16 avril 2009 - 00:00 |

La chronique matières du jeudi

Des tendances très diverses

(16/04/09)

Bois. Ces quinze derniers jours, les prix de certaines grumes africaines (belli, okoumé, niove, okan) ont accusé une hausse, soutenus par une demande émanant de l’Inde, de la Chine et du Vietnam. Mais cela n’a pas été le cas de la grande majorité des essences qui demeurent dans un marché morose, notamment en Europe. Même l’arrivée du printemps, qui en général est synonyme de déstockage car l’activité du bâtiment est plus intense, n’a pas eu d’impact. Certaines ont même perdu entre 3 à 5 euros le mètre cube, comme le moabi et le dibolo.

Cacao. Les fèves ont terminé la semaine totalement déprimées sur les marchés à terme de New York et de Londres, dans l’attente des chiffres de broyages américains qui s’annonçaient faibles. Et le chiffre publié ce soir a été pire que prévu ! Les opérateurs s’attendaient à une baisse de 10% et en réalité elle a été de 12,97%.
Ceci fait suite à l’annonce mardi d’une chute de 11,1% des broyages européens par rapport au premier trimestre 2008, à 315 177 t. Un chiffre dont l’ampleur avait déjà surpris le marché qui s’attendait à une baisse de seulement 3 à 5%. En Allemagne, le déclin est impressionnant, de l’ordre de 21,3% sur ce même premier trimestre, à 80 401 t. Ceci s’ajoute aux 17,2% de baisse déjà enregistrée au dernier trimestre 2008. L’inquiétude est de mise car l’Allemagne broie environ le tiers des fèves transformées en Europe et en Suisse. En effet, la demande d’Europe de l’Est en produits cacaoyers tels la poudre ou les fèves est quasiment à l’arrêt.
Face à cela, côté offre, le Ghana affiche de très belles performances. Après un démarrage lent, la récolte a pris de la vigueur et les achats au 2 avril, dernier chiffre disponible, ont atteint 7 912 t contre 6 273 t la semaine précédente. Selon le Cocobod, la récolte principale devrait excéder de 20 000 t son objectif de 600 000 t cette année. Les prévisions pour la récolte globale avaient été de 650 000 t. Rappelons que pour lutter contre la fraude de Côte d’Ivoire, le Ghana avait démarré sa campagne seulement le 12 septembre, ce qui signifie que la récolte durera 3 à 4 semaines de plus que les habituelles 33 semaines.
Face à cette bonne dynamique ghanéenne, qui laisse dire qu’elle atteindra ses objectifs d’un million de tonnes d’ici 2010/11, la Côte d’Ivoire, quant à elle, traine des pieds. Ses arrivages sont de 166 000 t en dessous de ses niveaux l’année dernière à pareille époque. La filière serait victime de faibles investissements pendant toutes les années de troubles, ainsi que la faible utilisation de pesticides. De son côté, le Ghana va automatiser ses entrepôts et les plantations seront traitées en mai et en août contre les maladies et parasites.
Quant au Cameroun, le prix bord champ a été augmenté au cours des deux premières semaines d’avril face à une demande qui a repris après avoir légèrement baissé en mars. Il est de l’ordre de FCFA 1155 le kilo contre 850 à 900 en mars. A noter que la qualité se serait améliorée pour les fèves produites dans le sud-ouest en raison d’une meilleur météorologie et de meilleures routes.

Café. « L’activité sur les marchés du café est toujours assez calme, sans grande nouveauté. On constate une petite baisse des différentiels en café africain, avec toujours de gros problèmes en Colombie », constate un opérateur. Sa production ne serait que de 10,5 millions de sacs de 60 kilos cette campagne contre les 12,52 millions anticipés.
Au niveau mondial, Nestor Osorio, patron de l’Organisation internationale du café, a révisé légèrement à la baisse ses estimations de production pour 2008/09, à 127 Ms contre les 127,8 millions anticipés. Ceci découle d’une réduction des volumes produits en Amérique centrale et en Colombie, ce qui fragilise l’équilibre mondial entre offre et demande puisque la consommation est attendue à 128 Ms contre 126,5 millions en 2007. Selon Nestor Osorio, la crise n’aurait pas d’incidence majeure sur le niveau de consommation en 2009 mais il n’a pas cité de chiffres.
En Côte d’Ivoire, c’est la chute libre ! Les exportations ont dégringolé de 64%, à 16 882 t de Robusta entre les mois d’octobre et mars. En revanche, côté Arabica, la Tanzanie, quatrième producteur de café du continent, devrait accuser une hausse de 42% de ses volumes en 2008/09 (octobre à septembre), à 62 000 t. Une très belle performance puisqu’à l’origine, la production cette campagne ne devait être que de 50 000 t. Ses revenus ont déjà progressé de 24%, à $ 121,99 millions par rapport à la même période l’année dernière.
A la vente aux enchères au Kenya mercredi, les prix ont progressé malgré la qualité médiocre offerte car les volumes se réduisent.

Caoutchouc. Après avoir atteint lundi un sommet de cinq mois de 179,7 yens grâce à des facteurs techniques favorables, les cours du caoutchouc sur le marché de Tokyo ont terminé en baisse jeudi suite à des ventes en fin de séance liées à la montée du yen. Selon des traders à Tokyo interrogés par Reuters, le marché pourrait subir une pression les jours prochains car les offres s’améliorent avec la fin de la saison sèche de l’hivernage où la production de latex chute. En Thaïlande, premier producteur mondial de caoutchouc, la saison sèche s’achève vers fin avril.
Les exportations de caoutchouc naturel de Côte d’Ivoire ont baissé de 8% au premier trimestre, à 45 604 t, selon les statistiques portuaires.

Coton. Une bonne activité sur le physique et des prises de positions courtes par les investisseurs ont fait grimper les cours du coton jeudi a des plus hauts de 9 semaines. Et cette tendance pourrait se poursuivre.

Sucre. Les opérateurs sur le marché du sucre continuent à avoir le regard rivé sur les importations indiennes, le deuxième consommateur mondial de sucre. On s’attendait à ce que le pays importe 1 million de tonnes avant que les taxes à l’importation ne soient levées : on pourrait donc atteindre les 2 Mt importées en raison de cette nouvelle fiscalité.

Thé. L’Ethiopie voit l’avenir avec optimisme. Après la signature le 10 avril d’un contrat de $ 300 millions avec Dubai World Trading Company tendant à ce que cette dernière développe la culture du thé sur 5 000 ha en Ethiopie, et l’accord conclu avec Téhéran pour que le thé éthiopien soit commercialisé, Nairobi s’attend à une forte hausse de ses recettes découlant de ce secteur.

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