16 janvier 2010 - 00:00 |

La Chronique Matières du jeudi

Evolution contrastée des commodities

(15/01/2010)

BOIS Une année qui démarre encore doucement, souligne ITTO. Notamment avec la rudesse de l’hiver dans les pays importateurs du Nord qui a une influence déterminant sur le commerce du bois ces premiers jours de janvier. Cependant, la plupart des pays sortent de la récession même si des problèmes financiers demeurent, en particulier au Royaume-Uni. Sans pour autant dire qu’il est à l’arrêt, le commerce des bois en Afrique de l’Ouest est plat, avec quelques intérêts des acheteurs. Les prix n’ont cependant pas bouger ces quatre dernières semaines.

CACAO Les cours du cacao ont rebondi s’approchant des plus hauts de 30 ans réalisés en décembre. A New York, il a gagné $3 pour clôturer à $ 3 392 la tonne et à Londres il s’est apprécié de £ 8 à £ 2 297 la tonne. Les chiffres des broyages en Europe ont boosté le marché. Ils sont en hausse de 0,6% au quatrième trimestre à 351 316 tonnes et pour l’Allemagne, la hausse est de 9,4% à 95 834 tonnes. ”Nous attendions de savoir comment le cacao avait été impacté par la crise à la fin de l’année. La réponse est, pas beaucoup» commente Erix Sivry de Fortis Bank.
Les arrivées en Côte d’Ivoire se sont établies à 701 961 tonnes au 10 janvier. Les volumes se ralentissent et devraient diminuer dans les semaines à venir souligne des exportateurs, dont certains estiment qu’ils devraient se situer à environ 25 000 tonnes par semaine.
Avec la diminution de l’offre, les prix s’approchent des niveaux records au Cameroun. Pour la campagne 2009/10, les prix sont à un plus haut niveau de 5 ans, et le marché a monté jusqu’à atteindre FCFA 1 600 le kilo cette semaine, en hausse par rapport à FCFA 1 400 en décembre. «Mardi, notre coopérative a vendu 2 tonnes de fèves à un acheteur de Douala à FCFA 1 600 le kilo, un prix jamais atteint dans le pays» indique Essien Effa à Ebolowa. La production 2009/10 devrait être inférieure du record de 2008/09 à 210 000 tonnes.

CAOUTCHOUC Le caoutchouc a brisé le niveau psychologique de 300 yens le 14 janvier avec la reprise du pétrole et des achats spéculatifs. Il a monté de 7,2 yens à Tokyo pour clôturer à 303,8 yens ($3,32). La semaine prochaine, les trois producteurs mondiaux de caoutchouc, la Thaïlande, l’Indonésie et la Malaisie, se réunissent afin d’envisager les modalités pour stabiliser les prix. Les prix depuis deux ans sont très volatiles : d’un pic de 56 ans à $3,25 le kilo en juillet 2008, ils sont tombés à $1,10 en décembre 2008, conduisant les trois producteurs à s’accorder pour réduire leurs exportations de 915 000 tonnes. Puis les prix se sont repris en 2009 pour s’emballer en novembre avec la hausse de la demande. Tant les industriels que les traders doutent que la réunion ait un impact sur les prix à court terme, l’offre étant tendue et les stocks inexistants. «Nous pouvons discuter. Mais nous n’avons pas de stocks. Nous sommes en position courte en raison de mauvaises conditions météorologiques. Chaque jour maintenant il pleut» précise Asril Sutan Amir, président de la Rubber Association of Indonesia. De plus, ce niveau de prix semble convenir à la Thaïlanfe. «Les prix peuvent être discutés. Cependant, je ne vois pas de raison de mettre en place des mesures pour plafonner les prix» a déclaré le ministre adjoint de l’Agriculture, Supachai Phosu.

COTON Les prix du coton se sont repliés cette semaine. Le contrat de mars a perdu le 14 janvier 0,52 cents à 72,91 cents. Le rapport du département américain de l’Agriculture (USDA) sur la production, publié en début de semaine, a apporté peu de changements avec des prévisions de production mondiale 2009/10 à 102,71 millions de balles et une demande mondiale ) 114,36 millions de balles. En revanche, l’USDA a revu à la hausse la production et les stocks en Chine.
Les importations de coton en Chine ont grimpé de 92% en décembre à 217 000 tonnes par rapport à novembre. Par rapport à décembre 2008, elles sont en augmentation de 28,7%. Sur l’année 2009, les importations chinoises se sont élevées à 1,527 millions de tonnes, soit 27,7% de moins qu’en 2008. La reprise de l’industrie textile est patente avec une hausse de 20% des exportations de textile en décembre par rapport à novembre.
Un sondage réalisé auprès de 980 fermiers lors du meeting annule de l’American Famr Bureau Federation sur les intentions de semis aux Etats-Unis à montrer qu’ils avaient l’intention de planter 15% de plus de coton, 6% de plus de maïs, 5% de plus de soja et 2% de moins de blé. Avec la hausse des cours, le coton est redevenu compétitif par rapport aux céréales, et notamment le blé.

CÉRÉALES Les prix des céréales en décembre pour le Burkina Faso, le Mali et le Niger se sont inscrits globalement à la hausse. Afrique Verte indique que la tendance des prix au début 2010 est à la hausse au Niger, notamment pour les céréales sèches (mil, sorgho), car la demande est soutenue avec un approvisionnement des marchés en produits locaux plutôt en baisse. Au Mali, si on observe une stabilité et même des baisses, globalement le trend est aussi haussier et ce en dépit de l’arrivée de la nouvelle récole. Une hausse qui s’explique par «Des retentions suite à la disponibilité d’autres produits agricoles mieux vendus actuellement comme le sésame pour faire face aux besoins financiers, des consignes entre producteurs et les débuts de reconstitution des stocks communautaires et institutionnels» selon Afrique Verte. Au Burkina Faso tous les marchés sont aussi en progression avec, par exemple, une hausse de 28% pour le maïs à Bobo Dioulasso.

POIVRE Les cours des poivres blancs ont perdu $450 la tonne cette semaine. Selon un courtier, la baisse est imputable à des positions spéculatives.

THÉ Sur le marché aux enchères de Mombassa, les prix poursuivent leur recul. Le Kenyan Broken Pekoe Ones (BP1s) est tombé à une moyenne de $4,44 le kilo contre $4,73 la semaine dernière. Le retour des pluies, après la sécheresse, favorise la production de thé au Kenya. Sur les deux derniers mois, elle a progressé de 5,6%.
En revanche, au Bangladesh, les prix moyens ont progressé de 1% à 157,76 taka ($2,28) poussés par la demande domestique.

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