14 juin 2019 - 17:52 |

Des bons électroniques pour améliorer la productivité de 210 000 agriculteurs en Afrique de l'Ouest

La révolution numérique dans l’agriculture en Afrique de l’Ouest se poursuit. Cette fois-ci, elle opère sous la forme de bons électroniques ou vouchers pour délivrer les subventions agricoles en Guinée, au Mali et au Niger. En témoigne le dernier rapport du Groupe de Banque mondiale intitulé « Numériser l'agriculture : résultats des programmes de délivrance de bons électroniques au Mali, au Niger et en Guinée », publié le 3 juin dernier dans la septième édition du Bilan économique AFCW3.

Les gouvernements de la Guinée, du Mali et du Niger distribuent aux agriculteurs des « subventions »  agricoles sur les engrais, semences, semis, petit matériel et équipements de taille intermédiaire et autres intrants afin d’aider les agriculteurs à développer leurs exploitations. Ces subventions sont délivrées par les ministères de l’Agriculture de ces trois pays dans le cadre du Programme de productivité agricole en Afrique de l’Ouest (PPAAO), financé par la Banque mondiale, dont l’objectif est de générer et d’accélérer l’adoption de technologies.

Ce programme de bons électroniques a pour objectif d’améliorer la transparence de la distribution des intrants agricoles, améliorer le ciblage des populations les plus vulnérables, faire participer le secteur privé à la distribution d’intrants de bonne qualité et améliorer le suivi et l’évaluation des subventions et leurs impacts sur les agriculteurs. Le programme cible les agriculteurs des zones les plus vulnérables, qui cultivent des cultures prioritaires et stratégiques, et le genre. Au Mali et en Guinée, le programme cible principalement les petits agriculteurs et les femmes.

Plus précisément, une base de données électronique qui rassemble différents agriculteurs a été créée à l’aide d’une campagne menée par environ 500 enquêteurs dans l’ensemble des trois pays et qui a permis l’inscription de 209 252 agriculteurs au programme pilote. Un SMS a été envoyé aux agriculteurs pour qu’ils s’inscrivent sur la plateforme numérique. Une fois l’inscription réalisée, un nouveau SMS est envoyé aux bénéficiaires, leur indiquant la nature de la subvention et le lieu dans lequel l’agriculteur peut aller la récupérer. Le programme s’assure que le bénéficiaire reçoit l’intrant agricole, s’assure de son utilisation et de son impact pour l’agriculteur.

Les limites de ce programme se fonde sur la pertinence du ciblage, l’envoie de message SMS à une population fortement analphabète qui s’est empressée de supprimer le SMS d’inscription à la subvention agricole, et des retards à la livraison propre au secteur public, si bien que des intrants ont été livrés dans certains cas après la saison des pluies.

Rappelons que la Guinée, le Mali et le Niger sont des pays à faible revenus, dont le secteur agricole représente respectivement 16 %, 38 % et 40 % du PIB en 2017. C’est aussi la principale source d’emploi pour la majorité de la population 68 %, 57 % et 75 %, en 2018. Dans ces trois pays, le secteur agricole se caractérise par de faibles rendements dus à une utilisation limitée d’intrants, bien qu’ils soient en augmentation ils n’ont pas les rendements escomptés (voir Seulement 25% des intrants utilisés en Afrique de l'Ouest sont certifiés).

Au lendemain de la crise alimentaire de 2008, les gouvernements de Guinée, du Mali et du Niger ont lancé des stratégies de développement agricole dont l’Initiative 3N « Les Nigériens nourrissent les Nigériens », l’Initiative riz au Mali (2009-2018) et l’Initiative présidentielle pour l’agriculture en Guinée – afin d’aider les populations qui subissent les crises. Le Mali dispose du programme de subvention le plus important avec une somme allouée avoisinant les FCFA 45 milliards en 2018. Mais l’augmentation des subventions n’améliore pas forcément les rendements agricoles ce qui a conduit à developper les bons électroniques.

 

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