15 octobre 2013 - 09:15 |

"Les problèmes de fluctuation des prix des matières premières ne sont pas derrière nous"

Le directeur général de la FAO, José Graziano da Silva, appelle à la vigilance

Malgré une certaine accalmie des marchés, les problèmes de fluctuation des prix alimentaires ne sont pas derrière nous, a souligné le directeur général de la FAO, José Graziano da Silva, en s’adressant aux quelque trente ministres de l’agriculture rassemblés la semaine dernière à Rome pour la deuxième Réunion ministérielle sur les cours mondiaux des denrées alimentaires.

Certes, la réunion cette année s’est déroulée dans un climat moins agité que celle d’octobre 2012, lors de la troisième flambée des cours mondiaux des céréales en cinq ans, mais il ne faut pas baisser la garde.

Les perspectives des marchés internationaux des produits vivriers de base sont enfin plus calmes cette année”, a-t-il affirmé. ”La production céréalière a rebondi et des coefficients stocks-utilisation plus élevés devraient apporter une plus grande stabilité aux prix. L’Indice FAO des prix des céréales est inférieur de 20% à celui d’il y a un an”. Toutefois, « lils restent supérieurs à leurs niveaux historiques. Et les prix devraient rester volatils au cours des prochaines années”, a poursuivi José Graziano da Silva.

Toutefois, si la baisse des prix apporte un certain soulagement aux consommateurs pauvres, des prix plus élevés ne sont pas forcément que de mauvaises nouvelles, étant donné qu’ils font suite à trois décennies de stagnation des prix qui avait fortement ébranlé le secteur agricole dans de nombreux pays pauvres, a-t-il déclaré

Il a exhorté les pays à tirer parti de la période de calme relatif pour se préparer à la future turbulence des marchés et à trouver des solutions durables aux problèmes liés à la volatilité des prix. ” Si les prix plus élevés et volatils sont voués à durer, il nous faut alors nous adapter ”, a-t-il souligné.

Les pays sont confrontés à deux enjeux essentiels: trouver les moyens d’aider les petits agriculteurs pauvres à tirer profit de la hausse des prix alimentaires et de protéger les ménages à faible revenu qui en subissent le contrecoup. La situation actuelle donne l’occasion aux agriculteurs de réinvestir dans l’agriculture, a-t-il poursuivi, en préconisant un ensemble judicieux de politiques ciblées sur les petits exploitants.

L’amélioration de la gouvernance mondiale a joué un rôle prépondérant pour conjurer de nouvelles envolées des prix depuis juillet 2012, selon M. Graziano da Silva. En particulier, le Système d’information sur les marchés agricoles (AMIS) lancé par le groupe du G20 en 2011 se serait avéré un outil efficace dans la lutte contre la volatilité excessive des prix, offrant des informations dignes de foi et renforçant la transparence des marchés alimentaires, selon le directeur général.

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