14 juin 2013 - 00:00 |

La Chronique Matières du Jeudi

Rude semaine


(13/06/2013)

CACAO. Le cacao a terminé hier à Londres en baisse, tombant à son plus bas niveau depuis le début de l’année. La belle production vers laquelle l’Afrique de l’Ouest s’achemine pèse sur les cours grâce à une météorologie favorable.
La politique du gouvernement ivoirien d’expulser des planteurs illégaux de cacao des parcs nationaux, ce qui touche quelque 2 000 planteurs, risque d’affecter la production nationale, selon des exportateurs. Environ 50% des 231 réserves forestières couvrant 4,2 millions d’hectares sont occupés illégalement, un mouvement qui s‘est accentué avec la guerre civile qui a duré jusqu’en 2011. Selon certains exportateurs, quelques plantations à haut rendement se trouvent dans ces forêts. L’impact de ces expulsions sur la production cacaoyère devrait se faire ressentir à partir de la prochaine campagne qui s’ouvre début octobre. Les régions les plus impactées sont celles de San Pedro, Soubre et Sassandra.
D’autre part, toujours en Côte d’Ivoire, les arrivages aux ports d’Abidjan et de San Pedro ont atteint 1 260 000 t au 9 juin et ce, depuis le début de la campagne en octobre, contre 1 190 000 t à pareille époque la campagne dernière.
Au Ghana, les achats de cacao par le Cocobod ont légèrement dépassé les objectifs, atteignant 755 446 t à la fin de la campagne principale le 30 mai. De bonnes conditions météorologiques mais également des volumes entrant en fraude de Côte d’Ivoire en seraient les deux raisons essentielles. Le Cocobod avait pour objectif 800 000 t sur l’ensemble de la campagne dont 730 000 sur la principale. Si cette bonne météo persiste, le Cocobod se met à rêver d’atteindre 900 000 t d’ici la fin de la campagne en septembre. La campagne intermédiaire s’ouvre le 4 juillet.
Cette semaine, le Ghana a fait son « road show » européen pour lever $ 1,25 milliard en prêts bancaires syndiqués pour financer la prochaine campagne. L’année dernière, il avait levé $ 1,5 milliard.

CAFE. La semaine a été rude pour l’Arabica. Mercredi, l’Arabica a connu son plus important décrochage sur une seule journée en 5 mois, avec des prix en chute de plus de 5% mercredi, à $ 1228 la livre. La raison ? L’abondance du café ! Non seulement la récolte brésilienne est record mais la production s’annonce également très belle en Afrique de l’Est. 2013/14 sera donc à nouveau excédentaire, selon la note hebdomadaire de Goldman Sachs. Selon l’analyste Safras & Mercado, la récolte brésilienne 2013/14 serait de 52,9 millions de sacs de 60 kilos (ms). Les estimations précédentes, en décembre, étaient dans une fourchette allant de 49,1 à 52,3 Ms. Nous serions donc au-delà du haut de la fourchette.
Quant au Robusta, il serait en « chute libre », selon Sucden. Il a baissé de 2,8% jeudi, terminant à $ 1 731 a tonne, son plus bas depuis janvier 2012.

CAOUTCHOUC Après deux séances de hausse, les cours du caoutchouc ont plongé mercredi sur la bourse de Tokyo à un plus bas de neufs mois clôturant à 240,1 yens le kilo, la perspective de la demande pesant de tout son poids. Faiblesse des marchés des capitaux, hausse du yen et stocks élevés chez le principal consommateur, la Chine, ont aussi pesé sur le marché physique. Le Thai STR20 échéance juillet/août se vendait à $2,38 le kilo, son plus bas niveau depuis fin 2009.
Peu de perspectives encourageantes avec l’anticipation d ‘une hausse saisonnière de l’offre, d’une demande atome, en particulier avec le ralentissement en Chine, et des stocks élevés. Les prix pourraient descendrent plus bas encore. ”Il semble que la correction des prix n’est pas encore terminée. Le marché va rester baissier. La demande des fabricants de pneus est déprimée,” indique un courtier de Kuala Lumpur. Et les négociants ont peu d’espoir pour que la réunion tripartite entre la Thaïlande, l’Indonésie et la Malaisie prévue cette semaine parvienne à stabiliser les cours. ”Il semble que l’Indonésie et la Malaisie soient satisfaits des prix actuels » estime un négociant à Hat Yai dans le Sud de la Thaïlande. Tandis qu’un autre trader à Bangkok estime que –« pousser les prix plus haut n’est pas la bonne réponse.
Quand vous vous rappelez que les acheteurs ont cessé d’acheter lorsque les prix ont atteint un record. C’était un choc”_. ,

CEREALES. La production mondiale de céréales devrait progresser de 6,5% en 2013/14 pour atteindre un record de 2,46 milliards de tonnes, notamment grâce à une bonne production de blé et un rebond de la filière maïs aux Etats-Unis, a souligné hier la FAO. Ceci devrait permettre de regonfler les stocks mondiaux ce qui devrait avoir pour conséquence uen baisse des prix mondiaux la prochaine campagne.
La demande mondiale en céréales progresserait de 3% à 2,4 milliards de tonnes en 2013/14, les plus fortes demandes émanant des produits d’embouche à partir de maïs mais également une utilisation accrue de cette céréale pour des raisons industrielles, énergétiques.
Les stocks mondiaux de céréales en fin de campagne en 2014 augmenteraient de 11% à 569 Mt, le niveau le plus élevé depuis 12 ans.
La production de blé atteindrait 702 Mt et le riz 489,9 Mt.

COTON Les cours du coton ont continué sur leur lancée de la semaine dernière avec de nouvelles hausses, le contrat de juillet clorant jeudi au-dessus de 90 cents à 91,72 cents la livre. Comme la semaine dernière, la croissance de la demande s’est traduite par de bonnes ventes américaines de fibre blanche à l’exportation.
En outre le dernier rapport du département américain de l’Agriculture (USDA) publié mercredi souligne que les stocks américains de coton atteindront leur plus bas niveau en trois ans à la fin de la campagne 2013/14. En outre, les prévisions de la production américaine ont été révisées à la baisse à 13,5 millions de balles (14 millions de balles précédemment), une réduction qui intervient au moment où l’approvisionnement mondial, hors Chine, est tendu avec une forte demande d’importation.
En Afrique de l’Ouest, les prévisions de production pour 2013/2014 montrent une progression de 20% de la production à 2,160 millions de tonnes (Mt) contre 1,797 Mt en 2012/13. Globalement, si les prix aux producteurs ont légèrement baissé cette campagne, ils demeurent globalement attractifs.

HUILE DE PALME Retour à la baisse cette semaine sur la Boursa Malaysia Derivative Exchange avec une correction du marché après cinq semaines de hausse qui ont permis au cours de s’apprécier de 9%.

RIZ Les prix du riz au Vietnam ont atteint mercredi leur plus bas niveau depuis trois ans bousculés par la faiblesse de la demande tandis que la faiblesse du bath décourage les exportateurs de baisser leur prix alors que la politique d’achat de l’Etat les a poussé vers le haut. Lez Viet 5% de brisures a chuté à $365-$370 et celui 25% de brisures à $335 la tonne. Si certains contrats d’achat ont été conclus avec la Chine et l’Afrique, les volumes demeurent faibles. À partir du 15 juin et jusqu’au 31 juillet, les sociétés vietnamiennes de riz devraient commencer à acheter 1 million de tonnes de riz usiné, soit environ 1/5 de la récolte actuelle du Delta du Mekong, et stocker les grains hors du marché pendant trois mois afin de soutenir les prix, selon le gouvernement. Une mesure qui a déjà été prise sur de courtes périodes ces dernières années principalement pour arrêter la chute des prix domestiques et s’assurer de stocks suffisants pour l’embarquement mais une mesure qui a eu peu d’impact sur le mouvement des prix à l’exportation.
En revanche, les prix du riz en Thaïlande sont restés stables à des niveaux relativement élevés en dépit de la faiblesse du baht thaïlandais. Le Thaï 5% de brisures était à $540 la tonne, inchangé par rapport à la semaine dernière. Les stocks détenus par le gouvernement sont estimés à un record de 17 millions de tonnes de riz blanchi, stocks qui occasionnent de lourdes pertes. Un rapport estime qu’elles s’élèveraient 200 milliards de bahts (6,5 milliards de dollars) pour 2011/12, soit environ 8% du budget de l’Etat. Une situation qui ajouté au carburant a fait tirer la sonnette d’alarme par l’agence de notation Moody. sur le budget de l’Etat.

SUCRE. Les prix du sucre continuent à subir la récolte record de canne au Brésil confirmé par le rapport du brésilien Unica, rendu public mardi. Une récolte de 590 millions de tonnes de canne à sucre bat son plein dans les régions centre-sud. De son côté, le Département américain de l’Agriculture (USDA)a augmenté son ratio stock/consommation pour les Etats-Unis à 22,4% contre 18,8% le mois dernier. Le sucre roux a finalement terminé hier soir en hausse grâce à des opérations de couverture mais avait chuté avant à ces plus bas en 3 ans.
Dans les ports brésiliens, les navires font la queue : ils étaient 55 à attendre cette semaine contre 54 la semaine dernière, les broyages allant bon train, selon la compagnie maritime Williams Servicos Maritimos.

THÉ Le prix moyen aux ventes aux enchères de Mombassa, mardi, a chuté à $3,16 le kilo pour un Broken Pekoe Ones, contre $3,21 la semaine dernière. Les Best Broken Pekoe Ones (BP1) se sont vendues en moyenne à $22,82-$3,50 le kilo contre $2,92-$3,50 précédemment, selon le rapport de marché d’Africa Tea Brokers (ATB) et le Best Pekoe Fanning Ones (PF1) à $ 2,45-$3,00 le kilo contre $2,40-$2,90,.
 Ont été offerts à la vente 163 106 paquets dont 10,03% sont demeurés invendus, contre 145 709 paquets et 17,11% invendus aux ventes précédentes. Les acheteurs du Pakistan, de l’Egypte, du Yémen, du Soudan, d’Afghanistan et du Kazakhstan ont été les plus actifs.

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