14 décembre 2009 - 07:57 |

Une nouvelle hausse importante des cours du riz est vraisemblable

La conjugaison des Philippines, de l’Inde et du Vietnam peut être un cocktail explosif pour l’Afrique

(14/12/09)
Un article publié le 7 décembre sur le blog de Jean-Pierre Boris de RFI

Très intéressante analyse dans les colonnes du quotidien philippin, The Philippine Star, sous la signature de deux des meilleurs connaisseurs du marché du riz, Peter Timmer et Tom Slayton. Les deux auteurs s’inquiètent d’une nouvelle flambée des cours mondiaux. Ils notent qu’à bien des égards, la situation actuelle est plus préoccupante encore qu’il y a deux ans, quand les prix avaient été multipliés par quatre en quelques semaines.

Premier élément d’inquiétude : les Philippines. Elles ont entamé leur campagne d’importation avec deux mois d’avance par rapport à ce qui se pratique habituellement. Manille a par ailleurs fait savoir qu’elle achèterait beaucoup, en peu de temps et que les prix allaient monter. Les dirigeants philippins ont par ailleurs fixé un plancher d’achat : 100 000 tonnes par fournisseur. Ce qui a permis d’éliminer les pakistanais dont le riz est bon marché mais qui ne fournissent pas plus de cent mille tonnes par contrat……Pour Timmer et Slayton, si les philippins sont si pressés, c’est qu’il y a une élection présidentielle en mai 2010, que chaque contrat donne lieu à des commissions occultes et que cela remplit les caisses du parti au pouvoir.

Second élément d’inquiétude : l’Inde. Non seulement elle n’exporte plus mais, raison de tension supplémentaire sur le marché, elle pourrait importer jusqu’à 3 millions de tonnes cette saison. (Ajoutons que certaines déclarations venues de New Delhi évoquent même jusqu’à 5 millions de tonnes d’importations.) Les dernières récoltes n’ont pas été bonnes.

Troisième élément d’inquiétude : le Vietnam. La première préoccupation des autorités vietnamiennes est de garantir un bon approvisionnement intérieur à l’occasion des fêtes du Têt, au mois de février. Cependant, écrivent Timmer et Slayton, les Vietnamiens ont appris il y a deux ans qu’attendre le pic des prix pour vendre, c’était prendre le risque de vendre au moment où ils rechutent.

Conclusion : une nouvelle hausse catastrophique des cours du riz est vraisemblable cette année. Les consommateurs des pays pauvres, Afrique en tête, en seront les premières victimes.

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