15 mai 2009 - 00:00 |

La Chronique Matières du Jeudi

Une folle semaine

(14/05/09)

Les marchés à terme du cacao, café et sucre ont consolidé leurs positions aujourd’hui, marquant ainsi une pause après une folle semaine durant laquelle les prix sont montés en flèche avant de dégringoler dans une forte correction.

Bois. Durant la dernière quinzaine du mois d’avril, l’Organisation internationale des bois tropicaux (OIBT) a noté une hausse des prix des grumes du niove ainsi que du tali et ce en raison d’achats chinois et indiens. Pour sa part, la demande européenne demeure très faible en volume.
En revanche, les sciages de bois tropicaux d’Afrique ont connu beaucoup plus de mouvements, avec un okoumé qui est passé en moyenne calculée par l’OIBT de 300 euros le m3 il y a encore 15 jours à 290 actuellement. Le sipo a perdu 40 euros à 530 euros, le padouk 40 euros également à 545 euros en moyenne, le sapeli aussi à 460 euros. Le moabi aurait perdu 15 euros à 525. En revanche, l’iroko aurait gagné 11 euros à 451 euros le m3.
En effet, s’agissant des sciages, le marché européen est très calme mais, malgré tout, les stocks commenceraient à se réduire sur certaines essences. Les soutiens financiers gouvernementaux européens commenceraient à avoir un impact sur le BTP. En revanche, la situation au Royaume uni ne s’améliorerait pas.
Au Ghana, les demandes de permis à l’exportation de bois ont diminué de 21% au dernier trimestre 2008 par rapport à la même période en 2007, selon la Timber Industry Development Division.

Cacao. L’annonce lundi par l’Organisation internationale du cacao (ICCO), d’une chute de 6%, et non de 2,1% comme précédemment anticipé, des broyages mondiaux pour la campagne 2008/09, la plus forte baisse en 50 ans, a contribué à la lourdeur des cours du cacao sur le marché. Une lourdeur déjà fortement marquée par une livre sterling en baisse par rapport au dollar. Le déficit cacaoyer a été révisé aussi : il serait de 80 000 à 90 000 t. Parallèlement, la production mondiale de fèves devrait chuter de 7%, contre 5% estimé précédemment, essentiellement du à une récolte médiocre au Brésil et en Indonésie.
En Côte d’Ivoire, les statistiques douanières font état d’une hausse de 13% , à 246 346 t, des produits semi-finis exportés entre le début de la campagne en septembre et la fin du mois d’avril par rapport à la même période la campagne dernière. Une récolte principale médiocre et des incitations gouvernementales à la transformation de fèves expliquent cette hausse importante de produits à valeur ajoutée locale. Les capacités locales de broyage en Côte d’Ivoire atteignent maintenant 472 000 t avec le lancement de l’usine de Barry Callebaut en janvier. Quant aux fèves, les chiffres douaniers à la mi-mai font état d’exportations en baisse de 21% par rapport à la même période l’année dernière.
A noter que le Vietnam devrait rejoindre l’ICCO d’ici la fin de l’année. Le pays compte 1 600 ha en cacaoyers avec une production de 300 t.

Café. Après différents soubresauts, dont un plus haut en sept mois et demi mardi, suivi d’une prise de bénéfices et d’une reprise à la hausse sur des achats de fonds d’investissement, l’Arabica a terminé la séance aujourd’hui en hausse, réagissant aux problèmes d’offre en Colombie et en Amérique centrale.
Les exportations ivoiriennes ont totalisé 25 240 t d’octobre à avril, en baisse de 56% sur la même période la campagne dernière, selon des statistiques portuaires publiées mercredi. Au Burundi, les prix en avril ont baissé à $ 1,86 le kilo en moyenne par rapport au mois de mars ($2,23) en raison d’une qualité inférieure proposée. La production est décevante, à 24 700 t contre les 31 000 t attendues et les recettes engendrées ne seraient que de $ 60 millions contre les $ 71,6 millions attendus. Le Coffee Board craint que la campagne prochaine, les volumes n’atteignent que 11 000 t.

Caoutchouc. La Corporation Tripartite Internationale, comprenant l’Indonésie, la Thaïlande et la Malaisie, pourrait revoir les coupes à l’exportation qu’elle avait décidées en décembre, soit une réduction de 915 000 t sur l’ensemble de 2009, car les cours internationaux se sont raffermis depuis lors. Une réunion devrait avoir lieu à la mi-juin. Au premier trimestre de cette année, les trois pays avaient réduit de 270 000 t leurs exportations et lors de leur dernière réunion en avril, ils avaient prévu de réduire encore de 48 000 t leurs ventes chaque mois.
En Côte d’Ivoire, les exportations de caoutchouc naturel ont totalisé 58 914 t entre janvier et avril, en baisse de 8,4% sur la même période en 2008.

Céréales. Globalement, entre début avril et début mai, les prix des céréales (riz, mil, sorgho, maïs) sont demeurés relativement stables au Burkina Faso, au Mali et au Niger, avec parfois des baisses de prix assez sensibles. Il en est notamment ainsi pour le riz local au Mali qui passe d’un mois à l’autre de FCFA 35 428 les 100 kilos en moyenne sur le pays à FCFA 33 785 début mai. Il en est de même du riz importé qui passe de FCFA 34 833 à 30 333.

Coton. Les cours du coton ont bien grimpé, passant de 994,56 euros la tonne le 4 mai à 1012,18 euros en début de semaine pour un middling 1.3/32 Afrique zone franc. Les marchés à terme ont été très fermes cette semaine encore, les analystes de Natixis ne manquant pas de souligner que le coton étant coté sur le marché à terme de New York, il est de ce fait très influencé par la situation cotonnière intérieure américaine. Il est vrai que les volumes produits aux Etats-Unis ne cessent de décliner ces dernières années. Mais dans une perspective mondiale, ceci est très largement compensée par la forte poussée de l’offre indienne et dans une moindre mesure chinoise. Aussi le prix du coton est-il estimé comme totalement surévalué. Les analystes en veulent pour preuve que le ratio stocks de fin de campagne/consommation est prévu être plus élevé en 2009 qu’à n’importe quel autre moment de ces dix dernières années.

Huile de palme. L’huile de palme a poursuivi dans la fermeté et dans le sillage de l’huile de soja qui, mercredi, a atteint un plus haut en sept mois, à $ 11,50 le boisseau. Les exportations américaines d’huile de soja ont chuté de 60% cette semaine mais les cours ne se sont pas pour autant écroulés car la demande chinoise est bien là : ses importations en avril ont progressé de 60% par rapport à avril 2008, à 3,7 Mt. En outre, les 3 plus importants exportateurs au monde auraient des stocks de fin de campagne au plus bas depuis 5 ans. A ceci s’ajoutent des baisses de production en Argentine et au Brésil.
Toutefois, jeudi, l’huile de palme a fortement chuté face à une demande très faible. En effet, le prix de cette huile a tellement augmenté dernièrement qu’elle a perdu de son attrait face à l’huile de soja, sa grande concurrente.

Sucre. Cette semaine, le sucre a atteint un plus haut en trois ans, dépassant mardi les 16 cents la livre sur les achats indiens, puis a glissé sur des prises de bénéfices.

Thé. Les prix du thé aux ventes aux enchères de Nairobi cette semaine ont été très mitigés, avec certaines qualités qui se sont inscrites à la hausse face à une bonne demande et de belles qualités offertes. Sur les 103 686 sacs proposés, 15 319 n’ont pas été vendus.

Publicité

Votre publicité sur notre site

En savoir +