14 novembre 2019 - 07:57 |

La blockchain du riz, une solution pour que l'Afrique contrôle sa contrebande ?

Alors que le Nigeria en est à fermer ses frontières pour mieux contrôler son commerce, notamment de riz, Fujitsu Blockchain Innovation Center à Bruxelles et Rice Exchange (Ricex), basé à Singapour, ont annoncé la semaine dernière la mise sur le marché de la première plateforme mondiale de négociation du riz au monde basée sur la blockchain.

Fidèles aux principes du blockchain, les acheteurs, vendeurs, fournisseurs de services peuvent ainsi se retrouver, effectuer leurs transactions et organiser des assurances, des expéditions, des inspections et des règlements avec la garantie d'une intégration transparente et de données vérifiables. Ricex permet, notamment, aux acheteurs de rechercher et trouver du riz certifié ayant été cultivé de manière durable, souligne le communiqué.

La blockchain pour faire la lumière dans la filière

Cette application de la blockchain sur le commerce du riz est intéressante à plus d'un égard, soulignent ses promoteurs. Tout d'abord, les volumes de transactions internationales du riz ont été multipliés par cinq en 30 ans, soit 48 millions de tonnes (Mt) qui représentent un marché mondial de $ 450 milliards en 2018, dont la majorité à destination de l'Afrique, notamment du Nigeria, et du Proche Orient. D'autre part, ce commerce est encore largement basé sur le papier, relativement "opaque" et "complexe" car entre les mains d'un nombre restreint d'acteurs, souligne Ricex. En outre, la très grande diversité de types de riz rend la tarification complexe, précise-t-il.

Notons que Fujitsu est le premier fournisseur japonais de technologies de l'information et de la communication (TIC).

Quant à Ricex, basé à Singapour, c'est Stephen EDkins qui a eu l'idée en juillet 2017 de créer une plateforme de commerce du riz basée sur le blockchain. En juillet 2018 était lancé le Programme des adopteurs précoces ("Early Adopter Programme"). En décembre, 400 de ses nouveaux "adopteurs" du système se sont engagés à commercialiser annuellement 7 millions de tonnes (Mt) de riz par la blockchain. Il s'agit d'importateurs, d'exportateurs, de distributeurs, de traders. "Il y a une répartition égale entre vendeurs et acheteurs et nous sommes confiants que nous avons assez de volume pour s'assurer d'une activité de trading suffisante lorsqu'on lancera la plateforme début 2020", souligne Ricex.

Le grain de riz grippe les économies africaines

Rappelons que le riz est l'étincelle qui a allumé le feu des autorités nigérianes et l'ont conduit à fermer ses frontières terrestres. A ce jour, seul le riz transitant par les ports nigérians est autorisé à rentrer, soumis à un droit de douane qui a été porté à 70% en 2013 ; aucun volume par voie terrestre n'est autorisé.

Rappelons aussi que les pays voisisn du Nigeria n'ont pas été longs à réagir.  Dès 2014, le Bénin abaissait ses droits d'importation sur le riz qui sont passés de 35% à 7%. Pour sa part, le Cameroun a appliqué un droit de douane de zéro contre 10% auparavant. Les importations ont explosé. A son point culminant, si le Bénin  avait consommé tout le riz qu'il importait, chaque Béninois aurait dû manger 150 kg de riz de la seule destination thaïlandaise.

Et l'histoire se répète à l'infini sur de nombreux autres produits, rappelle la BBC dans un très intéressant article titré "Nigeria's border crisis fulled by rice".

 

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