14 mars 2013 - 00:00 |

La Chronique Matières du Jeudi

Hausse des prix des céréales au Sahel

(14/03/2013)

Cacao. Le cacao a encore perdu quelques points sur la position mars, se positionnant toutefois au dessus du plus bas en 9 mois atteint la semaine dernière à Londres. Selon des négociants, le démarrage tardif en Afrique de l’Ouest de la campagne intermédiaire 2012/13, qui court habituellement d’avril à septembre, ne devrait pas provoquer de difficultés d’approvisionnement. A noter que la récente hausse des cours du cacao aurait provoqué quelques ventes à terme des pays producteurs : le Ghana serait depuis deux semaines sur le marché, selon un analyste.
Le marché à terme américain ICE Futures US a décidé de prendre de nouvelles sanctions contre le nombre trop élevé de fèves de cacao aux 100 gr. La mesure est applicable sur le terme juillet. Objectif ? Améliorer la qualité du cacao afin d’être plus en phase avec la réalité des pratiques commerciales.

Café. Le prix de l’Arabica a du mal à se maintenir face à la perspective d’une deuxième récolte brésilienne record alors que, théoriquement, on est cette année dans le creux du cycle bisannuel. L’écart entre les années s’estompe de plus en plus avec des pratiques agricoles qui s’améliorent et une utilisation plus importante d’engrais et le recours croissant à l’irrigation. Ainsi, l’Arabica est parvenu à se maintenir aujourd’hui au dessus de son plus bas en 32 mois enregistré en février.
Quant au Robusta, il est question qu’il pleuve au Vietnam, premier producteur mondial sur cette variété de café, ce qui atténue les craintes de voir la récolte souffrir de la sécheresse. Les producteurs se sont donc portés à la vente, craignant une baisse des prix, ce qui a effectivement fait baisser les cours mondiaux aujourd’hui après qu’ils aient atteint à Londres hier leur plus haut niveau en 5 mois sur des prises de bénéfices. Jusqu’au revirement de tendance aujourd’hui, le Robusta avait enregistré 5 séances consécutives de hausse en raison de la situation au Vietnam.

Céréales. Dans les pays du Sahel, les prix des céréales s’inscrivent globalement à la hausse, souligne Afrique Verte dans son bulletin d’information. Au Niger, début mars, la tendance à la hausse des prix s’est poursuivie notamment pour les céréales sèches. Seuls deux marchés ont enregistré de légères baisses sur 2 produits (-3% sur le riz à Agadez, -8% sur le maïs à Niamey). Les hausses les plus significatives ont été enregistrées pour le mil (+14% à Tillabéry ; +11% à Zinder et +9% à Maradi) ; pour le sorgho (+15% à Tillabéry et +10% à Zinder) et pour le maïs (+5% à Dosso).
Au Mali, le marché céréalier a été marqué par une stabilité relative au niveau des principales régions productrices (Ségou, Sikasso et Mopti). Toutefois, hormis le mil à Gao qui a enregistré une forte hausse conjoncturelle le mois passé, au niveau des zones urbaines ou déficitaires, la tendance des prix est à la hausse. Néanmoins comparé à l’année dernière, les prix des céréales restent globalement inferieurs.
Au Burkina Faso, toujours début mars, la tendance générale des prix des céréales est à la hausse pour les céréales sèches sur certains marchés suivis, tandis que le prix du riz est stable.

Coton. Cela fait plus de deux ans qu’on n’avait pas enregistré une hausse sur une hausse longue période des prix internationaux du coton. La fibre a pris 20% en valeur depuis le début de l’année et aujourd’hui, elle a dépassé les 90 cents pour la première fois depuis avril 2012. Une hausse qui pourrait inciter les fermiers américains à planter davantage de superficies en coton, à ceci près que le prix du maïs demeure plus intéressant. Rappelons qu’en février, le National Cotton Council avait publié sa première estimation de plantation pour 2013/14 qui serait de 9,02 millions d’acres, la plus faible superficie en 20 ans. Le département américain de l’Agriculture (USDA) estime les superficies, pour sa part, à 9,8 millions d’acres. Toutefois, si la production américaine cotonnière devait augmenter au regard des prix élevés actuels, cela pèserait lourdement sur un marché dont les stocks sont déjà record étant donné la morosité de la consommation mondiale.

Huile de palme. L’huile de palme sur le marché à terme de Malaisie est tombée aujourd’hui à son plus bas en deux mois, enregistrant ainsi sa troisième journée de baisse consécutive, réagissant ainsi à un marché déprimé du soja. Rappelons que les deux huiles concurrentes évoluent habituellement en duo.
Sur le marché du physique, on s’attend à uen baisse saisonnière de production, ce qui permettrait d’alléger les stocks et de soutenir les prix.

Riz. En février, les cours mondiaux du riz sont restés globalement stables, avec toutefois des situations toujours aussi contrastées, souligne Patricio Mendez del Villar du Cirad dans le bulletin mensuel Osiriz. En Asie, les marchés restent pilotés par la demande en raison de l’abondance des disponibilités exportables, tandis sur que les marchés outre-Atlantique et d’Amérique du Sud les vendeurs prédominent compte tenu de disponibilités moins importantes et une forte demande d’importation régionale. Aussi, les prix devraient rester fermes aux Etats-Unis et dans le Mercosur, tandis qu’en Asie, la tendance baissière se poursuivra en raison de la concurrence sévère entre les principaux exportateurs. Les perspectives d’une réduction des échanges mondiaux en 2013, due à une baisse de la demande asiatique et africaine, si elle se confirme, vont probablement peser, à leur tour, sur l’évolution future à la baisse des cours mondiaux.
En Afrique subsaharienne, les prévisions d’importations en 2013 indiquent une baisse de 10% à 11 Mt contre 12Mt en 2012. Le Nigeria, premier importateur mondial, espère réduire significativement ses importations (-20%) grâce à une amélioration de la production et à une augmentation des taxes à l’importation. Dans le reste du continent, et notamment en Côte-d’Ivoire et au Sénégal (deuxième et troisième importateurs africains), les importations devraient baisser aussi grâce à des conditions climatiques plus favorables aux cultures. En revanche, en Afrique australe, et en particulier en Afrique du Sud, la demande d’importation devrait progresser une nouvelle fois pour s’élever à 1Mt.

Sucre. Renversement de tendance aussi sur le sucre roux aujourd’hui, New York perdant quelques points après avoir pris 3% au cours de la dernière semaine. La baisse enregistrée aujourd’hui devrait toutefois être limitée car la Chine a fait des achats physiques. En outre, on anticipe une réduction de taxes sur l’éthanol au Brésil ainsi que des coûts logistiques en hausse chez le numéro un mondial, selon James Kirkup qui dirige le négoce sucre chez ABN AMRO Markets. Ceci dit, la tendance générale est résolument baissière sur le sucre roux en raison de l’important excédent qui existe sur ce marché. Le gouvernement américain envisage même d’acheter du sucre excédentaire sur son marché domestique et le vendre aux fabricants d’éthanol afin de soutenir les prix du sucre, Washington craignant des défauts de paiement parmi les transformateurs qui ont contracté quelque $ 862 millions d’emprunts. Ces achats seraient une première pour le gouvernement.
Le sucre blanc, quant à lui, s’est inscrit aujourd’hui en hausse sur le marché de Londres. La Russie devrait importer davantage de sucre sur la campagne 2013/14 car la baisse des prix a entrainé une baisse des superficies consacrées à la culture de la betterave, a souligné l’Institut russe d’études des marchés agricoles (Ikar).

Thé. Le prix moyen des thés vendus mercredi aux ventes aux enchères de Mombassa a baissé légèrement à $ 4,22 le kilo pour les meilleurs Broken Pekoe Ones contre $ 4,33 aux ventes précédentes la semaine dernière.
Une filière qui se porte bien actuellement, le Kenya ayant enregistré une hausse de 25% de sa production en janvier, à 45 300 t, les exportations s’élevant à 39 800 t contre 37 900 t en janvier 2011.

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