15 septembre 2014 - 00:00 |

Vaste projet de bioprospection de l'UE avec notamment l'Afrique du Sud

 

Le projet Agrocos, financé par l’Union européenne (UE) à hauteur de € 2,9 millions, a pour objet de glaner dans le monde végétal des substituts naturels susceptibles de remplacer des ingrédients de synthèse actuellement utilisés dans les produits cosmétiques et dans les produits agrochimiques tels que les insecticides, herbicides et fongicides, a rapporté PR Newswire vendredi dernier. En d’autres termes, il s’agit de bioprospection, passant en revue les molécules végétales afin de détecter celles qui présentent des propriétés intéressantes pour les produits cosmétiques ou les pesticides.

Le projet réunit les entreprises Korres, BASF et Bruker Biospin ainsi que six centres de recherche et des universités de France, de Grèce, de Panama, de Suisse et d’Afrique du Sud.

Agrocos prendra fin durant ce mois de septembre 2014 et les chercheurs ont jusqu’à présent identifié 30 molécules prometteuses. Celles-ci sont testées par des partenaires commerciaux du consortium: Korres, une entreprise grecque produisant des cosmétiques naturels, et le groupe allemand BASF, l’un des plus grands fabricants mondiaux de produits chimiques.

En analysant les molécules présentes dans la nature pour trouver une nouvelle génération d’ingrédients naturels, Agrocos entend ouvrir la voie à la création de produits innovants répondant aux préoccupations des consommateurs quant à l’impact des ingrédients de synthèse sur leur santé et sur l’environnement.

Cette démarche s’inscrit dans la stratégie de l’UE tendant à l’avènement d’une société qui exploite davantage les ressources biologiques renouvelables et durables pour répondre aux besoins tant des consommateurs que des entreprises.

Actuellement, Korres teste cinq molécules aux propriétés antioxydantes en combinaison avec un agent protecteur contre les UV et d’autres composés destinés à prévenir l’hyperpigmentation, une affection plus communément désignée par le terme taches de vieillesse.

L’entreprise produit des composés et des extraits standardisés dans le cadre d’un projet pilote. Elle envisage de lancer, dans les deux prochaines années, une nouvelle ligne de produits fondée sur les travaux de recherche d’Agrocos.

Ce projet est fantastique parce que nous disposerons non seulement d’ingrédients spécifiques, mais aussi d’une vaste bibliothèque d’ingrédients détaillant les bienfaits de chaque ingrédient et ses apports potentiels pour les produits cosmétiques”, a souligné Lena Korres, directrice chargée du développement de la marque.

Parallèlement, BASF teste des composés pour en découvrir les éventuelles propriétés insecticides, fongicides et herbicides. L’alimentation biologique connaît une demande croissante, de sorte que la nécessité de disposer de pesticides naturels pouvant être utilisés sur des cultures certifiées bio est de plus en plus pressante. En outre, les substituts naturels de pesticides sont normalement moins toxiques pour les personnes, les sols et l’environnement en général. Ils n’atteignent habituellement que les ennemis des cultures ciblés et les organismes voisins, sans mettre les autres animaux en danger. Par ailleurs, ils sont en général biodégradables.

Selon Mme Máire Geoghegan-Quinn, commissaire européenne chargée de la Recherche, de l’innovation et de la science, ”Agrocos est un bel exemple de la manière dont un financement accordé par l’UE peut inspirer une recherche innovante qui stimule la compétitivité, la croissance et l’emploi en Europe, tout en préservant la santé des personnes et l’environnement. Nous continuerons à investir dans ce type de recherche et d’innovation dans le cadre de notre nouveau programme Horizon 2020.

Agrocos a également créé une bibliothèque de 3 600 extraits bioactifs produits à partir de quelque 1 800 espèces végétales. Ces données seront partagées afin que d’autres chercheurs et entreprises commerciales puissent les consulter pour trouver des molécules susceptibles d’intéresser leur secteur d’activités. Brueker Biospin, un partenaire du projet établi en Allemagne, cherche à commercialiser un outil, mis au point au cours du projet, pour l’identification des composés naturels connus dans les extraits de plantes.

A la fin du projet, de nouveaux composés issus des ressources offertes par la biodiversité mondiale devraient être disponibles et servir de nouveaux ingrédients dans les produits cosmétiques”, a déclaré le coordinateur de projet Leandros Skaltsounis de l’Université nationale et capodistrienne d’Athènes. ”Dans le domaine des produits agrochimiques, nous espérons que les composés prometteurs soient à l’origine d’un développement plus spécialisé d’agents agrochimiques.

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