16 mai 2008 - 09:18 |

Le Rendez-vous Matières du Jeudi

Les marchés semblent se stabiliser quelque peu avec même des baisses de prix sur certaines essences de bois tropicaux et des céréales locales

(15/05/08)

Bois. Les prix des grumes d’Afrique Centrale et de l’Ouest ont baissé les deux premières semaines de mai, souligne l’Organisation internationale des bois tropicaux (OIBT). Les volumes échangés au plan international ont été plus restreints, avec seulement quelques essences qui sont parvenues à tirer leur épingle du jeu et maintenir leurs prix. Les achats chinois ont continué à être très sélectifs, et globalement les volumes achetés ont été en baisse. Les achats européens ont également stagné voire décliné car les stocks détenus sont importants. L’OIBT estime qu’il est fort probable que la demande européenne ne se ressaisisse pas avant la période estivale traditionnellement ralentie.
Les sciages aussi ont connu une baisse de leur demande mais certains prix sont demeurés fermes. L’okoumé et le sapeli ont notamment baissé. Cette morosité devrait persister, toujours selon l’OIBT, au cours des second et troisième trimestres.

Céréales. Début mai, Afrique Verte constate une hausse continue du prix du riz sur les marchés au Mali en raison d’une faible disponibilité par rapport à la demande, alors que les céréales sèches ont accusé une stabilité et ont même vu leur prix régresser pour certaines d’entre elles en raison d’une légère diminution de la demande. Au Niger, les prix des céréales importées continuent d’augmenter mais les variétés locales sont plutôt à la baisse ou à la stabilité. En revanche, les prix continuent de flamber au Burkina Faso, atteignant parfois des niveaux jugés critiques par l’organisation non gouvernementale : le prix du maïs à Dori, par exemple, a augmenté de pas moins de 28% en un mois.

Riz. En avril, les cours mondiaux du riz ont poursuivi leur ascension dépassant pour les catégories de riz haut de gamme le seuil historique des $ 1000 la tonne FOB, note dans sa note de conjoncture mensuelle Patricio Mendez del Villar de Osiriz. L’offre des exportateurs reste encore faible, mais elle devrait s’améliorer avec l’arrivée progressive de la deuxième récolte asiatique entre mai et juin. Début mai, on observait déjà une relative stabilité, voire une baisse des prix à l’exportation, notamment en Thaïlande, Cette dernière tente de rassurer les importateurs qu’ils pourront acheter du riz à des prix raisonnables, tandis que d’autres pays exportateurs maintiennent les restrictions aux exportations jusqu’en juillet 2008, indique la note de conjoncture.
En avril, l’indice OSIRIZ/InfoArroz (IPO) a fait un nouveau bond de 106 points à 370,6 points (base 100 = janvier 2000) contre 264,4 points en mars. Depuis le début de l’année, l’indice a progressé de 314 points. Début mai, l’indice IPO était à 450 points.
L’activisme de la Thaïlande est assez spectaculaire : des prix à l’exportation en hausse de presque 50% tandis que les volumes exportés ont progressé de 70% depuis le début de l’année par rapport à la même période l’année dernière ! Au Vietnam, les prix ont progressé aussi entre 40 et 50% en un mois. Malgré l’arrivée de la nouvelle récolte sur le marché, le gouvernement maintient les mesures de restrictions des exportations.
En Afrique, la situation alimentaire est de plus en plus précaire et les tentions sociales restent vives en raison du doublement, voire le triplement, du prix du riz dans certains pays, note encore Patricio Mendez del Villar. L’aide alimentaire devra se mobiliser massivement pour faire face aux besoins des populations les plus démunis; des besoins qui viendront s’ajouter à ceux de la Birmanie qui vient de subir l’une des pires catastrophes naturelles de son histoire.

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