16 mai 2014 - 00:00 |

La Chronique Matières Premières du Jeudi

 

BOIS. Actuellement, les flux de grumes d’Afrique centrale et de l’Ouest se déroulent à un rythme assez soutenu, l’okoumé demeurant l’essence de prédilection sur les destinations asiatiques. D’où la fermeté des prix, notamment du beli, de l’iroko, du moabi, du sapeli, du sipo ou encore du tali.
Quant à l’Europe, l’intérêt pour les sciages demeure très timoré et ce toujours pour les mêmes raisons: la baisse de l’intérêt pour le bois tropical.
Côté production, de nouvelles scieries sont entrées en production au Nord du Congo Brazzaville et travaillent le sapeli qui est exporté des ports de Douala et de Pointe Noire. Au Cameroun, les expéditions sont retardées car les contrats avec les sociétés de manutention portuaires sont en cours de renégociation. Les stocks tant de grumes que de sciages s’accumulent et les exportateurs s’inquiètent de l’impact sur la qualité et la densité des bois dans les conteneurs.
Des expéditions portuaires tant au Cameroun qu’au Gabon sont considérablement ralenties aussi car les autorités inspectent davantage les conteneurs, à l’affut d’essences interdites.

CACAO. Les prix du cacao sur le marché à terme de Londres demeurent fermes mais ne parviennent pas à vraiment décoller de nouveau. L’échéance juillet a clôturé à £ 1 820 la tonne, tandis que New York affichait $ 2 907.
Juergen Steinemann, patron de Barry Callebaut, premier producteur mondial de chocolat, estime maintenant que le marché mondial sera équilibré en 2013/14, alors que le groupe avait estimé en début d’année qu’il serait légèrement déficitaire. La raison? Une meilleure récolte que prévue en Afrique de l’Ouest. D’autre part, il ne craint pas l’impact d’El Nino.
Une position qui est loin de faire l’unanimité. Pour l’heure, l’Organisation internationale du cacao (ICCO) persiste à estimer que le déficit sera léger mais existant, de l’ordre de 115 000 t. Et des analystes et traders interrogés par Reuters estiment que la hausse de la production ouest-africaine ne sera pas suffisante pour compenser l’intégralité du déficit. Une des raisons serait que, malgré la hausse des cours mondiaux qui ont atteint un plus haut en deux ans et demi, les prix garantis aux planteurs tant en Côte d’Ivoire qu’au Ghana ne seraient pas suffisamment incitatifs. Une source au ministère ivoirien des Finances, relayée par l’agence de presse, aurait indiqué que le prix garanti pour la prochaine campagne 2014/15 pourrait dépasser les FCFA 800 le kilo contre FCFA 750 actuellement. Peut mieux faire, disent des traders qui précisent que ce serait, toutefois, un pas dans le bon sens. Mais ils rappellent que, par le passé, il fallait un prix garanti au planteur de l’ordre de FCFA 950 à 1 000 pour que l’impact se ressente sur le niveau de production.
Au Cameroun, où les prix au planteur ne sont pas réglementés, ils ont augmenté ce mois dernier et seraient à FCFA 1 125 le kilo, selon Joseph Nde du Cameroon Marketing Commodities (Camaco), rapporte Reuters. Selon l’Office national café cacao (ONCC), la production est attendue cette campagne 2013/14 en hausse à 235 000 t, soit en hausse ces deux dernières campagnes, sans toutefois retrouver les 240 000 t de 2010/11.
Rappelons que la consommation mondiale de cacao croît d’environ 100 000 t par an.
Quant à l’actualité des récoltes, les achats au Ghana ont atteint 750 122 t au 1er mai et depuis le début de la campagne le 18 octobre, en hausse de 17,45% sur la même période la campagne dernière. La Côte d’Ivoire, pour sa part, a annoncé mercredi, qu’elle avait déjà vendu par anticipation 1,05 Mt de fèves de la campagne 2014/15. A noter que la baisse de 23% de la monnaie ghanéenne, le cedi, depuis le début de l’année, aurait conduit à la fraude de fèves du Ghana vers la Côte d’Ivoire des fèves de l’ordre de 100 000 t, selon des sources industrielles.
Dans l’industrie, Olam a annoncé aujourd’hui investir $ 61 millions dans une nouvelle unité de transformation en Indonésie; elle commencerait à produire en 2016.

CAFE. Le marché de l’Arabica continue à fortement réagir à toute nouvelle prévision de récolte brésilienne 2014/15 suite à l’importante sécheresse en janvier-février, des réactions que nombre d’analystes estiment maintenant surfaites. Evidemment, cela fait grandement le jeu de la spéculation.
Ainsi, sur le marché à terme de New York, l’Arabica a clôturé hier soir en hausse de 7%, à $ 1,9680 la livre, après que l’agence brésilienne Conab ait révisé à la baisse ses estimations. Cette dernière avance un chiffre de production de 44,57 millions de sacs de 60 kg (Ms), en recul de 9% par rapport au chiffre que Conab avait avancé en janvier. De ce total, 32,23 Ms seraient de l’Arabica et 12,33 Ms du Robusta. Les estimations de Conab sont, traditionnellement, toujours inférieures à celles des traders qui, quant à eux, varient dans une large fourchette allant de 40 à 56 Ms. Ce qui, en réalité, a surpris le marché est le chiffre avancé pour le Robusta: les régions productrices n’ont pas été affectées par la sécheresse et pourtant Conab prévoit une production en baisse de 5 Ms par rapport aux estimations moyennes de l’industrie, de l’ordre de 17 Ms. Le Robusta, hier, a grimpé de $ 47, ou encore de 2,2%, à $ 2 318 la tonne.
Autre facteur tirant les prix à la hausse, un rafraichissement des températures prévu en fin de mois, même si on est loin des niveaux de gelées.
En Afrique, le Kenya devrait produire 900 000 sacs d’Arabica Doux en 2014/15, selon le Département américain de l’agriculture (USDA) en raison de programmes de développement performants, de l’utilisation de variétés améliorées et de prix en hausse. La Tanzanie, qui produit de l’Arabica et du Robusta, enregistrerait aussi une hausse, à 1,15 Ms, avec des exportations qui pourraient être record, à 975 000 sacs. L’Ouganda suivrait la même tendance positive, avec une production qui atteindrait les 4 Ms en 2014/15, les exportations étant estimées atteindre 3,8 Ms en 2014/15.
Aux ventes aux enchères du Nairobi Coffee Exchange, les prix ont été en hausse avec un maximum à $ 346 le sac de 50 kg. Le AA s’est négocié dans une fourchette allant de $ 210 à 346 et l’AB entre $ 195 et 244.
En Asie, le Vietnam aurait exporté 210 750 t de Robusta ou encore 3,5 Ms en avril, en baisse de 24,3% par rapport à avril 2013.

CAOUTCHOUC Après trois jours de gains, les investisseurs ont pris jeudi leur bénéfices avec en toile de fond des inquiétude quant à l’impact du ralentissement de l’économie chinoise. Le contrat de référence octobre a baissé de 1,1 yen pour clôturer à 205 yens ($2,01) le kilo. Les acheteurs indiens ont profité des cours bas du caoutchouc pour s’approvisionner. Les importations indiennes de caoutchouc naturel ont bondi de 80% en avril à 26 445 tonnes, selon le Rubber Board.
Autre conséquence de la faiblesse des cours, le résultat trimestriel de la Société internationale de plantations d’hévéas (SIPH) de Côte d’Ivoire a baissé de près de 28% à € 69,8 millions contre €96,7 millions au 1er trimestre 2013 ; pour le seul caoutchouc, le résultat baisse de 22,6% à €65,6 millions. « Le cours moyen du caoutchouc au 1er trimestre 2014 ressort à 1,45 €/kg, en recul de 37 par rapport au 4ème trimestre 2013, traduisant une forte volatilité du marché amplifié par l’évolution de la parité euro/dollars » note la SIPH qui ajoute que la baisse se poursuit, les cours se situant entre $1,18 et 1,22 le kilo. La baisse du chiffre d’affaires est toutefois un peu atténuée par une hausse des tonnages de 7 à 40,2 milliers de tonnes. Avec cette tendance baissière, le groupe sans remettre en cause ses investissements stratégiques, a décidé de rééchelonner son programme de développement.

COTON Depuis la publication du rapport USDA, plutôt baissier, sur l’offre et la demande de coton vendredi dernier, les cours ont fléchi. Le rapport prévoit notamment une récolte américaine moindre qu’anticipé, même si elle plus importante que l’an dernier, à 14,5 millions de balles (contre 12,9 millions en 2013/2014) et surtout des stocks de fin de campagne révisés à la hausse à 3,9 millions de balles, les exportations reculant de 7%, l’USDA anticipant une demande mondiale moins importante en coton américain. Toutefois souligne Thierry Devilder, président du directoire de Devcot, «On a toujours une tension sur le rapproché, le juillet est très tendu. Même si on a baissé, au plus haut ont été à 94,50 cents la livre et on est redescendu maintenant à 91,50 cents, il persiste une grande marche entre le juillet et le décembre. Cette différence est montée jusqu’à 10 cents »_Un marché inversé avec le mois spot supérieur à décembre. La cause ? Statistiquement, on n’a jamais eu aussi peu de stocks de déport aux Etats-Unis et les stocks certifiés sont relativement faibles. « Naturellement, le jeu du négoce aujourd’hui est de livrer le maximum de coton sur le juillet. Et quand on a des problèmes de port congestionné comme à Abidjan en ce moment, cela pose un vrai problème »_. Car la demande existe, la filature n’étant pas très couverte, elle achète de main à la main et comme il n’y a pas trop de coton sur le rapproché, cela permet de maintenir des cours relativement tendus. La demande vient de la filature traditionnelle mais aussi de la Chine, qui continue d’ importer car dans la nouvelle réglementation pour 4 balles de coton chinois achetées vous pouvez acheter une balle à l’importation, ce qui libère de nouveaux contrats à l’importation sur un marché assez tendu ajoute Thierry Devilder. « Pour les semaines à venir, je vois un marché un peu baissier avec un décembre se situant entre 80 et 85 cents la livre, et un juillet qui va surement s’essouffler un peu »_.
Au Zimbabwe, la production de coton en 2013/14 devrait progresser de 31% den 2013/14 à 190 OOO tonnes (145 000 tonnes en 2012/13), selon la Cotton Growers Association. Une hausse consécutive à de meilleures conditions météorologiques et donc à une amélioration des rendements selon l’association.
Au Mozambique, le directeur du Mozambique Cotton Institute (IAM), Noberto Mahalambe, estime que la production de coton en 2013/14 devrait atteindre 110 000 tonnes contre 67 000 tonnes en 2012/2013.
Au Mali, la campagne 2014/15 a été lancée lundi à Bougouni pour la CMDT Sud par le ministre du Développement rural, Bocary Tréta. A cette occasion, le PDG de la CMDT, Kalfa Sanogo, a annoncé l’objectif de réaliser 600 000 tonnes.

HUILE DE PALME Avec la reconstitution des stocks d’huile alimentaire en Inde, au Pakistan et au Moyen-Orient dans la perspective du prochain Ramadan, les exportations de Malaisie ont bondi de 22,5% sur la première quinzaine de mai à 639 414 tonnes. Les cours ont progressé depuis le début de la semaine pour clôturer à 2 627 ringgits ($815) la tonne, son plus haut niveau depuis le 30 avril. La force du ringgit a toutefois atténué la hausse. Comme pour de nombreuses autres matières premières, un possible retour d’El Nino pourrait entraver la production et pousser les prix à un niveau plus élevé. « Jusqu’à la fin 2012, les prix CPO étaient constamment au-dessus de $1 000 la tonne. Nous pourrions atteindre certainement ces niveaux si El Nino se produit et si il est important ”, a déclaré mercredi Richard Fung , directeur des relations avec les investisseurs de la plus grande entreprise d’huile de palme indonésienne l’Indonésie Golden Agri – Resources Ltd.

RIZ Des embarquement pour les Philippines (800 000 tonnes de riz) et Cuba (51 000 tonnes) et une offre qui se raréfie avec la fin de la récolte hiver-printemps ont soutenu les prix au Vietnam cette semaine, le Viet 5% gagnant $15 la tonnes à $410-$415 et le Viet 25% restant ferme à $370-$375 la tonne. Toutefois la demande est faible et l’appréciation des prix pourrait donc être de courte durée.
En revanche, les prix en Thaïlande sont demeurés stables mais on s’attend à une baisse avec la poursuite de la vente des stocks gouvernementaux. La Thaïlande a annoncé lundi qu’elle négociait la vente entre 600 000 et 800 000 tonnes de riz 5%à la Malaisie.
Le Vietnam a réduit son objectif d’exportation pour 2014 à 6,2 millions de tonnes contre 6,6 Mt lors de la précédente estimation et au regard des embarquements plus bas constatés depuis le début de cette année.

SUCRE. Après avoir grimpé mercredi au plus haut en neuf semaines, le sucre roux coté sur le marché à terme de New York, a baissé puis s’est stabilisé, les traders prenant leurs bénéfices. En effet, malgré l’annonce d’un déficit mondial la campagne prochaine 20145 et face à la crainte d’El Nino, l’amplitude des stocks continue à peser sur le marché.
Une semaine riche pour les opérateurs et observateurs sucriers car plusieurs conférences se sont tenues à New York. A cette occasion, chacun y est allé de ses prévisions pour 2014/15: le brésilien Datagro estime le déficit mondial à 2,46 Mt contre une estimation précédente de l’ordre de 1,61 Mt. A noter qu’il a réduit son estimation d’excédent mondial sur 2013/14 à 2,18 Mt contre 2,24 millions annoncé précédemment. Des chiffres assez semblables à ceux avancés par Copersucar. Pour sa part, Platts Kingsman estime que 2014/15 sera déficitaire de 239 000 t, après l’excédent de 4,3 Mt qu’il estime pour 2013/14. Notons que dans sa dernière analyse trimestrielle, il avait annoncé un excédent de 2,1 Mt sur 2014/15… La raison? Encore et toujours, la sécheresse au Brésil en début d’année.
D’autre part, pour la première fois depuis des années, le Mexique exporterait 1,1 Mt de sucre hors zone commerciale d’Amérique du Nord (Nafta). L’objectif est de réduire l’excédent qui pèse sur la filière nationale. En effet, sa production en 2013/14 serait de 6 Mt mais cela suit une production de 7 Mt la campagne dernière. On ne manque pas de sucre au Mexique !
Côté industrie, en Afrique, la société mauricienne Omnicane a annoncé mercredi une perte plus importante qu’en 2013 sur le premier trimestre, à 137,5 millions de roupies ($ 4,75 millions) contre 75,5 millions. Toutefois, le groupe demeure confiant car pour cette campagne, la météo serait de la partie !

THE Les prix des thés se sont abaissés cette semaine à la vente aux enchères de Mombasa, le prix le plus élevé se situant $ 2,90 le kilo contre $ 3,04 la semaine dernière. Les Best Broken Pekoes Ones se sont négociés à $2,10-$290 le kilo contre $2,15-$3, 04, et les Best Brighter Pekoe Fannings Ones à $2,22-$2,62 contre $2,18-$2,72 le kilo, la semaine dernière. Sur les 164 212 paquets offerts à la vente, 13,38% n’a pas trouvé preneur.

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