14 février 2014 - 00:00 |

La Chronique Matières du Jeudi

Le biodiesel va soutenir l’huile de palme


(14/02/2914)
CACAO. Après avoir atteint un plus haut en deux ans et demi, le cacao sur le marché à Londres a terminé en baisse. Mais la tendance est toujours résolument haussière et ce d’autant plus que le sceptre d’El Nino plane sur le marché avec pour perspective un impact négatif sur les productions.
Selon les exportateurs, les arrivages de cacao en Côte d’Ivoire devraient baisser de moitié en février et mars par rapport à leurs niveaux d’il y a un an, ce qui contrebalancerait la belle performance de la première partie de campagne. Du début de celle-ci, début octobre, au 2 février, les livraisons aux ports d’Abidjan et de San Pedro ont atteint 1 047 000 t contre 879 000 t sur la même période la campagne dernière.

CAFE. L’Arabica a terminé en baisse dans un marché très volatil, à $ 1,4195 la livre, sur le marché à terme de New York avec pour perspectives des pluies plus qu’attendues au Brésil, notamment dans une des principales régions caféières de Minas Gerais. Ceci dit, le mal serait déjà fait: la récoltes serait affectée: l’importante coopérative Cooxupe qui s’attendait à une récolte de 10 Ms, a souligné que 30% était abîmé…
Hier, Goldman Sachs a relevé ses prévisions à 3 et 12 mois, portant à $ 1,30 par rapport à $ 1,20 précédemment ses estimations de prix d’Arabica.
En Ouganda, les exportations en janvier ont augmenté de 12,5%, à 391 514 sacs de 60 kg, grâce à l’amélioration des prix bord champ ces deux derniers mois, souligne un responsable de l’Uganda Coffee Development Authority (UCDA). Par exemple, des cerises séchées se sont vendues en moyenne 3 500 shillings ($ 1,42) le kilo en janvier contre 3 000 shillings il y a deux mois.
Au Kenya, les prix de meilleurs cafés ont baissé lors de la vente aux enchères, à $ 440 le sac de 50 kg contre $ 456 la semaine dernière. Le AA a coté $ 220-440 le sac contre $ 170-456 et l’AB $ 165-300 contre $ 139-335.Au total, 24 126 sacs ont été offerts à la vente et 14 012 ont trouvé preneur contre 17 408 et 11 458 respectivement la semaine dernière.
En Tanzanie, les Arabica ont grimpé lors des ventes aux enchères, suivant en cela la hausse enregistrée à New York. Au total 11 077 sacs de 660 kg ont été mis en vente et 10 408 ont été achetés contre 10 204 et 8 768 la semaine précédente.

COTON Les ventes de coton américain continuent à se faire à un rythme soutenue Le resserrement de l’offre de coton aux Etats-Unis a poussé cette semaine les cours à un plus hauts e 6 mois à 88,84 cents la livre à la clôture de mercredi pour le contrat de mai. Les Américains devraient semer plus de coton cette campagne, l’or blanc étant plus attractif que le maïs et le soja, selon une étude du National Cotton Council. Quelques 11,26 millions d’acres seraient emblavés ce printemps, soit une hausse de 8,2% par rapport à 2013. Au Texas, la région la plus importantes, les superficies seraient en hausse de 12,2%. C’est la première augmentation depuis trois campagnes.

HUILE DE PALME De meilleurs horizons se profileraient pour l’huile de palme. Selon une étude de Reuters auprès d’un pool de 28 analystes, les cours de l’huile de palme pourraient fortement augmenter au second semestre 2014, soutenus par une forte demande en biodiesel. Et cette demande émanerait des deux plus grands producteurs mondiaux, la Malaisie et l’Indonésie, deux pays qui ont engagé une politique ambitieuse pour le biodiesel. Selon les analystes, ces programmes pourraient absorber jusqu’à 11% de la production nationale. Une amélioration de la demande dans une période où la production est plus faible en Asie. Les prix pourraient s’apprécier de 14% à 2 700 ringgits ($808) la tonne en moyenne cette année, contre 2371 ringgits en 2013. ” Contrairement aux trois dernières années où les grandes fluctuations de l’offre ont le plus impacté le prix de l’huile de palme, nous pensons que la demande va prendre l’initiative en 2014 ” a déclaré Thilan Wickramasinghe analyste chez HSBC.

RIZ Un léger repris des prix a été constaté sur le mois de janvier avec des baisses les plus marquées pour les basses qualités souligne Patricio Mendez del Villar dans son dernier rapport Osiriz. En effet, face à la concurrence indienne et thaïlandaise, les prix vietnamiens ont du s’ajuster. «Les excédents d’exportation de l’ensemble des exportateurs asiatiques demeurent très abondants et l’on imagine mal une remontée significative des prix mondiaux, malgré les perspectives de stagnation de la production mondiale et de relance de la demande globale d’importation» observe Patricio Mendez del Villar. Et ce d’autant plus, qu’en pleine crise politique, la Thaïlande arrêtera à la fin du mois son coûteux et insoutenable financièrement programme de soutien des prix en vigueur depuis 3 ans.
En Afrique, après un recul en 2013, les importations de riz pourraient repartir à la hausse cette année, progressant de 5% (Elles se sont élevées à 12,9MT en 2013 et 13,5 Mt en 2012). La progression serait sensible au Nigeria et en Afrique du Sud, tandis qu’en Côte d’Ivoire, les importations baisseraient grâce à la reprise de la production nationale.

SUCRE L’activité a été particulièrement soutenue sur le marché à terme de New York du sucre roux, mais avec des cours qui ont terminé en baisse. Visiblement, les opérateurs ne font guère de cas de la sécheresse au Brésil qui devrait tant affecter les volumes que le déroulement de la campagne: la saison 2014/15 de broyage de la canne sera sans doute en retard.
De son côté, l’Inde a accordé une subvention à sa filière sucre roux face à un excédent chronique de sucre raffiné. New Delhi entend ainsi booster l’exportation de sucre roux, ce qui devrait encore peser sur les cours mondiaux.
En 2013, les importations russes de sucre roux ont atteint 530 300 t contre 520 300 t l’année précédente, selon les statistiques douanières.
Quant aux perspectives à plus long terme, Clovis Junqueira d’Ecom Agroindustrial estime que la consommation mondiale de sucre devrait excéder la croissance démographique ces 10 prochaines années, les hausses de production devant émaner du Brésil, de l’Inde et de Thaïlande. La population augmenterait de 1,06% par an d’ici 2023 alors que la consommation de sucre serait en hausse de 1,6% annuellement. Pour répondre aux besoins, la production mondiale sucrière devrait augmenter de 26 Mt pour répondre aux besoins qui seraient de l’ordre de 205 Mt d’ici 2023. La production brésilienne s’inscrirait en hausse de 11 Mt et celle d’Inde et de Thaïlande d e5 Mt chacun. Le spécialiste estime que ni l’Inde ni la Chine ne devrait être autosuffisant, notamment pour des questions d’accessibilité à l’eau et de disponibilité en terres, notamment en Chine.

THE Le prix le plus élevé pour la plus haute qualité kenyane a chuté aux enchères de Mombassa pour atteindre $ 4,13 e kilo contre $ 4,41 la semaine dernière, selon Africa Tea Brokers (ATB). Les Best Broken Pekoe Ones (BP1s) se sont vendus à $3,15-4,13 le kilo contre $3,42-$4,41 le kilo aux précédentes ventes. Les Best Brighter Pekoe Fannings Ones (PF1s) sont partis, quant à eux, à $2,30-$2,95 le kilo contre $2 ,50-$3,10 le kilo. A noter que 13% des 153 181 cartons proposés à la vente n’ont pas trouvé preneurs. Les principaux acheteurs venaient du Pakistan, de l’Egypte, du Yemen et de l’Afghanistan. En revanche, le Kazakhstan, la Russie et l’Iran ont été moins présents.

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