14 avril 2007 - 20:15 |

La Commission internationale des industries agricoles et alimentaires (CIIA) amorce un tournant

La formation continue permet une meilleure connaissance des marchés mondiaux

 La Commission Internationale des Industries Agricoles et Alimentaires (CIIA) est unique au monde. Créée en 1934, l’organisation internationale regroupe 35 pays dont trois africains (Egypte, Maroc et Madagascar), mais aussi des universités (dont l’Institut Hassan II à Rabat), des centres de recherche, des organisations professionnelles et quelques entreprises. Elle est copropriétaire de la revue IAA (Industries Alimentaires et Agricoles). Ses objectifs : développer la coopération internationale dans les domaines scientifique, technique et économique dans ce secteur vital que sont les industries agricoles et alimentaires. Un secteur prépondérant dans l’économie mondiale.
Pourtant, le constat dressé est brutal : qui connaît encore la CIIA aujourd’hui ? « Il n’y a pas d’organisme équivalent au CIIA à travers le monde. L’organisation a été efficace mais toujours discrète », a rappelé le 11 avril son président, l’ambassadeur de Madagascar à Paris, Jean-Pierre Razafy-Andriamihaingo. « Il faut restaurer la vocation internationale de la Commission. Nous sommes dans une nouvelle dynamique. » D’où l’approbation d’un Plan d’actions stratégiques sur 2007-2010 lors de l’assemblée générale le 20 décembre dernier.
Rapide rappel de l’évolution de l’organisation : jusqu’en 1974, la CIIA organisait chaque année un congrès qui réunissait un petit millier de scientifiques venus des quatre coins du monde. Une opération lourde à gérer et coûteuse qui a conduit la Commission, dans un premier temps, à s’orienter vers des colloques thématiques plus ciblés puis, à partir de 1994, vers des stages de formation continue. Mais ces stages ne sont dispensés que dans deux endroits, en France (en français) où d’ailleurs se trouve le siège de l’organisation, et à Porto. Leur impact est donc restreint, voire inexistant auprès de pays montants comme les pays asiatiques (de cette région, seul le Laos est membre) ou encore les pays d’Europe de l’Est, l’Amérique latine sans oublier l’Afrique.
La CIIA est, par conséquent, en train de se ressaisir et veut attiser son réseau riche de quelque 400 à 500 spécialistes dans divers domaines de l’agro industrie. Elle entend, notamment, « internationaliser ses stages en les régionalisant afin de mieux les adapter aux exigences des pays membres », souligne son secrétaire général Michel Foucault. L’Espagne propose d’être un pôle à l’égard de l’Amérique latine ; la Hongrie pourrait le devenir pour l’Europe centrale ; le Maroc ou Madagascar pour l’Afrique ; pour l’Asie, le pôle reste à trouver.
La Commission veut aussi solliciter davantage les industries agro-alimentaires afin qu’elles deviennent des « membres associés privilégiés » pouvant organiser des évènements selon leurs besoins spécifiques mais aussi permettant la création de réseaux de contact. Une ouverture à laquelle les pays notamment du Sud pourraient être sensibles.

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