebdomadaires américaines et surtout celui du National Cotton Council sur les intentions de plantation des pays américains pour l’année prochaine. Une forte baisse des superficies est attendue. Le marché physique reste très déprimé.

RIZ Les cours mondiaux du riz se sont raffermis en janvier. Une situation prévisible, selon Patricio Méndez del Villar d’Osiriz, avec le retour des grands importateurs asiatiques, du Moyen-Orient et ouest africains, resserrant les disponibilités exportables. Cependant la nouvelle récolte asiatique a démarré début février et il se confirme qu’elle sera bonne. Si les prix mondiaux devraient se stabiliser, le marché mondial devrait être plus tendu dans les mois à venir souligne Méndez del Villar. En Afrique, les importations en 2009 devraient être moins importantes compte tenu des bonnes perspectives de la production locale mais le continent demeurera la première région déficitaire mondiale.
Les exportations de riz de la Birmanie ont près de doublé, à environ 400 000 tonnes, depuis janvier grâce à des prix compétitifs et une forte demande en provenance d’Afrique. La Birmanie vend le riz 25% entre $270 et $280 la tonne Fob, contre $348-$353 pour la variété similaire au Vietnam.

SUCRE Le marché du sucre sera en déséquilibre en 2008/09, l’ampleur du déficit est variable selon les analystes. Un déséquilibre provoqué par la forte chute de la production en Inde. Kingsman SA, basé à Lausanne, prédit un déficit de 9,6 millions de tonnes (Mt) en 2008/09 et anticipe un plus faible déficit entre l’offre et la demande en 2009/10 à 1,6 Mt. Un déficit en 2008/09 largement imputable à la baisse du deuxième producteur mondial, l’Inde. La production indienne en 2008/09 s’établirait entre 18 Mt et 19 Mt selon les estimations. Le prodcuteur Simbhaoli Sugars Ltd estimait que l’Inde importerait environ 4,5 Mt de sucre brut dans les douze prochains mois.
Au niveau de l’offre, Kingsamn estime que la production s’élèverait à 153,3 Mt en 2008/09 (156,3 Mt pour l’analyste FO Licht) et 165,3 Mt en 2009/10 . De son côté Fao Licht prévoit une production de 156,3 Mt en 2008/09. Au niveau de la consommation, Kingsman prévoit 165 Mt en 2008/09 et 166,9 Mt en 2009/10. Le groupe agro-industriel Cargill estimait le 9 février que le déficit tournerait autour de 4,5 Mt en 2008/09 tandis que la croissance de la demande ralentirait en raison de la dépression économique ne progressant que de 1% contre 2,6% initialement prévu.

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