15 juillet 2011 - 00:00 |

La Chronique Matières du Jeudi

Forte hausse des broyages européens de fèves de cacao

(15/07/2011)

Cacao. Les cours sur le marché à terme du cacao à Londres terminent aujourd’hui quasiment aux mêmes niveaux qu’il y a une semaine, les quelques évolutions étant surtout le fait de mouvements monétaires entre sterling et euro. Toutefois, si sur les cinq derniers jours de cotations la stabilité prédomine, les séances ont souvent affiché de fortes fluctuations entre l’ouverture et la clôture.
Cette nervosité s’explique en partie par le pessimisme ambiant à l’égard de la nouvelle campagne cacaoyère 2011/12 qui s’ouvrira en septembre prochain. Les rapports de comptages de cabosses ne sont, dans l’ensemble, pas bons car il a fait très sec en avril et en mai. On craint l’impact du phénomène météorologique El Nino, ce qui a fait grimper la tonne de fèves de £ 200 ces trois dernières semaines.
Quant aux nouvelles du terrain, en Côte d’Ivoire, les statistiques portuaires publiées aujourd’hui font état d’exportations totalisant 869 673 t entre octobre et juin, en hausse de 11% sur la même période la campagne dernière.
Côté demande, les statistiques publiées aujourd’hui par l’Association européenne du cacao ont surpris le marché : les broyages en Europe auraient fait un bond de 8,3% au second trimestre pour atteindre 355 593 t. Certes, une progression était anticipée car des capacités de broyages ont provisoirement basculé de Côte d’Ivoire en Europe sur ce premier semestre, mais pas de cette ampleur.
En Malaisie, les broyages ont baissé de 4% à 72 089 t au second trimestre par rapport à la même période l’année dernière, a déclaré aujourd’hui le Malaysian Cocoa Board (MCB). Toutefois, sur l’ensemble du premier semestre, ces broyages ont augmenté de 3,3% par rapport aux six premiers mois 2010. En effet, de janvier à mars, ils ont atteint 81 419 t contre 73 498 t au premier trimestre 2010. Sur l’ensemble de l’année 2011, le directeur général du Board, Azhar Ismail, s’attend à des niveaux de broyages similaires à 2010, soit quelque 300 000 t.

Café. La semaine a été très calme sur le marché du physique en café, nombre d’acteurs étant en vacances. Au gré des nouvelles financières qui tombent et des mouvements de l’indice CRB, les marchés à terme, surtout New York où est côté l’Arabica, évoluent entre 272 et 254 cents la livre. Mais les fondamentaux, quant à eux, n’ont guère d’impact sur ces fluctuations.
Dans les pays producteurs, la production en Colombie a chuté de 40% en juin, le troisième mois consécutif de baisse. Rappelons que depuis deux ans, le leader mondial de l’Arabica de qualité a vu sa caféiculture affectée par une mauvaise météorologie et les maladies qui se sont propagées du fait des pluies, faisant chuter sa production du tiers et causant la forte hausse des cours mondiaux.

Caoutchouc. Les cours du caoutchouc ont rebondi aujourd’hui sur le marché à terme de Tokyo, réagissant à la hausse des cours du pétrole qui eux-mêmes ont réagi à la faiblesse du dollar, et donc à la hausse anticipée du caoutchouc synthétique qui est un dérivé du pétrole. Toutefois, la période demeure très incertaine car la période des pluies a pris fin au sud de la Thaïlande et la production a repris fortement.
Bonne nouvelle pour le marché, les importations indiennes de coton ont fait un bond de 60% au mois de juin, à 19 118 t. En effet, les fabricants de pneus se sont portés à l’achat sur le marché international voulant bénéficier de la baisse des prix dans certains pays producteurs asiatiques, notamment la Thaïlande et l’Indonésie, mais aussi parce que les droits d’importation indiens ont baissé en décembre dernier. Sur la période avril-juin, les achats indiens ont progressé de 9,7%, à 41 929 t, essentiellement de Thaïlande, d’Indonésie, de Malaisie et du Vietnam. A noter que, parallèlement, la production indienne a augmenté de 5,4%, à 175 700 t.
En Afrique, les exportations de Côte d’Ivoire ont totalisé 96 738 t entre janvier et juin, en baisse de14% par rapport au premier semestre 2010. Toutefois, la tendance pourrait se renverser car nombre de producteurs disent vouloir abandonner la cacaoculture pour l’hévéa dont les revenus sont jugés plus stables.

Céréales. Si le blé a perdu du terrain aujourd’hui à l’ouverture du marché à terme de Chicago, la céréale a enregistré sa plus forte hausse hebdomadaire, de l’ordre de 10%, depuis la fin du mois de mai, une hausse liée à des couvertures à court terme et des achats spéculatifs alors que des températures élevées sont enregistrées dans la ceinture céréalière américaine.
De son côté, le marché européen est resté stable. Les opérateurs attendent le résultat de l’appel d’offres égyptien mais sans grand espoir car la céréale européenne n’est guère compétitive par rapport sa rivale de Mer noire. A noter que la Russie a relevé ses prévisions de production céréalière pour cette année, à 90 millions de tonnes contre 85 Mt avancées antérieurement, et a confirmé qu’elle ne voyait aucune raison de restreindre ses exportations; elle a levé début juillet son interdiction d’exporter. Rappelons que la sécheresse l’année dernière avait fait chuter la production russe à 61 Mt. Pour retrouver son rang parmi les fournisseurs mondiaux, Moscou mène une politique commerciale très agressive, note les opérateurs. L’Egypte veut, bien évidemment, en bénéficier mais entend aussi diversifier ses sources d’approvisionnent dès que les écarts de prix entre origines se seront un peu lissés.
Quant aux pays du Sahel, les prix des céréales ont été globalement stables au Niger au cours du mois écoulé, notamment pour le riz ; ils ont même baissé pour les céréales sèches sur certains marchés de l’intérieur, rapporte l’Association Afrique Verte. Au Mali, les marchés demeurent assez bien approvisionnés en céréales locales et les disponibilités sont suffisantes pour satisfaire la demande solvable et les besoins. Toutefois, le riz importé se fait de plus en plus rare sur les marchés. Hormis dans les zones de forte production et de groupage de stock, le prix du riz local est à la hausse, comme le maïs. En raison du bon niveau d’approvisionnement du marché, le mil et le sorgho observent parfois quelques baisses de faible amplitude, en dépit du début de soudure, avec la fin des achats institutionnels, quelques mesures restrictives et la mise en marché d’importants stocks au niveau local. Au Burkina Faso, d’une manière générale, les prix ont été stables avec des céréales presque partout disponibles et accessibles, à l’exception du maïs dont les prix se sont globalement renchéris.

Coton. L’incapacité du marché à terme de New York de créer une dynamique haussière à partir de la hausse des cours enregistrés ces derniers jours a déçu, provoquant une baisse des prix hier. Il est à noter également la déception des traders à l’annonce de l’annulation de certains contrats d’exportation de coton américain.

Huile de palme. L’incertitude quant à l’évolution de l’économie mondiale et la perspective d’une offre abondante en huile de palme ont fait baisser les cours de celle-ci en fin de semaine et ce malgré la publication de bons chiffres d’exportation. Selon Intertek Testing Services, les exportations de Malaisie ont augmenté de 12% entre les 1er et 15 juillet par rapport au mois dernier ; selon d’autres, la hausse serait de 4,6%.
En effet, l’annonce que les stocks d’huile de palme en Malaisie ont atteint 2,05 millions de tonnes, soit son niveau le plus élevé en 18 mois, a eu un effet très négatif sur le marché et nombreux sont les analystes à penser que ces stocks vont encore gonfler car les producteurs redoublent d’ardeur à quelques semaines du début du Ramadan.

Sucre. La récolte de canne à sucre au Brésil bat encore son plein, mais la queue des navires attendant d’être chargés commence à se réduire, ce qui a permis au marché à terme du sucre roux de consolider sa position après avoir touché des plus hauts au cours de la semaine écoulé. En effet, des signes contradictoires animent le marché : d’un côté, la perspective de la fin de la récolte au Brésil exerce une pression à la hausse sur les cours, mais d’autre part, il semblerait que la production 2011/12 serait meilleure qu’anticipée car les superficies sont en hausse. Troisième facteur affectant le marché : les pluies en Inde ont été inferieures de 19% par rapport à leur niveau normal, ce qui laisse craindre une baisse de production.

Publicité

Votre publicité sur notre site

En savoir +