14 juin 2019 - 16:41 |

Au Nigeria, une nouvelle variété de niébé qui va rapporter gros

L'Institut de recherche agricole (IRA) de l'Université Ahmadu Bello de Zaria, dans l'État de Kaduna au Nigeria, spécialisé depuis une dizaine d’années dans la lutte contre les insectes dans la production de niébé, a mis au point une nouvelle variété de niébé qui injecterait  48 milliards niaras (€ 120 millions) dans l'économie du pays chaque année, souligne Premium Times Nigeria.

L'avantage de cette variété pour les agriculteurs et les consommateurs nigérians relève d’une diminution de l’utilisation de pesticides (deux pulvérisations au lieu de huit), qui conduisent à des économies substantielles. Si bien que si cette nouvelle variété de niébé est cultivée sur un million d’hectare (le Nigéria dispose de 3,8 millions d’hectares de niébés plantés) les économies se chiffrent à plus de NGN 16,2 milliards (€ 40 millions) par an. En outre, les économies réalisées sur l’utilisation de pesticides ne sont pas le seul avantage de cette production car elle permet une augmentation des rendements de 20 % : "L'économie annuelle […] est estimée à 48 milliards de naira, si un million d'hectares est planté pour cette variété résistante aux insectes, en supposant qu'une tonne de niébé coûte 120 000 nairas" peut-on lire.

Cette nouvelle variété de niébé serait autorisée à être cultivée et commercialisée en décembre, après qu'une série d'expériences scientifiques soit menée sous l’œil attentif de l'Agence nationale de gestion de la biosécurité (NBMA).

Rappelons que les OGM se multiplient au Nigéria. L’USDA indiquait dans son rapport publié le 20 mai dernier (voir Les OGM toquent à la porte du Nigeria) que le Service de quarantaine agricole du pays (NAQS) encadre les premiers essais de soja tolérant aux herbicides dans le pays. Par ailleurs, le manioc résistant aux virus et amélioré sur le plan nutritionnel (le projet VIRCA Plus) est en cours de réflexion dans le pays. Le projet vise à produire du manioc résistant à deux maladies : le virus de striure brune du manioc (CBSD) qui détruit les racines comestibles, et la maladie de la mosaïque du manioc (CMD) qui peut retarder ou même tuer les plantes. Ces deux maladies sont propagées par les mouches blanches qui ne peuvent pas être contrôlées par des pesticides. Enfin, les dernières cultures telles que le sorgho bio-fortifié et le riz à l’azote et à l’utilisation efficace de l’eau et tolérante au sel (NEWEST) en sont à différents stades d’essais.

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Commentaires

Des rendements élevés et moins de pesticides. Ce sont les mêmes arguments qui ont été servis aux cotonculteurs burkinabés lorsque les variétés conventionnelles ont été remplacées par la variété OGM «BT». Variété qui a été rapidement retirée car la qualité de la fibre ne correspondait pas au standards du marché. Heureusement, du fait de l’organisation de la filière coton, il y a peu de chance que des semences BT trainent dans les cases. Mais ce sera une autre histoire avec le niébé au Nigéria. Ceux qui ont connu la Révolution verte ont compris que les nouvelles variétés ne peuvent pas résoudre d’un coup de baguette magique les problèmes de l’agriculture. Variété améliorée ou pas, une culture ne peut tirer que du sol les nutriments nécessaires pour obtenir ces fameux hauts rendements promis et les engrais chimiques ne sont pas suffisants. L’urgence aujourd’hui c’est la fertilité des sols : restauration du taux de matière organique et de la vie des sols, associations culturales, rôle de l’arbre …. C’est sur ces sujets que la recherche doit travailler plutôt que de céder aux chimères de Monsanto et Bayer dont les responsables ne seront pas là pour rendre des comptes lorsque l’on s’apercevra que la diffusion de leurs variétés OGM aura été un désastre économique ou écologique.

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