16 juin 2016 - 10:00 |

La flexibilité du naira au Nigeria, une décision attendue

La Banque centrale du Nigeria (BCN) a annoncé hier l’introduction d’un taux de change fluctuant sur le marché interbancaire qui devrait ouvrir la porte à une dévaluation de la monnaie nationale le naira. Jusqu’à présent la BCN maintenait un taux de change de 197 nairas pour un dollar alors que sur le marché noir il s’échangeait à environ 370 nairas pour un dollar. Trois économistes estiment qu’avec la nouvelle politique qui sera mise en œuvre à partir 20 juin, la juste valeur du naira se situerait entre 280 et 300 par rapport au dollar.

Concrètement, la BCN va sélectionner huit à dix traders principaux, qui pourront acheter et revendre du naira contre des devises étrangères à un taux de change déterminé par la concurrence et non plus encadré, comme aujourd’hui, dans une marge fixe autour du taux de change officiel déterminé par la Banque centrale.

Mais précise le gouverneur de la Banque centrale, Godwin Emefiele,  le « flottement de la monnaie sera dirigé » et la BCN sera toujours en mesure d'injecter des dollars sur le marché, ce qui lui donne un certain contrôle sur le taux de change dans la limite de ses réserves de change, qui sont tombées à $26,7 milliards en juin, contre  $42,8 milliards en janvier 2014.

Godwin Emefiele a également déclaré que la Banque centrale ouvrirait un marché à terme des changes pour réduire la demande sur le marché au comptant mais aussi  la volatilité et pour  donner aux entreprises la possibilité de couvrir les risques.

C’est un véritable changement de cap, le président Muhammadu Buhari était jusqu’à fortement opposé à la dévaluation du naira afin de contenir l’inflation. Mais, la croissance de la plus grande économie d’Afrique a diminué à 0,4% au premier trimestre et fait face à sa plus grave crise économique depuis des décennies avec la baisse de prix du pétrole et la fuite des capitaux à grande échelle.

« Sur le long terme, une monnaie plus faible contribuera à l'économie du Nigeria en encourageant la substitution des importations et en attirant les investisseurs étrangers, méfiant jusqu’à présent  par la crainte d'une dévaluation », a déclaré John Ashbourne de Capital Economics. Ajoutant « Mais ce sera douloureux à court terme. La hausse des prix à l'importation va accroître l'inflation ... Ce qui forcera probablement  les autorités à resserrer leur politique monétaire ». 

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