14 décembre 2009 - 00:00 |

La Chronique Matières du jeudi

Le cacao touche un plus haut de 25 ans

(10/12/09)

CACAO Le cacao a touché cette semaine un plus haut de 25 ans à £ 2 277 la tonne à Londres pour le contrat de mars, pour clôturer à £ 2 276. Les appréciations sur le déficit mondial ou non et la reprise de la consommation continuent d’alimenter le marché, les avis sont néanmoins divergents suivant si l’on se place du côté des confesseurs ou des négociants.
Ainsi, la German Cocoa Trade Association n’anticipe pas pour 2009/10 un déficit global du cacao avec de bonnes perspectives de récolte dans les principaux pays exportateurs d’Afrique de l’Ouest et le ralentissement économique qui réduit la demande des confiseurs. Une analyse bien différente des autres prévisions. «Je n’attends pas un déficit mondial cette année, les prix devraient demeurer à leur niveau actuel» affirme Andreas Christiansen, président de l’association ajoutant «Avec des prix élevés, la faiblesse de la consommation, la demande est basse dans le monde entier». Le ralentissement économique a fait fondre la consommation de chocolat dans la plupart des régions du monde, avec des prévisions de ventes de détail en baisse d’environ 4% sur les marchés américain et allemand.
La faiblesse de la demande physique européenne est stigmatisée dans le bas ratio pour le beurre de cacao qui a chuté de 1,70 à 1,75 sur le marché à terme de Londres contre 2,70 en décembre 2008. De nombreux traders de cacao physique estiment qu’un ratio inférieur à 2 montre qu’il y a une offre excédentaire. Pour Andreas Christiansen, la forte hausse des cours sur le marché de Londres, à leurs plus hauts niveaux depuis 25 ans, cette semaine est imputable aux fonds d’investissement plus qu’à des fondamentaux solides.
Quelques jours auparavant, Armajaro estimait que le déficit mondial en cacao pourrait atteindre 100 000 tonnes en 2009/10, et pourrait même doubler si la météorologie est défavorable. «Nous pensons actuellement que nous avons atteint le pic des arrivées et nous pensons que les arrivées vont commencer à baisser en Côte d’Ivoire et au Ghana, probablement la semaine prochaine» indique Anthony Ward. Il ajoute que si l’harmattan est sévère cette année, les prix du cacao pourraient augmenter de 50% dans les six prochains moins, précisant qu’il est encore trop tôt pour mesurer son intensité.
Les arrivées dans le port de San Pedro en Côte d’Ivoire ont atteint 202 563 tonnes au 6 décembre, selon les statistiques du la BCC, contre 153 711 t sur la même période en 2008/09. Du 30 novembre au 6 décembre, les arrivées sont en légère baisse à 22 964 t contre 25 693 t en 2008/09.
Au Nigeria, sur la campagne 2008/09, les exportations de cacao ont reculé de 1,8% à 164 230 tonnes par rapport à la campagne précédente, selon la Federal Produce Inspection Service (FPIS). Cependant, ce montant pourrait être minoré car certains exportateurs ne déclarent pas leur embarquement et une partie du cacao nigérian passe en contrebande dans les pays voisins.
Les exportations de cacao de Sulawesi en Indonésie ont progressé de 40% à 33 329 tonnes en novembre, contre 23 768 t en novembre 2008, et 18 424 t en octobre 2009. Sur les 11 premiers mois de l’année, les exportations se sont élevées à 245 329 t (238 696 t en 2008).

CAFE Les cours du café ont légèrement progressé, soutenus par l’équilibre serré entre l’offre et la demande, notamment pour les cafés d’Amérique centrale. Selon l’International Coffee Organization, la production mondiale de café pourrait s’abaisser à 123 millions de sacs de 60 kilos en 2009/10, après une précédente estimation en août à 127 millions de sacs. La production mondiale en 2008/09 s’est élevée à 128,1 Ms. La production du Brésil est estimée à 39 Ms en 2009/10, en baisse de 15,2% par rapport à 2008/09. En revanche, la production de Colombie remontrait à 10 Ms contre 8,6 Ms en 2008/09. «L’important est que la consommation continue de croître à un rythme d’environ 2% par an. Il est clair maintenant que le secteur du café n’a pas été affecté par la crise» a indiqué Nestor Osorio, directeur de l’ICCO. Ajoutant «Je pense que les conditions sont réunies pour que les prix demeurent à ce niveau qui sont rémunérateurs pour les producteurs avec une volatilité habituelle».
En Ouganda, la production de café devrait augmenter de 11,5% en 2009/10 pour atteindre 3,4 millions de sacs grâce à l’entrée en production de nouveaux plants et des conditions météorologiques favorables, selon l’Uganda Coffee Development Autority (UCDA). Fred Mukasa, directeur de l’UCDA, estime que la production atteindra 4,5 millions de sacs d’ici 2015, avec la plantation de 20 millions d’arbres supplémentaires par an.
Le président de l’East African Fine Coffee Association (EAFCA), Leslie Omari, estime que la production de café en Afrique de l’Est pourrait baisser de 7% à environ 650 000 tonnes en 2009/10 (octobre-septembre). La saison précédente la production s’était élevée à 700 000 tonnes, en hausse par rapport aux 680 000 t de 2007/08. Les récoltes sont maintenant entrées dans un cycle bas, et la sécheresse a touché plusieurs pays de la région.

CAOUTCHOUC La Thaïlande Rubber Association estime que les prix du caoutchouc devraient progresser de plus de 30% l’année prochaine grâce à une reprise de la demande mondiale avec en face une offre toujours tendue notamment en raison de l’impact du changement climatique. Dans un rapport, elle souligne «le changement climatique devient un facteur principal et l’offre de caoutchouc pourrait être diminuée l’année prochaine en raison de conditions météorologiques défavorables».

HUILE DE PALME Les cours de l’huile de palme se sont affaissés le 9 décembre sous la prise des bénéfices. Les stocks en Malaisie en novembre ont chuté de 2,02% à 1,93 million de tonnes, contre 1, 97 Mt en octobre. La production en novembre a reculé de 19,6% à 1,60 Mt par rapport à octobre, les fortes pluies en Malaisie et sur l’île de Bornéo rendant le transport de l’huile de palme des plantations vers les raffineries et ports difficiles. Quant aux exportations, elles se sont établies en novembre à 1,499 Mt contre 1,478 Mt en octobre.

THE Les prix sur le marché aux enchères de Mombassa au Kenya cette semaine ont été mitigés, et la demande a été globalement en baisse. Les acheteurs égyptiens sont toujours présents, mais à des nivaux moins importants tandis qu’il y a moins d’intérêt de la part du Royaume Unie, du Pakistan et de l’Afghanistan. En revanche, au Bangladesh, les prix se sont appréciés de 5% à 147,94 takas ($2,24) le kilo et la demande est soutenue.
Au Burundi, les recettes d’exportation de thé ont chuté de 38% en octobre rapport à septembre 2009 à $ 980 049 pour 375 807 kilos contre $ 1 594 299 avec 562 306 kilos. «Les acheteurs sont réticents car ils pensent que l’offre de thé va être abondante avec le retour des pluies dans la région de l’Afrique de l’Est» estimé Remy Ndayininahaze de l’Office burundais du thé (OBT) ajoutant «que cette attitude a un impact négatif sur nos prix et nos recettes». Le prix moyen à l’exportation a été de $2,61 le kilo en octobre, contre $2,84 en septembre.

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